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30 juin 2007

Un virus très contagieux

« J’ai une bonne nouvelle à t’annoncer » me lance mon vieux copain BN (Ben le Nantais). Une nouvelle fiancée, un mariage dans l’air, une contribution démographique ? Rien de ça. Le monsieur me lance fièrement son intention de voler de ses propres ailes en rachetant une boîte. Pincez-moi je rêve.

Celui qui me prenait pour une folle à lier et me répétait « Monter ta boîte, mais ça ne marchera pas. Trop de risques. De la folie, je te dis ! » (mots doux réguliers à l’adresse du créateur, même de la part de potes de longue date). Bref, radotait qu'il se sentait en toute sécurité dans sa grosse multinationale bien structurée, avec son organigramme bien huilé et sa politique d’entreprise bien rodée. L’épidémie de l’entrepreneuriat a fait une nouvelle victime. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Même les plus réfractaires désirent se lancer  dans l’aventure.

Le fait de me voir diriger mon business à ma guise et piloter mon projet professionnel dans la joie et la bonne humeur l’a emballé. « J’ai envie de me lancer, j’en ai marre d’être un petit cadre muselé. Assez de cette hiérarchie qui me tient et m’empêche de m’exprimer. Tu vas me donner un coup de main, dis ? »

 

Le chikungunya de la création d’entreprise a encore frappé.

29 juin 2007

www.createurs-en-galere.com

Ma petite entreprise ne connaît pas la crise car je suis constamment à l’affût des bons plans pour échanger sur les petits bobos du solo et glaner des astuces pour gagner en efficacité. La toile est un des outils incontournables pour ne pas perdre le fil. Blogs et sites internet pullulent. Ainsi, www.createurs-en-galere.com se distingue grâce à des situations comiques. Ca sent le vécu !

 «Nous sommes un réseau informel de consultants indépendants qui mettent en commun leurs compétences, pour aider les créateurs d’entreprise » se définit Muriel Granier, une blondinette pétillante que j’ai rencontrée lors d’un Speed business meeting au dernier salon de la microentreprise. L’exquis bavardage au hasard de cet événement, se transforme volontiers en dialogue régulier.

Muriel a créé ce site décalé avec sa copine Laure Grynbaum pour encourager les créateurs déprimés. « Nous rencontrons trop souvent des jeunes entrepreneurs confrontés aux lenteurs de l’administration et aux accompagnements nébuleux » s’insurge cette solo pugnace, conseil en organisation d’entreprise.

 

Remède anti coup de blues

 

J’adhère tout de suite à ce site rigolo. L’internaute suit les péripéties de « Lucien n’y comprend rien » et les méfaits de la paperasserie en pagaille, ou de « Nicole devient folle » portrait cocasse d’une créatrice en colère. Et bien sûr « Sous les dossiers, c’est Olivier » qui cherche l’intrus face aux conseilleurs perlimpinpin.

 

http://www.createurs-en-galere.com

25 juin 2007

J’ai testé les rencontres pro sur le net

Être solo, c’est aussi rencontrer des personnes que nous n’aurions jamais soupçonné découvrir dans notre vie achevée de salarié. Ce matin, j’ai ainsi passé un excellent moment lors d’un petit déj, avec Danièle, une consœur de l’agence Elyotrope. Rencontrée en un clic sur un réseau internet destiné aux professionnels, cette directrice expérimentée a tout de suite flashé sur ma fiche profil. Et hop ! « Allô, pouvons-nous nous rencontrer ? »

C’est toujours un plaisir pour moi d’échanger sur le métier avec quelqu’un qui comprend parfaitement mes grands bonheurs et mes petits tracas.

Après les présentations, la conversation s’anime très vite autour du métier, une véritable passion pour nous deux. Les anecdotes fusent, agrémentées d’un florilège de commentaires aberrants, recueillis auprès de nos prospects en quête de gloire. Le dialogue est bourré d’humour. Oh, comme ça fait du bien de rire de nos déceptions ! Pas facile d’être solo, mais nous en rions.

Nous nous amusons des différences entre freelance et salarié en agence et devisons sur nos complémentarités. Et puis intervient la partie développement. Je suis subjuguée par son expérience de vingt ans. Elle me briefe sur la prospection sur les salons. « C’est contraignant, tu as mal aux pieds, mais les budgets sont garantis ! »

Et bla-bla-bla ! Le temps file et « il faut se revoir pour une collaboration. Comment pourrions-nous collaborer ensemble ? », me lance-t-elle en bouclant son sac, rendez-vous oblige.

La journée a bien débuté. Une récréation dans mon emploi du temps. Une consœur agréable m’a rassurée en m’apprenant une multitude de trucs et astuces. Et peut-être un projet de partenariat à la clé. Que du bonheur !

15 juin 2007

Mon client se prend pour une star !

Il faut que je vous raconte cette histoire même si elle date un peu. Un jour, j'entre dans un restaurant non pour y déjeuner, mais pour faire affaires avec le patron. La porte à peine franchie, l'aspirateur et son pilote me bousculent et poursuivent leur course folle entre les tables. Le bruit couvre les paroles du patron peu souriant. Celui-ci improvise sommairement un bureau entre les cartons de vins et...

