Le poil dans la main de mon assistante
Ah ! Je me suis faite avoir comme une bleue. Le pigeon idéal !
Mon assistante en contrat de professionnalisation ne fait absolument plus rien. Ostensiblement. Elle ne cache même plus sa flemme. Les retards sans la moindre excuse sont nombreux. Elle passe son temps à chatter sur MSN avec ses copines ou envoyer des textos. La production est proche du zéro : onze appels téléphoniques en cinq heures pour relancer un communiqué (moyenne des appels : trois minutes). Et en plus, elle fait une tête d'un kilomètre de long quand je lui fais remarquer son manque de professionnalisme.
Elle oublie que le contrat de professionnalisation est un contrat de travail à part entière soumis aux mêmes règles qu'un contrat à durée déterminée (CDD).
Et c'est elle qui fait une leçon de morale à Clément dans la noteblog « Contrat de professionnalisation : réponse à Clément » ?! J'hallucine. Elle mérite la palme du culot, outre le fait de m'avoir pris pour un tiroir-caisse.
La motivation a duré le temps de la période d'essai. L'insensée n'a même pas rebondi sur la proposition d'emploi à la fin de sa formation.
Conséquences désastreuses pour une TPE
L'insolente me plante la veille de la période de rush. La tête sous l'eau. J'ai pris de nouveaux clients pour assurer son salaire et lui donner des missions diversifiées. Et je me retrouve avec un manque à gagner considérable. Et ne parlons des préjudices : une année de développement perdue, un investissement temps et financier pour rien (salaires et formation), des engagements avec des partenaires et des clients qui ne seront pas tenus. Mon image est entachée.
En plus, l'incongrue me menace de porter plainte aux Prud'hommes pour récupérer la totalité de ses salaires si j'ose la licencier.
Le coup est dur pour ma petite entreprise. C'est le monde à l'envers.
Le contrat de professionnalisation sur la sellette
Indéniablement, le contrat de professionnalisation est ENCORE montré du doigt par des comportements comme celui-ci. Pas étonnant que les patrons rechignent à avoir recours à ce type de contrat de travail. Or, des jeunes ou des personnes en réinsertion ambitieux et motivés en pâtissent. Mais le constat est là. Ce peut être une bombe atomique pour des TPE et des indépendants.
Pour ma part, je suis échaudée, écoeurée. On ne m'y reprendra pas. Je conseillerai même à certains entrepreneurs en plein développement de se serrer une fois de plus la vis mais de recruter un CDI et quelqu'un de qualifié.







Commentaires
Cette histoire reflète assez bien la détresse des patrons de TPE / PME. Impossible de prouver le comportement qui pose problème et met en péril la survie même de l'entreprise. Je vous suggère de consulter un cabinet RH qui vous conseillera comment vous débarrasser d'employés du genre.
Les contrats inventés par le Gouvernement pour faire reculer le chômage ne laissent pas assez de liberté aux employeurs. Sans oublier que les employeurs ne sont pas des éducateurs à bas prix. Les procédures en cas de problèmes sont trop longues, trop coûteuses. Les Tribunaux de Prud'Hommes ne sont plus adaptés aux exigences du monde du Travail. Un nettoyage de printemps s'impose.
Postée le: Karin | 16 avril 2008 7h56
Bonjour Barbara,
C'est avec beaucoup d'intéret que je découvre votre blog. Je suis moi-même contaminée par le virus de l'indépendance et après 14 ans de salariat je suis en train de créer mon entreprise d'assistante administrative indépendante. En vous lisant, je me rends compte qu'il existe un réel besoin pour les patrons de TPE / PME de se faire assister par des gens compétents, ce qui me conforte dans l'idée que mon projet va fonctionner.
Postée le: Sandrine | 16 avril 2008 15h22
Je suis bien d'accord avec le précédent commentaire posté. Les situations semblables à la vôtre ne sont pas rares.
Si votre assistante(?) correspond au portrait que vous en faites, débarassez-vous en au plus vite.
Qu'est-il préférable, pour vous : éviter les prud'hommes ou bien traîner encore longtemps une personne peu scrupuleuse qui plombe l'activité de votre entreprise, qui absorbe une part apparemment non négligeable de votre énergie et dont vous ne savez comment vous allez vous en dépétrer ?
Montez un dossier ou une "main courante" de ses manquements, donnez lui une dernière chance en faisant un point sérieux et objectif avec elle du type :
DECRIVEZ (ce que vous constatez factuellement et objectivement depuis... et les conséquences pour votre activité de ce constat...),
EXPRIMEZ (réellement votre mécontentement légitime...),
SUGGEREZ (ce que vous attendiez et ce que vous attendez d'elle : résultats, comportements, délai...,)
CONSEQUENCES (Ce qui changera dans vos relations professionnelles si quelque chose change positivement dans ses comportements,
ou bien la décision que vous prendrez si elle ne tient pas compte de vos suggestions...).
Et, si rien n'évolue au terme fixé par vous, n'hésitez pas à la licencier pour insuffisance professionnelle et comportements inadéquats.
Cela pose aussi la question de fond du choix des collaborateurs, quelque soit leur contrat de travail, souvent fait sans sélection réelle dans les petites entreprises. Ce choix initial est une opération cruciale. La période d'essai aussi.
Bon courage à vous.
Postée le: Damien Malène | 16 avril 2008 15h23
Bonjour,
Il m'est impossible de vous plaindre. Voilà bien la preuve qu'il vaut mieux payer quelqu'un plein tarif plutôt que d'essayer de faire des économies de bout de chandelle. Pour ma part, je pense que les contrats aidés et autres pro tuent l'emploi. C'est d'ailleurs ce que je dis à ma meilleure amie qui est dans le même cas que vous. Je lui ai expliqué qu'en ne payant pas grand-chose, on ne peut pas exiger grand-chose. J'ai même fait une comparaison avec un produit de qualité et un produit bas de gamme. On ne peut pas demander les mêmes qualités à celui qu'on paye à bas prix.
