Le système et les méthodes doivent être au service des talents, et non l’inverse !

Jean-Louis Muller, publié le , mis à jour à

Le concept et les pratiques de management par les processus furent et restent un grand progrès managerial. La codification du système de production des biens et des services participe à la diminution des gaspillages et des non conformités, libérant ainsi les cerveaux humains de contraintes pour qu’ils s’adonnent à l’innovation. Les entreprises performantes assurent un bon dosage entre codification et innovation.
Mais nous assistons aujourd’hui à un excès de codification. Les processus, supposés rendre agile, se muent parfois en carcans. L’application stricto sensu des méthodes l’emporte sur l’intelligence.
Les méthodes de management, si prometteuses soient elles, ne valent que par ceux qui les incarnent. L’un des paramètres de l’efficience est le manager lui-même. Disposant de listes de conseils, de bonnes pratiques, de modèles d’excellence, le manager avisé, loin de les suivre aveuglément, fait preuve de discernement. D’autant plus lorsqu’il s’agit de résoudre des problèmes impliquant des personnes et des équipes. Le manager fait partie du problème, il fait aussi partie de la solution. Les modèles qui postulent que le manager agit de l’extérieur sur son système oublient ce que les ethnologues ont montré lors de leurs contacts avec les tribus qu’ils ont étudiées : les observés réagissent au regard de l’observateur. C’est le même phénomène que vit le manager : ses collaborateurs et ses interlocuteurs se comportent en partie en réaction à son attitude.
Le manager dispose d’un corpus de savoirs et de pratiques utiles pour se repérer, mais il doit innover en permanence pour traiter les données, sans cesse nouvelles, émanant du cours des événements et de son environnement. Des managers nous demandent souvent de pouvoir disposer d’outils directement applicables pour obtenir des autres les résultats et comportements attendus. Amusant paradoxe : vouloir être responsable tout en désirant suivre à la lettre des recettes prémâchées !
Les bonnes pratiques  permettent d’économiser du temps et de l’énergie. Pas la peine en effet de « réinventer la poudre » à chaque évènement. Elles assurent un socle de sécurité et de prévisibilité, denrées rares en ces temps de mutations rapides. J’invite néanmoins les managers  à faire preuve de discernement et à  mettre leur propre « grain de sel » lors du traitement de situations managériales par essence inédites. L’excellence des managers est le résultat d’une bonne combinaison entre système, méthodes et talents.

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Jean-Louis Muller

Expert auprès de Cegos, leader européen du conseil et de la formation au management , Jean-Louis Muller intervient sur les offres internationales « Leadership » , « Change » et « Time » ainsi que du développement de la multimodalité. Il accompagne des équipes dirigeantes lors des transformations de leurs entreprises ou de leurs organisations publiques. Il contribue à la diffusion des démarches sytémiques auprès des managers et chefs de projets.

En parallèle, il est chargé de cours à l’université Paris 9 Dauphine où il conçoit et anime deux modules du Master Management Global.

Auteur de nombreux ouvrages, il dirige également depuis sa création en 1998, la collection « guides pratiques Cegos » chez ESF éditeur.

Il a coordonné le « guide du management et du leadership » paru récemment chez RETZ.

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