 

la montagne de papiers dégoulinant sur le sol. Les fournisseurs et le personnel vont et viennent. Bref, ça commence bien !  

Les courants d'air me glacent, tout comme le patron qui claironne « Plus de temps à perdre, combien pour avoir un article dans le Nouvel Obs de ce mercredi ?! ». Abasourdie, je balbutie qu'une courte étude préalable se montre indispensable, avant de se lancer dans l'aventure et de travailler ensemble. Rien à faire. Le moteur de l'aspirateur rugit de plus belle et le patron monte d'un ton « Vous comprenez, je suis pressé ! ».

L'aspi beugle toujours plus fort, nous ne nous entendons plus, au sens propre comme au figuré. Tentative échouée d'argumentation. Déjà, mon interlocuteur se redresse prestement et répond au téléphone hurlant sur le bar. De retour vers moi, il mugit « je veux être une star !!! » Je ressens comme un grand moment de solitude. Que faire ? Zen, je me tourne vers la porte, pendant qu'il gesticule se voyant déjà en couverture des grands médias planétaires. Au revoir empressé de la main. Pas de palabres, il comprend vite que son plan ne me motive pas.

Sur le trottoir, je suis saisie d'un grand soulagement. J'ai échappé au fameux client compliqué dont mes camarades m'avaient prédit l'existence. Le joker du solo « choisir avec qui travailler » avait encore frappé !

 

8 juin 2007

Le discount est partout, même dans le conseil

Dans la série "je suis tombée sur le prospect qui voulait une Rolls-Royce pour le prix d’une Twingo", pincez-moi, je rêve ! J'ai passé deux heures pour une interview découverte. Jusque là tout va bien. Le scénario d’écoute est bien rodé, avec étude des besoins et tout et tout. Second rendez-vous avec deux heures de face à face : le prospect bavard me vante ses stratégies de développement, jubile de l’arrivée du cinquième élément de sa dream team et affiche ses ambitions pour révolutionner tout le marché des cabinets d’audit. Plus fort qu’Arthur Andersen !

Arrive le moment tant attendu de l’étude du budget pour la notoriété tant convoitée.

Des heures et des heures de répétitions avec Franck, un pro de la négociation, sans compter la formation intensive subventionnée par le « Cap Entreprise » du Conseil régional. Car négocier est un art. Il existe des cours pour les cancres comme moi. Sans compter ces heures et ces heures d’entretiens de prospection bancals.

Bref, le prospect me lance tout de go « mon budget (sous entendu royal bien sûr) s’élève à 2 000€ tout compris ! » Comment ça, 27 jours de boulot pour 2 000€, soit 10,50 euros de l’heure ! Il parle en francs, en euros, en yens ?


Je m’écroule dans mon fauteuil. J’entreprends alors de questionner le malotru. A-t-il bien compris le fonctionnement  de ma mission ? Rien n’y fait ! Le budget consacré à l’accompagnement d’une free-lance pour un an de bons et loyaux services est invariable. Horreur, le discount opère partout !

4 juin 2007

Service compris, même le dimanche...

Ce matin, ce n’est pas le lundi au soleil. Il pleut des messages sur mes différents répondeurs et ma messagerie web est submergée par les « comment vous n’êtes pas à ma dispo 24h/24h ? ». L’incongru me laisse un mail très directif m’intimant l’ordre de le joindre… dimanche. Argh ! Je dois être au garde à vous même le dimanche, maintenant ? Je bosse le samedi, OK. Mais le dimanche...  Quand est-ce le repos du guerrier ? Et comment faire comprendre à l’indélicat qu’il n’est pas nécessaire de rendre des comptes minute par minute ?

Tous ces messages sont la conséquence d’un week-end loin du portable et du bureau.

Car aujourd’hui tous les moyens sont bons pour être contacté : e-mail, mobile, SMS, téléphone fixe. Tous ces outils se transforment parfois en véritable GPS ou en balise Argos ! Or, jusqu’aujourd’hui, je pensais qu’être à son compte et travailler en free-lance était synonyme de liberté et d'une gestion de son emploi du temps à sa guise. S’accorder un déjeuner ou un week-end au calme, loin des clients. Comment faire quand un client me pourchasse et me veut pour lui tout seul jour et nuit, dimanche compris ?

« C’est le problème de notre job ! Nous devons éduquer le client ! Le monsieur en veut pour son argent et l’exclusivité de ton agenda en prime. Tu dois lui répéter encore et encore le déroulement des opérations et recadrer »
, me confie Isabelle Grégorat, une remarquable ex-consoeur.

