Contrat de professionnalisation : réponse à Clément
Bonjour, Clément,
Et merci pour votre commentaire.
Rectification : je ne tape pas sur les étudiants. J’ai eu la grande chance de faire mes quatre années d’études supérieures en contrat d’apprentissage. Donc je pense connaître assez bien le sujet.
Je souhaite simplement témoigner sur les rencontres plus qu’étranges faites lors du recrutement organisé par ma petite structure. Et corroborer les réflexions émises par certains chefs d’entreprise (et employés !) ayant rencontré ce type d’étudiants. Et oui, je ne suis pas la seule à effectuer ce constat. Avouez que les étudiants en contrat de professionnalisation ou autres traînent une réputation peu glorieuse. Beaucoup de patrons et de salariés autour de moi se sont fait des cheveux blancs avec ces étudiants pas comme les autres. Heureusement : pas tous. L’alternance se démocratise depuis peu. Mais pourquoi les étudiants en contrat de professionnalisation ont autant de difficultés pour trouver une entreprise qui prenne le temps de les former ?
Vous parlez du salaire. Il y a des conventions, des règlements, des barèmes. Donc NON : pas de plus et pas de moins. Le contrat que vous avez signé stipule ce que vous allez toucher réellement en tant qu’étudiant en entreprise. 55 à 80% du SMIC en fonction des conventions collectives, l’âge, le niveau scolaire. Etre payé pour apprendre et acquérir les techniques du terrain : un luxe pour être recruté rapidement après des études.
Vous parlez des aides pour vos études. Bizarre puisque c’est votre entreprise d’accueil qui paie votre formation.
Vous parlez des exonérations de charges. Pas toutes ! La fin d’année m’a réservé des surprises. Mon chéquier en a supporté les frais. Et contrairement à ce que vous annoncez : je n’ai touché aucun pécule de la région pour l’embauche de mon assistante en alternance.
« Même boulot qu’un salarié » Je ne pense pas. En tant qu’étudiant, il est assez étrange que vous soyez opérationnel comme un salarié expérimenté. Car la différence entre un étudiant en alternance et un salarié lambda : c’est justement l’expérience et le savoir-faire ! La différence entre la théorie apprise sur les bancs de l’école et les années sur le terrain.
J’ai adoré l’alternance (qui m’a poussée en avant et m’a donné assurance et organisation). Seulement, à mon époque (et je ne pense pas être d’un autre temps) : nous avions le doigt sur la couture. Car : EN APPRENTISSAGE, et respectueux de ce statut. Mon tuteur en entreprise était un exemple. Il possédait l’expérience, détenait les clefs du savoir-faire.







Commentaires
Bonjour Clément,
En lisant votre commentaire, j'ai eu l'impression de lire en filigrane le fameux "les patrons, tous des salauds!". Quelle vison manichéenne du monde du travail...
La question qu'il faut vous poser est: qu'attendez vous de l'alternance? Si la raison n'est que pécunière, faites demi-tour, vous vous êtes trompé de voie.
C'est à cause d'étudiants vénaux que les employeurs sont réticents à l'embauche en alternance. J'ai dû en faire les frais et je ne suis pas la seule.
Comme vous, je suis actuellement en contrat de professionnalisation et je suis loin du tableau sombre que vous dépeignez. Personnellement, je n'y vois globalement que des avantages. On vous a promis un salaire? Tout est réglementé: de 55 à 90% selon vôtre âge et les accords de branche. Sachez aussi que bien que vous conserviez vos avantages étudiant, vous êtes salarié, ne l'oubliez pas. s'il y a abus, pourquoi restez vous en mode victimisation? Parlez en! C'est gratuit...
De plus, je vous rappelle que si vous vous déclarez seul, vous n'êtes pas imposable et en plus de ça, vous avez droit à la prime pour l'emploi. Que vous faut-il de plus?!
Personne n'a dit que l'alternance était facile. Il faut assurer à l'école et en entreprise et ce n'est sûrement pas à votre tuteur de vous tenir la main. Il vous guide certes, mais il ne fait ni du babysitting ni du social. Vous vous devez donc de faire vos preuve au sein de votre entreprise comme tout autre salarié.
La prochaine fois, assurez vous que l'alternance, l'entreprise et sa culture vous conviennent. Ca vous épargnera cette aigreur et vos déceptions actuelles.
Leila, étudiante en alternance et ravie de l'être.
Postée le: Leila | 29 janvier 2008 16h19
Je ne peux malheureusement qu'abonder dans le sens de ce post et du premier commentaire.
J'ai moi-même fait de l'aternance, je suis maintenant employeur et je constate que beaucoup de candidats à l'alternance (pas tous heureusement mais plus qu'avant quand même) ne sont intéressés que par le côté pécunier et n'ont pas intégré que dans apprentissage il y avait le mot "apprentissage" et pas "horaires de travail softs" et "rémunération conséquente".
Un des apprentis que nous avions pris avait comme argument pour justifier d'un éventuel salaire dépassant le salaire conventionnel qu'il fallait qu'il paie son forfait de téléphone etc.
Désolée, on donne pas un salaire en fonction d'un niveau de vie souhaité mais plutôt en récompense d'un travail bien fait et de compétences mises en oeuvre dans le cadre du travail.
Bon courage à tous les candidats et soyez plus humble si vous vous reconnaissez dans les portraits que nous dressons.
Nous sommes tous passés par là.
Postée le: Marion | 29 janvier 2008 18h50
Etudiant en contrat de professionnalisation, je fait pour ma part le même travail que mes collègues. Certes, il s'agit d'un bac+5, dans des conditions un peu particulières, mais soyons honnêtes : il existe des entreprises où les étudiants font le même travail que les autres salariés et d'autres non... Tout comme pour les stages (et là c'est beaucoup plus ennuyeux à mon avis) Personnellement, faire le même travail que mes collègues c'est ce que je souhaitais ! Quelle chance de pouvoir mettre en pratique ce qu'on a appris la veille... Et ne pas simplement servir de petites mains, pas chères et dociles car cela arrive malheureusement. En tous cas un peu d'humilité et d'abnégation ne font pas de mal : nous sommes payés pour apprendre en profondeur et c'est une chance phénoménale. Dommage que ce type de formation ne soit pas plus répandue et appréciée à leur juste valeur, particulièrement au delà des bac+3... Et dommage que certain n'y voit que l'aspect financier, certes éléments de motivation mais certainement pas le premier à prendre en compte pour faire ce choix ! En tout cas courage pour les autres et ceux qui se lancent dans l'aventure. Pour ma part, c'est une expérience très enrichissante tant au point de vue professionnel que personnel !
Postée le: Al | 17 mars 2008 19h18