Etes vous adepte des jeux de pouvoir?

Jean-Louis Muller, publié le , mis à jour à

Les théories modernes nomment les jeux de pouvoir et décrivent les processus mis en œuvre. Mais nul besoin de les connaitre en théorie pour les vivre. Les tragédiens narraient de nombreux jeux de pouvoir : la vengeance où tous les protagonistes perdent, celui qui veut sauver le monde en détenant la vérité et qui se retrouve mis au banc de la société, la frêle et jeune ingénue qui se révèle être une sorcière maléfique. Les guerres de religion, actuelles et passées s’articulent autour de je te massacre au nom du bien. Les mythes grecs évoquent des dieux qui s’ennuyant à l’Olympe  jouent avec des mortels à des jeux pervers. Les contes de fées fourmillent de ces jeux assortis de retournements dramatiques. Les séries télévisées sont aussi analysable sous cet angle. Le point commun de ces différentes expressions des jeux est leur capacité à susciter de la passion et des émotions fortes.

C’est au cours des années 1960 que Steve Karpman, élève d’Eric Berne dans l’école de l’analyse transactionnelle décrivit en langage imagé et simple les situations lors desquelles on se sent parfois bloqué, mal à l’aise, furieux, coupable… avec en plus cette impression d’un déroulement presque prévisible : « je me disais bien que cela devait arriver. » les joueurs ont l’intuition du drame qui émerge, mais s’y engouffrent quand même. D’où l’expression courante : « c’est plus fort que moi, je n’ai pas pu m’empêcher ! » Chacun rentre dans le jeu avec un rôle de prédilection et va en changer tout au long du processus. C’est bien souvent lors des changements de rôle qui accélère l’issue dramatique.

Quels sont ces trois rôles ? Par conventions la première lettre de chaque rôle s’écrit en majuscule Sauveur, Persécuteur et Victime pour les distinguer des vrais sauveurs, vraies victimes et vrais persécuteurs

Le rôle de Sauveur, qui loin d’aider vraiment va simplement se présenter comme ” aidant “. Il va essayer d’aider, mais il ne sera pas efficace, puisque son but irraisonné  est uniquement d’entretenir les Victimes dans leur rôle afin de rester dans le sien, et récupérer des miettes de reconnaissance. Le sauveur aide quelqu’un qui n’a rien demandé, ou persiste à donner alors qu’il est patent que l’aide qu’il apporte n’est pas efficace.

Le rôle de Victime est un rôle attractif et puissant. Il apporte le plus de gratifications, de bénéfices secondaires, de reconnaissance. C’est un rôle très recherché, et le problème est que d’autres le cherchent aussi : qui sera alors plus Victime que l’autre ? Se présenter en Victime consiste à se plaindre d’un préjudice imaginaire, on qu’on a participé à mettre en place. Il est clair qu’il faut faire la différence avec les vraies victimes dont la plainte est parfaitement légitime, et qui souvent même d’ailleurs ne se plaignent même pas !

Le rôle de Persécuteur, avec lequel fusent des reproches aux autres, sous la forme de ” piques ”, de dérision, de moqueries, de provocations et de faux compliments. Le Persécuteur est à l’affut des maladresses et erreurs commises par les autres afin de les enfoncer encore plus. Le Persécuteur est très habile pour jouer avec les contradictions et démenés de ses proies.

Il est important de rappeler ici que la terminologie utilisée pour chacun des rôles exclue toute autre réalité que pourrait recouvrir ces termes dans des contextes différents.

Ne pas confondre :

  • Sauveur et sauveteur professionnel : pompier, médecin, infirmière, maître-nageur,…
  • Victime avec les personnes véritablement lésées : accident de la route, agression, licenciement,…
  • Persécuteur et tortionnaire.

Le prochain billet vous donnera des clés pour s’affranchir des jeux de pouvoir, sachant que la meilleure façon de s’en sortir est de ne pas y entrer.

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1 commentaire

Raphael

Un article bien intéressant, merci !


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A propos de l’auteur


Jean-Louis Muller

Expert auprès de Cegos, leader européen du conseil et de la formation au management , Jean-Louis Muller intervient sur les offres internationales « Leadership » , « Change » et « Time » ainsi que du développement de la multimodalité. Il accompagne des équipes dirigeantes lors des transformations de leurs entreprises ou de leurs organisations publiques. Il contribue à la diffusion des démarches sytémiques auprès des managers et chefs de projets.

En parallèle, il est chargé de cours à l’université Paris 9 Dauphine où il conçoit et anime deux modules du Master Management Global.

Auteur de nombreux ouvrages, il dirige également depuis sa création en 1998, la collection « guides pratiques Cegos » chez ESF éditeur.

Il a coordonné le « guide du management et du leadership » paru récemment chez RETZ.

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