Quand il y a de la gêne….
Et rebelote. Après, le discount est partout, même dans le conseil, ça recommence...
« J’ai besoin de vous pour chasser les concurrents et obtenir de la notoriété » me supplie le patron de la PME (640K€ de CA 2007). Ok ! Je sais faire. « Mon budget ne dépassera pas 3000€* tout compris » me lance tout sourire celui-ci. Déjà échaudée par une expérience similaire, je lui explique délicatement que je ne travaille pas pour la gloire. Moi aussi j’ai des charges. Je ne suis pas encore l’ambassadrice de l’Armée du Salut des Entreprises en manque d’image. Ou riche rentière, consultante freelance à ses heures.
Sans scrupules, il se lance dans un monologue du style « faisons un pari sur l’avenir. Travaillez gratuitement pour moi et dès que mon entreprise montera en puissance je verrai pour vous rémunérer. » L’individu s’est trompé de maison. Je ne joue déjà pas au Loto. Alors parier sur du vent…
Tout travail mérite salaire. La méthode du disque rayé est enclenchée pour lui faire comprendre que je ne bosserai en aucun cas gratis, dans l’illusion de je ne sais quoi.
Je réussis pour conclure à lui faire accepter une proposition chiffrée de la mission à effectuer. « Je compte sur vous pour me donnez un prix light ! » insiste ce commercial chevronné. Ca commence mal ! J’en ai assez de ces propositions indécentes et irrespectueuses. Pour lui se sera le double. Une solution que m’a suggérée un copain pour me débarrasser en douceur des marchands de tapis du business. Souvent source d’ennuis.
* comprenez pour 1 an de prestation à 3 jours par mois soit un peu plus de 11€ de l’heure







Commentaires
Bravo ! Il est trés important de se valoriser.
Il n'y pas de saison pour les soldes dans la com. contrairement aux chaussures, et encore, pas pour toutes les chaussures.
Ce qui est gratuit ne vaut rien, ce qui n'est pas cher ne vaut pas grand chose!
Postée le: ALAINLESCURE | 19 février 2008 17h51
Ce qui est rare est cher ! ainsi en est-il de la valeur du travail de
Barbara; une pro, passionnée par la satisfaction de ses clients!
Postée le: Motillon | 19 février 2008 22h55
Le marché de la com en région est largement tributaire des appels d'offres lancés par les collectivités locales.
Je constate depuis quelques temps que les critères d'attribution des marchés reposent pour 70 % sur le prix des prestations et pour 30 % sur la valeur technique du dossier.
Le prix (que certains n'hésitent d'ailleurs pas à casser, déchiqueter, écrabouiller, etc ...)devient dés lors le facteur essentiel du choix. Mais qu'en est t-il de la compétence des agences, de leur créativité, de la pertinence de réponse au brief, de leur stratégie, ... ?
Faut t-il vendre le logo d'un office de tourisme 200 € ou la création et la réalisation d'une plaquette de 24 pages 800 € (cas hélas constaté dans au cours des 6 derniers mois) ou s'abstenir de participer ? Faut t-il participer en espérant pouvoir "éduquer" ces donneurs d'ordres ou laisser n'importe qui prendre les marchés en faisant n'importe quoi ?
Je suis d'accord avec vous Barbara, il ne faut pas travailler pour rien mais messieurs les annonceurs n'oubliez pas qu'il suffit d'un rien (le prix juste) pour nous faire travailler.
Postée le: station de pub | 20 février 2008 8h49
Ce dernier comm est particulièrement intéressant car il met le doigt sur le fait que la seule maîtrise de la valeur de son offre peut ne pas suffire... Mais à mettre tout de même en perspective avec ce billet de Chine Lanzmann sur les tarifs que l'on applique, et qui ne sont pas forcément à la hauteur de ce à quoi on peut prétendre :
http://chine.typepad.com/blog/2008/02/gagner-plus-dar.html
Postée le: Stéphanie | 20 février 2008 14h27
Bravo et merci pour la technique du "pourlui ce sera le double"
Einstein disait : "ce qui n'a pas de prix n'a pas de valeur" (CQFD)
Postée le: roche claire | 20 février 2008 20h24
Salut Barbara,
Ici Irène, ancienne stagiaire du CFPJ. Comment vas-tu ? J'apprends par ce blog (dont l'idée est géniale) ce que tu deviens et cela me fait plaisir.
As-tu un moment pour boire un verre et se raconter tout et rien ?
Bises
Irène
Postée le: irène Lopez | 27 février 2008 13h44
Bonjour,
J'ai bien lu votre message et je suis tout à fait d'accord avec vous mais... Tous les vendeurs de sable ne sont pas des illusionistes et je compense en disant que l'on peut bel et bien acquérir une bonne clientèle en faisant presque du gratuit au début.
Postée le: steeve | 5 mars 2008 15h25
effectivement nous valons tous le prix que nous demandons; ou comme le disent les américains,"for peanuts, you get monkeys!"
Maintenant que celui qui n'a jamais pêché...
Pour ceux qui démarrent et lisent ce blog, la question est souvent de faire rentrer de l'argent, quelles que soient les conditions. ce qui rend souvent opportuniste, et peu regardant. On travaille du coup trop, mal, et on reste frustrés de tarifs dévalorisants. Malheureusement il semble qu'il faille passer par ces étapes; cela s'appelle l'expérience. Et Barbara est certainement bien plus regardante, et donc cohérente, car elle a eu apparemment ses mauvaises expériences. Bref, disons merci à ceux qui nous ont "eus" --> grâce à eux, nous sommes devenus meilleurs, plus vigilants, plus rigoureux, et enfin... plus rentables!
Et la prochaine fois qu'on voudra nous faire travailler pour presque rien, rappelons nous l'adage : je n'attendais rien de lui, j'ai été comblé :)
Postée le: Franck | 6 mars 2008 16h06
Je monte ma société et j'ai (malheureusement) également fait ce genre de propositions qui m'ont permis et qui on permis aux gens qui travaillent aujourd'hui avec moi d'obtenir des revenus stables et correctes sur le long terme. La question n'est pas que la valeur du travail est diminuée mais plutôt un vrai pari sur des idées et des gens auxquels on croit. Ca s'appèle l'esprit d'entreprise. Et dans l'esprit d'entreprise il y a forcément un risque... Donc ça n'est pas blanc ou noir mais surtout une question de feeling personnel à entreprendre et à choisir avec qui on entreprend. Libre à chacun de choisir et de se sentir à l'aise avec ces choix. C'est aussi ça le marché! ;-)
Postée le: Ralph | 13 mars 2008 16h17