1 juin 2007

Sept idées décoiffantes pour décrocher des clients

Sortir de chez soi fait du bien quand on bosse en indépendant ! C'est ainsi que j'avais glané, lors d'une conférence matinale, « les sept règles essentielles pour gagner de nouveaux clients ». Elle était animée par Frédéric Vendeuvre, expert ès prospections. Pour moi, ce sont des cours intensifs dont j'ai besoin. Car c’est pas coton la prospection. D’ailleurs, il annonce la couleur « le sujet est très important pour un chef d’entreprise ». Mes yeux me sortent de la tête quand il avance « prospecter efficacement en prenant du plaisir ». C’est un pléonasme !

« Il faut aimer les échecs pour être à l’aise en prospection. Beaucoup de portes se ferment et la confiance en soi est minée ». Argh, j’ai comme un petit goût amer dans la bouche, d’un coup !

Voici, mon petit compte-rendu de cette séance de rigolades tant Frédéric Vandeuvre a des répliques et des anecdotes croustillantes.

Règle n°1 : savoir quoi vendre

« Pour être différent, il faut être irremplaçable » disait Coco Chanel. Eh oui, pour se démarquer, le petit patron doit vendre sa différence, faire le deuil de ses multiples qualités pour se concentrer sur une seule. Le « je sais tout faire » est à bannir. Celui qui trouve sa place est celui qui possède une spécialité. Et pour la saisir, rien ne vaut une bonne veille concurrentielle.

Règle n°2 : choisir ses clients

« C’est nous qui choisissons nos clients, comme eux nous choisissent ». Ah ! J’en ai perdu de l’énergie avec des clients esclavagistes ou pénibles. Pour l’expert, nos futurs clients ressemblent à nos clients actuels. Son truc est de travailler dans les secteurs qui nous plaisent (culture, proximité, goût, etc.). Pas de précipitation et bien sélectionner ses prospects. Une petite enquête rondement menée vaut tous les soucis du monde. Et puis, être opportuniste pour arriver au bon moment : prospecter les entreprises qui sont moins approchées par les autres. Et il argumente « les stars de demain ne sont pas encore sollicitées ». Traquer les dates de renouvellement de contrats, les insatisfactions avec les concurrents, les changements d’interlocuteurs, les nouveautés, les nouvelles organisations, etc. Promis, demain j’enfile mon costume de détective privé pour « profiter d’un certain nombre de faiblesses ».

Règle 3 : choisir ses interlocuteurs

Parfois, nous ne sommes pas sur la même planète que nos prospects. Le feeling qu’il dit le monsieur, avoir le feeling ! D’après lui il faut fuir ceux qui sont trop souvent sollicités et ne pas hésiter à parler à Dieu, plutôt qu'à ses saints. Les boss ne sont pas habitués à être contactés par les fournisseurs et sont sensibles au discours purement business. Ok, maintenant je chasse le discours technique. J’opte pour le champ lexical des économies et des bénéfices. 

Règle n°4 : rester humble lors des prises de rendez-vous par téléphone.

Beurk ! J’ai toujours autre chose à faire que de vivre ces grands moments de solitude. Conseil du pro : écrire son scénario et se l’approprier. Trouver la phrase qui tue pour accrocher le prospect, adopter un ton directif et pas d’arguments alambiqués. Pour le « c’est à quel sujet ? » de la standardiste, répondre du tac au tac et jouer l’alibi techno qu’elle ne comprend pas. Résultats garantis promet-il, elle passe l’appel. Pour l’accroche, penser bénéfices : trois trucs intelligents sur ce qu’on a à vendre. Et hop ! Ne pas rentrer dans les détails et proposer un rendez-vous.

Règle n°5 : surprendre lors du premier rendez-vous

Etonner, montrer sa différence, laisser son empreinte pour qu’il se souvienne de moi. Et à Frédéric Vandeuvre de lister ce que le client n’aime pas : le monologue de l’expert creux, le commercial qui ne pose que des questions bateau, les questions insidieuses « alors où avez-vous mal ? C’est douloureux, hein ? », les entretiens mous et vides, ne rien lui apprendre pendant une heure.

Pour lui, le bon timing d’un rendez-vous convaincant :
- cinq minutes pour raconter une histoire et laisser son empreinte
- vingt minutes d'« interview vérité » : lui, lui et encore lui avec un peu de ses projets
-
vingt minutes où vous êtes en scène pour la démo sur portable et les exemples réussis : « on est capable de faire ça ».

Le faire bouger en cinq minutes : lui faire faire un effort en sortant de chez lui. Prendre rendez-vous sur le terrain, l’inviter à déjeuner ou lui proposer de rencontrer un contact intéressant. Cela, c’est du deuxième effet !

Règle n°6 : soigner les détails

L’animateur martèle « démarquez-vous ! ». Trouver de nouveaux supports pour une proposition qui ne parlera que de lui. Et une cocotte en papier format géant, ça marche aussi ?

Règle 7 : garder la foi

Heureusement ! Tous nos clients ont été prospects. On peut perdre un client, mais on ne peut jamais perdre un prospect. Et il conclut : « la prospection, il faut en faire car c’est bon quand cela s’arrête ». Sympa le credo : ça y est, j’ai ma boîte à outils bien garnie. J’ai tout compris. Je commence demain.