Mon client se prend pour une star !
Il faut que je vous raconte cette histoire même si elle date un peu. Un jour, j'entre dans un restaurant non pour y déjeuner, mais pour faire affaires avec le patron. La porte à peine franchie, l'aspirateur et son pilote me bousculent et poursuivent leur course folle entre les tables. Le bruit couvre les paroles du patron peu souriant. Celui-ci improvise sommairement un bureau entre les cartons de vins et...
la montagne de papiers dégoulinant sur le sol. Les fournisseurs et le personnel vont et viennent. Bref, ça commence bien !
Les courants d'air me glacent, tout comme le patron qui claironne « Plus de temps à perdre, combien pour avoir un article dans le Nouvel Obs de ce mercredi ?! ». Abasourdie, je balbutie qu'une courte étude préalable se montre indispensable, avant de se lancer dans l'aventure et de travailler ensemble. Rien à faire. Le moteur de l'aspirateur rugit de plus belle et le patron monte d'un ton « Vous comprenez, je suis pressé ! ».
L'aspi beugle toujours plus fort, nous ne nous entendons plus, au sens propre comme au figuré. Tentative échouée d'argumentation. Déjà, mon interlocuteur se redresse prestement et répond au téléphone hurlant sur le bar. De retour vers moi, il mugit « je veux être une star !!! » Je ressens comme un grand moment de solitude. Que faire ? Zen, je me tourne vers la porte, pendant qu'il gesticule se voyant déjà en couverture des grands médias planétaires. Au revoir empressé de la main. Pas de palabres, il comprend vite que son plan ne me motive pas.
Sur le trottoir, je suis saisie d'un grand soulagement. J'ai échappé au fameux client compliqué dont mes camarades m'avaient prédit l'existence. Le joker du solo « choisir avec qui travailler » avait encore frappé !







Commentaires
Terrifiante situation ! C'est effectivement un soulagement de pouvoir se permettre de ne pas répondre à certaines demandes ineptes !
Cela fait quelques articles que vous écrivez (blog et magazine) que je savoure par leur style et leur pertinence. Enfin des articles sérieux mais décoincés qui parlent à tous, et en particulier aux jeunes créateurs d'entreprises (ou créateurs d'entreprises jeunes). Merci pour ces moments ludo-éducatifs =)
Membre d'une association de jeunes entrepreneurs allergiques à la langue de bois, je serais ravie de vous avoir parmi les lecteurs du blog de notre association.
A bientôt !
Postée le: makuramis | 21 juin 2007 17h15
Il est bien vrai que la grande liberté du Free-Lance est de laisser sur de coté le client que l'on sent problématique.
Un seul crédo: travailler seul est compliqué, alors il faut se simplifier le quotidient le plus possible!
Malheureusement, il existe un Client-Prescripteur dont on se persuade trés vite de l'importance: on veut percer un nouveau marché, changer de clientèle par ex et on se persuade qu'il est incontournable à notre développement.
Alors, même si ce contact semble attirant....Méfiance.
Il existe des signaux que l'on ne veut pas toujours voir:
Ce client qui se prend rapidement pour une star, centralise l'attention, phagocyte notre énergie et joue le copinage intensif n'est souvent qu'un boulet névrotique, à qui nous avons accordé trop d'attention.
Alors, on se retrouve soudain emprisonné dans une relation lourde où le Gagnant/Gagnant n'est plus de mise et a laissé la place au Donnant/Donnant. Bien entendu, c'est vous qui donnez et toujours plus!
C'est une situation insupportable et la leçon est simple: toujours garder ses distances, se protéger, donner et savoir prendre.
En un mot: ne jamais perdre de vue qu'il s'agit d'une relation "commerciale", non plus amicale. Donner certes (votre temps et attention) mais contre des résultats: rendez vous, présentation à un autre relais, mise en avant des produits...
Car ce "Compère", lassé de ne plus se voir si indispensable lorsque nous avançons et gagnons des parts de marché... est bien capable de retourner sa veste pour devenir un contre préscripteur... et à terme, un très mauvais investissement!
Postée le: Ziouani Soraya | 25 juin 2007 10h02
Félicitations pour votre blog chère Barbara.
Mickael
Postée le: Anonymous | 7 août 2007 8h24
oui pour vos commentaires et ne pas oublier que nos clients nous ressemblent, alors gardons le choix : bon payeur, client à probleme, client "avaleur" de temps pour peu de rentabilité,...
charles
www.adlib92.com
Postée le: BRILLET charles | 24 octobre 2007 11h55