Depuis plusieurs semaines une histoire s’affiche sur Internet ; elle a connu sans doute en France son point culminant le 29 juin dernier avec un article de fond sur son objet dans le Figaro Economie.
Quelle est cette histoire? Elle n’a pas de liens avec le nouveau gouvernement français ou la crise en Iran ou encore le poids du désormais célèbre Twitter ! Non, elle porte sur le cercle vertueux du financement de l’économie…
L’histoire est la suivante :
"Dans un village qui vit du tourisme, il n’y a plus de touristes, à cause de la crise. Pour survivre, tout le monde emprunte à tout le monde. Plusieurs mois passent, misérables. Arrive enfin un touriste qui prend une chambre dans l’hôtel, qu’il paie avec un billet de 100 euros. Le touriste n’est pas plutôt monté à sa chambre que l’hôtelier court porter le billet chez le boucher à qui il doit justement cent euros. Le boucher va lui-même aussitôt porter le même billet au paysan qui l’approvisionne en viande; le paysan, à son tour se dépêche d’aller payer sa dette à la prostituée à laquelle il doit quelques «services». La prostituée va à l’hôtel pour rembourser à l’hôtelier les chambres qu’elle louait à l’heure. Comme elle dépose le billet de 100 € sur le comptoir, le touriste, qui venait dire à l’hôtelier qu’il devait repartir tout de suite, ramasse le billet et disparaît. Au total, chacun a payé sa dette; rien n’a été dépensé, ni gagné, ni perdu, par personne. Et plus personne dans le village n’a de dettes. N’est-ce pas ainsi qu’on est en train de résoudre la crise mondiale?"
Cette petite histoire renvoie à plusieurs grandes thématiques économiques et donne une illustration nécessairement réductrice de certains faits actuels!
On entrevoit – comme l’article du Figaro le souligne – que derrière ce possible cercle vertueux décrit dans cette histoire que l’un des facteurs clés de la circulation de capitaux est fondé sur la confiance. Il faut de la confiance pour que les intermédiations commerciales aient lieu et que des échanges et des financements puissent se produire.
On entrevoit encore qu’il est nécessaire qu’une injection d’argent est nécessaire pour que le système fonctionne et ne s’enraille pas. Les Banques Centrales jouent ce rôle à une échelle macro économique pour le système financier en général. Depuis peu l’Etat – on le voit en France pour la filière automobile – joue aussi un tel rôle afin que le système ne se casse pas car asséché… Les PME / PMI ont aussi des besoins dans un tel cercle de financement… La banque Oséo est, en France, un possible relais sur ces questions…
Cette petite histoire qui ne se veut pas être selon moi une réelle leçon d’économie met en valeur des principes fondamentaux en omettant naturellement la question des taux d’intérêt et également qu’à la fin de l’histoire…, l’hôtelier n’a pas réalisé de chiffre d’affaires… et que ce manque ne pourra pas lui permettre de payer ses charges, de dégager de la marge brutte, ou encore se rémunérer et encore moins investir! Il devra alors sans doute à nouveau emprunter ou arrêter son activité! Cercle vertueux ou vicieux ?
Cela pose naturellement la question du besoin en financement des entreprises et de la confiance des institutions bancaires envers leurs clients (et leur capacité à faire confiance)… dans les moments présents où les besoins en trésorerie sont proéminents… De la confiance on passe alors à la gestion du risque!
Ces questions n’épargnent (si je puis l’exprimer ainsi!) pas les consommateurs… ces derniers ont besoin à la fois pour des biens durables de capitaux… et parfois aussi pour des biens consommables à faible durée de vie… La confiance est à nouveau au rendez-vous! Le mécanisme peut alors être vertueux ou totalement vicieux…. et ce à la fois pour le consommateur comme pour le système dans son ensemble…
Dans une telle histoire, il y a nécessairement une moralité…
Les éléments mentionnés ci-dessus donnent de premiers échos ; je n’ai pas l’ambition de dégager des remarques générales plus avant… néanmoins, de cette histoire on se dit que dans notre économie passée et présente, des maillons ont été corrompues et ont fragilisé tout le dispositif… Espèrons que les mois à venir donneront des signaux faibles et/ou forts d’un changement de paradigme économique… où dans tous les cas le financement sera l’une des énergies incontournables!







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Cette histoire est très à propos et comme l’exemple concerne des activités professionnelles, il faudrait rajouter un troisième acteur de confiance dans le circuit économique. Il s’agit de l’assurance crédit. Les banques centrales et Oseo comme mentionnés dans l’histoire apportent effectivement des fonds au système économique. Mais pour que les acteurs économiques se prêtent entre eux il faut de la confiance que vient apporter l’assurance crédit. Cette assurance crédit permet de garantir les décalages de paiement entre la prestation ou la livraison et leurs règlements. Un des phénomènes aggravant de la crise que nous avons vécu est que le manque de confiance des agents économiques n’a pas été assuré suffisamment par les assureurs crédit qui ont alors accentué le blocage des échanges entre fournisseurs et clients. Les Etats devraient penser à intégrer dans leurs leviers économiques l’assurance crédit comme ils le font avec les Banques centrales et Oseo.
Olivier Burdeyron
http://www.financement-entreprise.com
Très bien vu !
merci pour ce retour!
Merci Frederic Creplet pour cet article vraiment très important pour tous les entrepreneurs qui souhaitent avoir un bon financement pour son activité….Un grand merci d’avoir le partagé