Les synchronisations en résonance avec les états émotionnels.

Jean-Louis Muller, publié le , mis à jour à

pack-smileys-mignons_23-2147588100

Lors du billet précédent, nous avions examiné comment rentrer en contact rapidement avec nos interlocuteurs afin d’installer des relations de confiance. Il s’agit en fait de vous caler sur le fonctionnement des autres en adoptant leurs propres comportements. Les enfants excellent dans l’art de la synchronisation en s’imitant les uns les autres. Les six premiers pas portent sur des comportements observables instantanément.

Lorsqu’il s’agit de se synchroniser sur des attitudes plus difficile à percevoir, il convient de « calquer » sur les autres sans les imiter fidèlement. Ces attitudes sont : les états émotionnels, les convictions, la culture. Examinons aujourd’hui les états émotionnels.

Quand un chef de projet vient vous voir tout joyeux en vous annonçant que le livrable est réalisé dans les délais et la qualité requise, vous repérez , j’espère sa joie. Dans ce cas, souriez, félicitez le, et laissez le vous narrer ce succès. La joie, en effet , est l’émotion qui appelle un maintient de la situation présente.

Si vous lui dites : « C’est bien, mais on ne va pas s’éterniser la dessus, nous avons d’autres chats à fouetter » , vous êtes un rabat-joie.

En réunion, votre équipe fait triste mine. Le client a choisi une entreprise concurrente suite à un appel d’offres. Vous aussi, montrez votre tristesse, en mode atténuée et dites : « Nous sommes sous le choc, c’est dur à avaler. Apprenons ensemble de cet échec. Nous avons les ressources pour nous relever et gagner d’autres appels d’offres.

Face à un sentiment de tristesse, accompagnez le avec un visage et un ton triste, avec moins d’intensité que vos interlocuteurs. Et proposez du soutien et des ressources.

Votre chef vous apostrophe en colère : « Ce n’est plus possible, les réclamations des clients augmentent ! J’ai l’impression d’être le seul à me préoccuper de la qualité ! ». Alors que l’on peut se synchroniser corporellement sur la joie et la tristesse, c’est plus délicat avec la colère. Il vaut mieux dans ce cas prendre du recul et adopter un rythme lent en se synchronisant sur la demande implicite de changement exprimée en colère. Par exemple , répondez : «  Oui, je comprends que tu me dises cela, même de manière abrupte. Il est temps que nous changions notre conception de la qualité. En effet nous sommes obnubilés par la qualité produite alors que nous devrions nous préoccuper de la qualité perçue par les clients ». 

Un équipier se confie à vous : « J’ai accepté un peu trop vite de prendre en charge de projet. Apres réflexion, j’ai peur de ne pas être à la hauteur ». Vous lui dites alors : « J’apprécie que tu partages avec moi tes craintes. Quels sont les risques que tu entrevois ? ». Attendez ses réponses puis posez deux autres questions : « Comment penses tu surmonter ces obstacles ? quelle est l’aide dont tu as besoin ? »

Ces quatre exemples de synchronisation s’appliquent sur la demande implicite cachée derrière chaque état émotionnel.

La joie est une envie de maintenir la situation. La tristesse est une demande d’accompagnement. La colère révèle un désir de changement. La peur signale la perception d’un danger.

La synchronisation réussie suppose que vous acceptiez l’existence de ces émotions. Si vous dites : « Ne te mets pas en colère. Ne sois pas triste. N’aie pas peur ». Vous les niez.

En présence de joie et de tristesse vous pouvez adopter une mine joyeuse ou triste. En revanche pour la colère et la peur, conservez une distance bienveillante. Alors que vos interlocuteurs vivent des émotions associées, c’est à dire intenses et quelquefois exagérées, vivez les de manière distanciée , sans pathos. 

 

AILLEURS SUR LE WEB

Contenu proposé par Taboola

Commentez cet article

Votre commentaire sera publié directement et modéré a posteriori. En publiant vous acceptez la charte des commentaires

1 commentaire

MartinLaura

Bonjour,
Gérer les émotions et aussi les utiliser pour être efficace en communication, voilà l’étoffe des team leaders.


Répondre

A propos de l’auteur


Jean-Louis Muller

Expert auprès de Cegos, leader européen du conseil et de la formation au management , Jean-Louis Muller intervient sur les offres internationales « Leadership » , « Change » et « Time » ainsi que du développement de la multimodalité. Il accompagne des équipes dirigeantes lors des transformations de leurs entreprises ou de leurs organisations publiques. Il contribue à la diffusion des démarches sytémiques auprès des managers et chefs de projets.

En parallèle, il est chargé de cours à l’université Paris 9 Dauphine où il conçoit et anime deux modules du Master Management Global.

Auteur de nombreux ouvrages, il dirige également depuis sa création en 1998, la collection « guides pratiques Cegos » chez ESF éditeur.

Il a coordonné le « guide du management et du leadership » paru récemment chez RETZ.

A propos de l'auteur

Commentaires récents

S'abonner au flux de ce blog

[De quoi s'agit-il?]

Retour vers le haut de page