Les six premiers pas de la synchronisation.

Jean-Louis Muller, publié le , mis à jour à

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Lorsque deux ou plusieurs personnes sont en interaction de manière harmonieuse, quand la confiance et la compréhension sont établies, elles sont en bon rapport. Plus la danse est est élégante , et plus elles sont synchronisées. Tout ceci concourt à l’établissement d’une relation forte.

Voici six premiers pas de la synchronisation que je vous conseille de déployer au tout début d’une relation, lors des passages difficiles et au moment de se quitter.

La posture

Les éléments posturaux sur lesquels il nous est possible de nous accorder sont :

 – buste : en avant, droit, en arrière, sur le côté ;

 – épaules : alignées ou non, voûtées, en arrière ;

  ensemble du corps : rigide, souple, en mouvement.

Cette forme de synchronisation requiert un entraînement régulier, de manière à pouvoir reproduire avec aisance et le plus précisément possible, les postures et les mouvements d’ensemble. Tel un miroir qui reflète l’image dans laquelle notre interlocuteur se retrouve et se reconnaît.

Cette phase d’harmonisation avec les rythmes généraux de nos interlocuteurs est véritablement une source de relation de confiance et de respect mutuel.

Exemple : Vous entrez dans le bureau de votre interlocuteur, il est assis en arrière de façon détendue, vous faites de même. – Il a les coudes sur le bureau, assis au bord du siège, vous faites de même.

Les gestes

Nous pouvons synchroniser nombreux gestes : 

– mains/doigts : fixes, mobiles, croisés, décroisés, agités, crispés, détendus ; 

– tête : fixe, mobile, penchée (sur le côté, vers l’avant, en arrière) ; 

– bras/jambes : fixes, mobiles, croisés, décroisés.

Exemple : Votre interlocuteur se caresse le menton; caressez votre menton, ou une autre partie de votre corps.

Le visage

Les éléments du visage sur lesquels nous pouvons nous accorder sont :

 – paupières : fixes, clignotantes, bien ouvertes, un peu closes

 – yeux : fixes, mobiles ; – mâchoires : serrées, relâchées ;

– lèvres : pincées, ouvertes, fermées, souriantes. 

La synchronisation des mimiques du visage est particulièrement efficace

pour s’accorder à l’émotion que votre interlocuteur éprouve.

Exemple : Votre interlocuteur vous parle de quelque chose qui l’a énervé, il produit un mouvement serré des mâchoires. Il risque de s’énerver encore plus si vous lui renvoyez un visage particulièrement détendu et souriant ! Vous avez donc intérêt à avoir un visage au moins neutre ou avec le même type de tension en fronçant les sourcils, ou autres.

La respiration

En rapport avec la respiration, voici les paramètres sur lesquels il est possible de se synchroniser :

 – l’amplitude : profonde, superficielle ; 

– sonorité : bruyante, inaudible ;

– rythme : saccadé, rapide, lent ; 

– type : abdominale, moyenne, haute.

Cette forme de synchronisation est la plus puissante et la plus efficace qui soit car elle permet d’entrer en contact avec le rythme vital de l’autre. Pour commencer,  je vous suggère de ne choisir qu’un des paramètres cités plus haut, et d’adopter soit le rythme, soit la profondeur, soit le type de respiration de l’interlocuteur.

Exemple : Lorsqu’un équipier est en colère, paniqué, a peur, il a tendance à respirer rapidement. Commencez par adopter le même rythme, puis lorsque vous êtes synchrones, ralentissez votre propre respiration pour qu’il ralentisse aussi et retrouve son calme.

La voix

Les différents éléments sur lesquels nous pouvons nous synchroniser en rapport avec la voix sont : 

– tonalité : aiguë, médium, grave ; 

– rythme : saccadé, lent, rapide ;

– volume : fort, bas, inaudible ; 

– modulation : monocorde, variée.

En vous accordant au rythme de la voix de votre interlocuteur, vous vous calquez sur la façon qu’il a de transmettre son message, donc sa façon d’être en contact avec le monde extérieur.

Exemple : En vous synchronisant sur le volume que l’autre utilise (parler fort ou doucement), vous lui restituez la vie qu’il met dans son discours, la vigueur qu’il apporte à la relation. vous éviterez cependant de faire durer une discussion sur un volume trop fort, en prenant soin de vous y accorder d’abord, mais de guider ensuite ce volume vers le bas. Dans le management, la synchronisation sur la voix donne à chacun l’impression d’être unique, et c’est un levier de motivation essentiel.

Le langage

Le langage des autres nous donne de multiples occasions de nous synchroniser à eux  :

 – les expressions en rapport avec les sens: « je ne vois pas où l’on va », « on s’entend bien » , « il faut prendre à bras le corps ce projet », « je ne peux pas le sentir »…

– les phrases : longues, courtes, ponctuées, saccadées ; 

– les silences : rares, fréquents, absents, longs, courts.

Utiliser les expressions des autres, leurs mots, leurs tournures de phrases, leurs silences, etc., consiste à reconnaître et accepter leurs modèles du monde.

Exemple : Avec un groupe, il est judicieux d’employer des mots et expressions saturant tous les sens afin de capter l’attention de tous. Pour familiariser vos équipiers avec une nouvelle technique ou procédure, présentez leur un croquis (vue) , racontez leur la genèse de la méthode (audition), faites leur faire un essai (toucher).

Il existe encore trois autres pas à apprendre pour compléter la panoplie des synchronisations: les états émotionnels, la culture et les activités extra professionnelles. Prenez ces quinze prochains jours pour vous entraîner aux six premiers pas décrits ci dessus. Osez rentrer dans cette danse sachant que si vous loupez, il n’y aura pas d’effets néfastes, seule la réussite produit plus de confiance. Je reste à votre disposition pour répondre à vos questions en commentaires. Et le prochain billet présentera les synchronisations plus complexes.

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A propos de l’auteur


Jean-Louis Muller

Expert auprès de Cegos, leader européen du conseil et de la formation au management , Jean-Louis Muller intervient sur les offres internationales « Leadership » , « Change » et « Time » ainsi que du développement de la multimodalité. Il accompagne des équipes dirigeantes lors des transformations de leurs entreprises ou de leurs organisations publiques. Il contribue à la diffusion des démarches sytémiques auprès des managers et chefs de projets.

En parallèle, il est chargé de cours à l’université Paris 9 Dauphine où il conçoit et anime deux modules du Master Management Global.

Auteur de nombreux ouvrages, il dirige également depuis sa création en 1998, la collection « guides pratiques Cegos » chez ESF éditeur.

Il a coordonné le « guide du management et du leadership » paru récemment chez RETZ.

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