Et si on parlait d’« équipreneuriat »?
Au Québec, plus d’une personne sur quatre affirme que la peur de l’échec l’empêcherait de créer une entreprise. Dans ce contexte, on constate que des groupes de personnes font preuve d’une stratégie de gestion des risques en s’unissant pour réaliser un projet d’affaires commun. « L’équipreneuriat », ou le développement et l’implantation d’une nouvelle organisation par une équipe entrepreneuriale (EE) fondatrice plutôt que par un seul promoteur, peut également s’avérer une option intéressante en raison de la diversité et de l’accumulation des ressources, de l’intelligence du groupe, du sentiment accru de sécurité et d’une pression moins grande exercée par les partenaires financiers.
Les équipes d’entrepreneurs font bel et bien partie du paysage entrepreneurial puisque des données récentes nous révèlent qu’une entreprise en pré-démarrage (2005) est créée en moyenne par 1,9 entrepreneurs au Québec, comparativement à 1,48 en France. En ce qui concerne les entreprises établies (plus de 42 mois d’activité), elles sont portées en moyenne par 1,8 propriétaires-dirigeants (comparé à 1,6 en France).
Comment les équipes d’entrepreneurs se forment-elles? Dans ce domaine, les motifs évoqués sont principalement d’ordre stratégique ou social. D’une part, l’association des individus est justifiée par un besoin initial de se lier à des personnes ayant d’autres compétences spécifiques et à de nouvelles ressources ciblées qui soutiendront la croissance et la performance de l’entreprise. D’autre part, certaines équipes entrepreneuriales reposent sur des liens affectifs forts (marital, amical ou familial) établis bien avant le projet de créer une entreprise.
Enfin, les entreprises fondées par des équipes d’entrepreneurs comportent comme principaux avantages la possibilité d’embaucher plus d’employés et de réinvestir plus rapidement leurs capitaux. Elles font également l’objet d’une croissance plus élevée que celles créées à l’initiative d’un seul individu. Finalement, l’« équipreneuriat » entraînerait la combinaison optimale des forces de chacun des individus impliqués dans le démarrage d’une entreprise donnée, bien qu’aucun effet bénéfique sur le taux de survie de l’entreprise ait à ce jour été découvert.





Jacobus Busono - Président Fondateur de Pura Group (Indonésie)
Thomas Legrain - Président de TL Conseil
Nathaly Riverin - Directrice du Centre de Vigie et de Recherche sur la Culture Entrepreneuriale (CVRCE) de la Fondation de l’Entrepreneurship (Québec)
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