L’intrapreneur se situe à une sorte de frontière entre l'entrepreneur et le manager, et c’est précisément à cette frontière que se situe sa spécificité et que se dessine la cohérence de son action.
Le mouvement de recherche de nouveaux business peut s’écarter sensiblement des objectifs stratégiques de l’entreprise, appelant donc le choix de l’anonymat dans l’attente de la réussite, le succès apportant de facto la légitimité. A l’opposé, une visibilité excessive peut devenir cause de jalousie auprès des pairs de l’intrapreneur, enviant les degrés de liberté dont jouit le porteur de projet et redoutant un éventuel transfert de ressources en sa faveur en cas de succès.
Contrairement à l’entrepreneur, l’intrapreneur n’est pas le créateur de l’entreprise qui l’entoure. Il surgit donc dans un espace déjà réglementé. Sa seule chance de réussite passe alors par une maîtrise affinée des procédures qui lui permette de contourner les règles sans pourtant les enfreindre, au risque de se voir renvoyer.
L’intrapreneur doit maîtriser un double jeu de règles : d’une part celles qui régissent le monde extérieur à l’entreprise (clients, fournisseurs, concurrents, …) telles qu’elles s’appliquent à tout entrepreneur ; et d’autre part les règles spécifiques de l’organisation qui l’abrite. En cela, le niveau de complexité que doit affronter l’intrapreneur excède celui auquel sont confrontés l’entrepreneur et le manager dans leurs univers respectifs. Il ne peut donc se concevoir sans la collaboration d’une équipe et d’autres acteurs clés.





Jacobus Busono - Président Fondateur de Pura Group (Indonésie)
Thomas Legrain - Président de TL Conseil
Nathaly Riverin - Directrice du Centre de Vigie et de Recherche sur la Culture Entrepreneuriale (CVRCE) de la Fondation de l’Entrepreneurship (Québec)
Laisser un commentaire