Le développement de la création d’entreprises innovantes, unanimement reconnu comme un élément essentiel de création d’emplois et de dynamisme pour notre pays, est avant tout une affaire d’éducation et de formation.
Si l’on regarde la manière dont les universités et les grandes écoles françaises appréhendent encore aujourd’hui la carrière de leurs étudiants, on se rend compte qu’elles sont essentiellement focalisées sur les grandes entreprises, et plus particulièrement sur certaines d’entre elles.
Cette politique d’orientation conduit automatiquement les étudiants à se présenter sur le marché du travail avec un schéma unique en tête : travailler dans un grand groupe sensé véhiculer une image de prestige. Résultat : nos grandes écoles et nos universités forment beaucoup trop de managers et pas assez d’entrepreneurs.
Comment dès lors encourager l’esprit d’entreprendre si les jeunes sont à ce point enfermés dans un modèle de réussite présenté comme universel alors que nous savons pertinemment qu’il ne rendra heureux qu’un petit nombre d’entre eux ? Il est grand temps de revoir notre système de formation et de faire évoluer nos modes de pensée. Nous avons trop tendance à oublier que l’entrepreneuriat constitue une vraie alternative au modèle du salariat qui mérite d’être explorée dans la mesure où elle peut permettre à un certain nombre de jeunes diplômés de s’épanouir pleinement.
Les valeurs véhiculées par notre système d’éducation sont principalement l’acquisition de connaissances, l’esprit analytique. Il en résulte une qualité de formation qui est internationalement reconnue sur le plan académique et théorique, mais reste insuffisante sur le plan pratique pour développer l’esprit d’initiative et la créativité qui sont à la base de l’esprit entrepreneurial.
Cette faculté à entreprendre ne pourra se concrétiser que si la formation des individus associe étroitement et développe les quatre qualités suivantes :
- Formation académique classique
(j’ai ou j’acquiers les connaissances techniques ou scientifiques adéquates).
- Développement individuel et confiance en soi
(je sais faire, je travaille sur du concret, la complexité ne me fait pas peur).
- Capacités relationnelles
(je travaille en équipe, je consulte ceux qui savent et ceux qui entreprennent).
- Connaissance du secteur visé et expérience du terrain
(j’ai déjà été impliqué ou j’ai déjà travaillé dans ce secteur, je connais le monde de l’entreprise).





Jacobus Busono - Président Fondateur de Pura Group (Indonésie)
Thomas Legrain - Président de TL Conseil
Nathaly Riverin - Directrice du Centre de Vigie et de Recherche sur la Culture Entrepreneuriale (CVRCE) de la Fondation de l’Entrepreneurship (Québec)
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