Après la catastrophe : « Cela devait arriver! »

Jean-Louis Muller, publié le , mis à jour à

Les sociétés, les entreprises, les familles et les personnes sont confrontées à des catastrophes. Après ces épisodes critiques, certains affirment qu’elles étaient prévisibles. Ces derniers s’étaient exprimés sans être écoutés ni crus. D’autres les pressentaient mais ont préféré se taire. Déjà, avant la guerre de Troie, Cassandre, fille du roi Priam, reçoit d’Apollon le don de prédire l’avenir mais, comme elle se refuse à lui, il décrète que ses prédictions ne seront pas crues, même de sa famille. Par exemple, elle prédit que le cheval utilisé par les Grecs est un subterfuge qui conduira Troie à sa perte. Mais plus Cassandre voit l’avenir avec précision, moins elle est écoutée.
Je suis souvent sollicité, ainsi que des collègues, par des dirigeants d’entreprises qui viennent de vivre une catastrophe écologique, sociale, économique,sanitaire ou technologique. Sauf à quelques rares exceptions, lors des audits, nous découvrons que certains collaborateurs affirment que cela était prévisible. Ces prévisions sont tracées dans des mails et des notes écrites entreposées « au placard ».
Celles et ceux qui avaient exprimé leurs doutes avaient été , au mieux ignorés, au pire traités de défaitistes ou marginalisés par leurs collègues et leurs managers. Celles et ceux qui pressentaient la crise mais s’étaient tus de crainte de casser l’ambiance et la coopération. Ils ne veulent pas passer pour des « oiseaux de malheur ». Ils ont en tête une vieille anecdote historique qui raconte qu’un messager apportant une mauvaise nouvelle à un tyran, celui ci le fit exécuter. Subsiste aussi dans de nombreuses entreprises une culture de type :  » si tu amènes un problème , tu dois apporter la solution. » En conséquences, ceux qui pressentent un problème mais n’ont pas de solutions, s’abstiennent de le divulguer.
Il arrive parfois que l’oracle soit écouté, voire approuvé, mais le management ne souhaite pas mobiliser des moyens financiers et matériels pour un problème qui peut être ne se produira pas. Comment sortir de cette tendance à exceller en mode réactif après les catastrophes au détriment de mesures préventives pro-actives?
Ce sera l’objet de mon prochain billet. Ceci étant dit, je suis preneur de vos idées pour l’agrémenter. Merci par avance.

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2 commentaires

Pascal

Merci pour cet article. Il fait le lien entre l’actualité et l’univers de l’entreprise. Il est vrai qu’en ces temps de crise, il est difficile d’investir et la prévention n’est pas une priorité. J’ai hâte de lire votre prochain billet sur cette thématique.


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    Avatar de Jean-Louis Muller

    Jean-Louis Muller

    Merci, je viens à l’instant de publier la suite sur les méthodes


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A propos de l’auteur


Jean-Louis Muller

Expert auprès de Cegos, leader européen du conseil et de la formation au management , Jean-Louis Muller intervient sur les offres internationales « Leadership » , « Change » et « Time » ainsi que du développement de la multimodalité. Il accompagne des équipes dirigeantes lors des transformations de leurs entreprises ou de leurs organisations publiques. Il contribue à la diffusion des démarches sytémiques auprès des managers et chefs de projets.

En parallèle, il est chargé de cours à l’université Paris 9 Dauphine où il conçoit et anime deux modules du Master Management Global.

Auteur de nombreux ouvrages, il dirige également depuis sa création en 1998, la collection « guides pratiques Cegos » chez ESF éditeur.

Il a coordonné le « guide du management et du leadership » paru récemment chez RETZ.

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