Sachons raison garder grâce à l’intelligence intellectuelle.

Jean-Louis Muller, publié le , mis à jour à

Businessman being overwhelmed by stress

Lors de mes séminaires, en fin de chaque journée, je demande aux managers ce qu’ils retiennent d’aisément transposable dans leurs contextes professionnels. Beaucoup répondent : «j’ai aimé telle méthode», «j’ai adoré cette approche.» Comme je l’indiquais dans mes quatre précédents billets, l’émotion favorise l’émergence de la pensée, mais ne la remplace pas. L’émotion est un point de passage du biologique au psychologique, passage assurant la capacité à penser et à communiquer. C’est pourquoi je ne me contente pas de ces réponses et je les invite à penser les phases de transposition de ces acquis. Par exemple :

  • A quelle date aurez vous appliqué cette méthode ?
  • Quels sont les effets probables de l’application de cette méthode?
  • Quelles difficultés allez vous rencontrer ?
  • Quels sont vos points d’appui et vos atouts?
  • Comment allez vous communiquer avec vos équipes sur ce sujet ?
  • A mi parcours, quels serons vos indicateurs de réussite?
  • Par quoi allez vous commencer la semaine prochaine?…

En effet, leurs émotions signalent qu’ils sont motivés mais ne suffisent pas pour mettre en oeuvre ces méthodes. Ces questions additionnelles les aident à penser et anticiper leurs actions. Elles participent de l’intelligence intellectuelle, à savoir, analyser les faits, déduire à partir des expériences du passé, induire de nouvelles actions pour s’adapter et construire du futur, évaluer la pertinence de ces actions…

Il existe néanmoins des déséquilibres s’instaurant dans les relations entre émotions et pensée. Par exemple, un manager débordé par de la colère exacerbée ou un enthousiasme débridé peut prendre des décisions à chaud qu’il regrettera plus tard. Il est alors utile de laisser passer une nuit pour reprendre raison. A l’inverse, certains managers ne veulent pas tenir compte des émotions des collaborateurs et nient leurs propres sentiments et répètent à l’envi :  « Pas d’états d’âmes dans le travail, seuls comptent les résultats!» Ils se privent d’informations sur les griefs , conflits larvés et motivations de leurs équipiers. Le manager trop émotionnel n’inspire pas confiance, le trop rationnel se prive de la bonne volonté de ses collaborateurs.

En d’autres termes, c’est l’adjonction des émotions et de la pensée qui favorise la pro-activité, compétence majeure pour exercer un rôle d’encadrement.

Mon prochain billet vous proposera des exercices contribuant au développement de l’agilité intellectuelle.

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9 commentaires

Julien

Merci pour cet article. La raison a encore bien toute son utilité. J’ai le sentiment qu’on évoque souvent l’intelligence émotionnelle comme s’il n’y avait plus qu’elle. Or, je pense que la raison, les émotions et les convictions profondes font partie d’un processus global et il ne faut pas les isoler. Tête + cœur + tripes !


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    Avatar de Jean-Louis Muller

    Jean-Louis Muller

    Ce que vous exprimez ici correspond à mes conceptions et pratiques ainsi sur les dernières découvertes en sciences humaines. J’ai lu plusieurs articles universitaires qui valident nos propos. Cordialement


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Avatar de Jean-Louis Muller

Jean-Louis Muller

Parmi les nombreux articles scientifiques que j’ai consulté sur les liens émotions, pensée, je vous conseille de lire celui ci.
https://www.cairn.info/revue-devenir-2009-1-page-61.htm


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voyance en ligne email

Je trouve c’est article hyper intéressants , des notions de base qui peuvent aider ..
Merci à la personne.


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    Storyv

    @voyance en ligne email : Je suis d’accord avec vous … J’ai adoré cet article. Félicitations.


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Memeria

Très bien votre placement sur ce sujet, j’ai aimé vos idées … Merci d’avoir partagé avec nous. des câlins


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    eva-matesanz

    Sais-tu Jean Louis que Freud appelait les processus psychiques dans ses premiers écrits « la vie de l’âme » ?


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      Avatar de Jean-Louis Muller

      Jean-Louis Muller

      @eva-matesanz : non, je ne savais pas. Merci pour cette information,


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piece de rechange

Comme toujours article intéressant
Bravo et bonne continuation


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A propos de l’auteur


Jean-Louis Muller

Expert auprès de Cegos, leader européen du conseil et de la formation au management , Jean-Louis Muller intervient sur les offres internationales « Leadership » , « Change » et « Time » ainsi que du développement de la multimodalité. Il accompagne des équipes dirigeantes lors des transformations de leurs entreprises ou de leurs organisations publiques. Il contribue à la diffusion des démarches sytémiques auprès des managers et chefs de projets.

En parallèle, il est chargé de cours à l’université Paris 9 Dauphine où il conçoit et anime deux modules du Master Management Global.

Auteur de nombreux ouvrages, il dirige également depuis sa création en 1998, la collection « guides pratiques Cegos » chez ESF éditeur.

Il a coordonné le « guide du management et du leadership » paru récemment chez RETZ.

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