C'est également ce que j'ai expliqué à mon hiérarchique. Ayant expérimenté la chose, il a également compris la leçon.
Cette dernière est certes cruelle mais je trouve qu'elle est juste.
Bien à vous et bon courage malgré tout.
Hélène
Postée le: miller | 17 avril 2008 9h50
Bonjour,
Je suis tombée sur votre témoignage en vérifiant mon site Internet (cf mon nom d'entreprise). Je comprends votre déception, pour ma part, j'ai décidé que je n'embaucherai pas. Je sais que cela peut choquer mais voilà votre expérience est exactement ce que je ne veux pas vivre. Tout comme vous, la croissance de ma TPE s'accèlere, j'ai fait le choix de travailler en collaboration avec d'autres indépendants. Bon courage, et si vous avez besoin d'aide, écrivez , je pense que votre assistante en contrat à aussi quelques obligations, non?
Postée le: Mon Assistante | 21 avril 2008 15h06
Bonjour Barbara,
Décidemment, ce n'est vraiment pas de chance d'être tombée sur une personne aussi peu professionnelle et aussi peu scrupuleuse... Cela me révolte pour vous.
Le message posté par Damien est intéressant, car effectivement je pense qu'il vous serait possible de la licencier pour insuffisance professionnelle.
En effet, j'ai lu ce matin un article qui précisait la jurisprudence qui a été établie récemment sur un cas de licenciement dans ce genre de situations.
Il est stipulé que "L’insuffisance professionnelle, sauf abstention volontaire ou mauvaise volonté délibérée du salarié ne constitue pas une faute (Cass soc. 11 mars 2008. Pourvoi n° 07-40184)..." Or là, nous sommes bien dans un cas d'extrême mauvaise volonté, donc si vous constituez un bon dossier avec TOUT ce qu'elle fait (ou plutôt ne fait pas ou fait mal !), je pense que vous auriez de bonnes chances que ça passe.
Mais bon, demandez tout de même conseil à un avocat spécialisé dans le droit du travail.
Bon courage Barbara.
Lyvia
Postée le: Lyvia Palay | 21 avril 2008 16h52
bonjour,
je vient de lire toute vos remarque je trouve ca inadmissible de travailler comme ca. actuellement en contrat de professionnalisation pour ma part je travaille plus que ma responsable mais a cause de fille comme ca nous bosseur on se retrouve tres penaliser et a travailler ds un domaine que nous ne voulions pas.
Postée le: audrey | 29 avril 2008 11h34
- Il faut absolument que vous ayez dans votre carnet d'adresses un avocat spécialisé en droit du travail. C'est un conseil précieux pour gérer ce type de situations.
- Croire que les cdi sont une panacée est erroné. J'ai eu le déplaisir de vivre la même expérience que la vôtre avec des salariés sous cdi.
Postée le: Cédric | 30 avril 2008 0h24
En réponse à Audrey, j'ai l'an dernier été en contrat de professionnalisation et moi aussi je travaillais comme une forcenée. Mais au final rien, pas un merci, pas un "ouf tu m'as sauvé la mise" et ça, au final tu le sens passer et ça fait mal. Le pire c'est que plus je travaillais plus elle était exigeante c'était déprimant... Et j'ai supporté ça 2 ans en me disant qu'à la fin du contrat j'aurai peut être une opportunité dans l'entreprise. Eh bien non, rien! Donc bosseur ou pas à la fin tu te poses un peu des questions sur ta véritable fonction et le pourquoi de ta venue en entreprise. Penses tu qu'il est normal que tu travailles beaucoup plus qu'elle? Que tu travailles beaucoup certes, mais plus qu'elle?!
Le monde n'est pas manichéen... Son employeur doit aussi avoir ses torts. Le commentaire d'une femme sur le dernier post est explicite. N'est pas manager qui veut.
Postée le: Daphné | 1 mai 2008 10h06
Bonjour Barbara,
Cette histoire est en effet très inquiétante... Mais comme Livia l'a signalé, heureusement que toutes les personnes embauchées en contrat de professionnalisation n'ont pas le même comportement... N'y a-t-il pas aussi le même genre d'histoire avec des CDI ?
Je pense que le contrat de professionnalisation est une très grande opportunité qui est injustement montré du doigt.
Par ailleurs, il existe un blog regroupant toutes les informations ainsi que des vidéos sur le contrat de professionnalisation à l'adresse suivante http://www.contrat-pro.org/
Vous y verrez tous les avantages à prendre un contrat de professionnalisation, de plus des experts sont disponibles sur le site pour répondre à toutes vos questions.
Postée le: Michel | 6 mai 2008 9h25
Eh oui on veut embaucher a tout prix des jeunes...alors que tant de femmes de 45 ans sont très valables mais on leurs dit presque qu'elles ne sont plus bonnes à rien vu leur âge. C'est ce qui m'est arrivé alors que j'ai l'expérience et surtout la motivation.......
Eh oui, Mesdames et Messieurs les recruteurs, arrêtez de vouloir a tout prix embaucher des 25-35 ans.
Bonne journée
Postée le: Laurence | 12 mai 2008 7h26
En même temps Barbara, nous n'avons que votre son de clôche ici, et pas celui de votre employée...
Je vois que les commentaires prennent de suite votre parti mais qui nous dit que vous avez tenu toutes vos responsabilités d'employeur?
Postée le: John | 14 mai 2008 0h16