Y a t-il un bon et un mauvais entrepreneuriat?
Longtemps marginalisé, le travail autonome représente aujourd’hui une force économique considérable. Toutefois, une forte proportion de gens affirme avoir été contrainte de choisir l’entrepreneuriat. En 2001, près de 46,1% des Québécois avouaient avoir créé une entreprise parce qu'ils ne trouvaient pas d'emploi satisfaisant sur le marché du travail (GEM 2002). En 2003, on notait que 43% des personnes de 55 ans et plus évoquaient la perte d'un emploi ou la dégradation de leur situation professionnelle comme facteur décisif pour avoir choisi la voie du travail autonome.
D'un autre côté, on entend parler de plus en plus d'entrepreneuriat social et collectif. Avec plus de 6 200 entreprises d'économie sociale et/ou 3 200 entreprises collectives, il ne fait aucun doute sur l'apport socioéconomique considérable de ces entreprises.
Les faits sont éloquents : la grande majorité des programmes d’aide et d‘incitatifs fiscaux ciblent les entreprises gagnantes, les PME à fort potentiel de croissance, les «gazelles» et les entreprises de l’économie du savoir. Or, une étude internationale démontre que seulement 7% des nouvelles entreprises (de moins de 42 mois), tous secteurs confondus, sont des entreprises que l'on peut qualifier d'innovatrices. On peut donc se demander s'il vaut mieux aider 7% des entreprises ou 93% d'entre elles? Lesquelles auront le plus d'impact sur l'économie?
En ce qui concerne les motivations, on trouve, dans la littérature, une corrélation positive entre l’entrepreneuriat par nécessité et la croissance économique subséquente d’une économie. À tout le moins, on démontre que la pérennité des entreprises créées par des chômeurs est comparable à celle des entreprises créées par des non-chômeurs. Entreprendre par nécessité est donc loin d’être synonyme d’échec et de faillite.
Force est donc de constater que toutes les initiatives entrepreneuriales sont importantes et qu’aucune ne devrait être négligée.





Jacobus Busono - Président Fondateur de Pura Group (Indonésie)
Thomas Legrain - Président de TL Conseil
Nathaly Riverin - Directrice du Centre de Vigie et de Recherche sur la Culture Entrepreneuriale (CVRCE) de la Fondation de l’Entrepreneurship (Québec)
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