Seriez-vous à l’aise dans un groupe international?

Jean-Louis Muller, publié le

Seriez-vous à l’aise dans un groupe international ?
J’ai eu la chance, cette année de contribuer à l’organisation et l’animation de plusieurs campus destinés à de jeunes cadres recrutés par de grands groupes mondiaux. ils sont tous leaders sur leurs marchés respectifs, dans tous les secteurs d’activités, de la mine au e-business. Je partage avec vous les constantes que j’ai pu repérer. Elles sont susceptibles de vous attirer, vous indifférer ou vous rebuter en fonction de vos choix de vies, de vos compétences et motivations.
D’emblée et sans fioritures les dirigeants annoncent que la focalisation première de leur groupe est la satisfaction des actionnaires qui appuient ainsi la vision, stratégie et valeurs de l’entreprise. En ces temps d’exposition exacerbée aux médias et à la puissance des réseaux sociaux, la recherche du profit est complémentaire avec des visées sociétales.    Par exemple, dans les mines, travaux publics et industries, le faible taux d’accidents de travail et d’incidents environnementaux est consubstantiel à la rentabilité des sites concernés. Les dirigeants précités insistent auprès de ces cadres à haut potentiel pour qu’ils opèrent toujours au dessus des normes légales, sociales et environnementales des pays dans lesquels ils sont implantés. La valeur de l’image d’un grand groupe mondial pèse plusieurs milliards de dollars et il vaut mieux perdre cent millions localement que d’écorner cette image.
À l’aide de projections des courbes de croissance à l’horizon 2025, ces dirigeants disent clairement que  l’avenir du business n’est plus dans les pays de l’OCDE. La croissance des zones hors OCDE y serait le double que ceux de ses membres à cette date. En conséquence, la meilleure façon de réduire les risques est de rester résolument mondial,
Les valeurs affichées sont inter culturelles et simplement formulées : respect mutuel, esprit d’équipe, honnêteté , agilité…Chaque manager dans un pays donné peut les localiser en tenant compte des particularismes.
Les équipes  de direction au plus niveau sont multiculturelles et des problématiques comme la diversité n’ont aucun sens. Les cadres sont recrutés sur des critères dans lesquels la couleur de la peau, le pays d’origine, le sexe n’en sont pas. Il faut néanmoins maîtriser plusieurs langues dont l’anglais.
Hormis dans le manufacturing où l’on extrait ou assemble des minéraux et des objets, les cadres travaillent en mode asynchrone, à distance et en relations virtuelles et multiculturelles. Un cadre peut reporter à un manager hiérarchique présent dans un autre pays et à des chefs de projets dans d’autres. Les réunions, entretiens et séances de formation sont le plus souvent virtuels. Les pratiques des management web.2.0 dominent. Chacun doit être à l’aise avec des contradictions telles au autonomie et contrôle par les process.
Au regard du soin apporté par les dirigeants à promouvoir ces campus , il appert que l’un des enjeux RH est d’attirer et de retenir les meilleurs talents.
Cela vous tente t-il ?
J’ai eu la chance, cette année de contribuer à l’organisation et l’animation de plusieurs campus destinés à de jeunes cadres recrutés par de grands groupes mondiaux. ils sont tous leaders sur leurs marchés respectifs, dans tous les secteurs d’activités, de la mine au e-business. Je partage avec vous les constantes que j’ai pu repérer. Elles sont susceptibles de vous attirer, vous indifférer ou vous rebuter en fonction de vos choix de vies, de vos compétences et motivations.
D’emblée et sans fioritures les dirigeants annoncent que la focalisation première de leur groupe est la satisfaction des actionnaires qui appuient ainsi la vision, stratégie et valeurs de l’entreprise. En ces temps d’exposition exacerbée aux médias et à la puissance des réseaux sociaux, la recherche du profit est complémentaire avec des visées sociétales.    Par exemple, dans les mines, travaux publics et industries, le faible taux d’accidents de travail et d’incidents environnementaux est consubstantiel à la rentabilité des sites concernés. Les dirigeants précités insistent auprès de ces cadres à haut potentiel pour qu’ils opèrent toujours au dessus des normes légales, sociales et environnementales des pays dans lesquels ils sont implantés. La valeur de l’image d’un grand groupe mondial pèse plusieurs milliards de dollars et il vaut mieux perdre cent millions localement que d’écorner cette image.
À l’aide de projections des courbes de croissance à l’horizon 2025, ces dirigeants disent clairement que  l’avenir du business n’est plus dans les pays de l’OCDE. La croissance des zones hors OCDE y serait le double que ceux de ses membres à cette date. En conséquence, la meilleure façon de réduire les risques est de rester résolument mondial,
Les valeurs affichées sont inter culturelles et simplement formulées : respect mutuel, esprit d’équipe, honnêteté , agilité…Chaque manager dans un pays donné peut les localiser en tenant compte des particularismes.
Les équipes  de direction au plus niveau sont multiculturelles et des problématiques comme la diversité n’ont aucun sens. Les cadres sont recrutés sur des critères dans lesquels la couleur de la peau, le pays d’origine, le sexe n’en sont pas. Il faut néanmoins maîtriser plusieurs langues dont l’anglais.
Hormis dans le manufacturing où l’on extrait ou assemble des minéraux et des objets, les cadres travaillent en mode asynchrone, à distance et en relations virtuelles et multiculturelles. Un cadre peut reporter à un manager hiérarchique présent dans un autre pays et à des chefs de projets dans d’autres. Les réunions, entretiens et séances de formation sont le plus souvent virtuels. Les pratiques des management web.2.0 dominent. Chacun doit être à l’aise avec des contradictions telles que  autonomie et contrôle par les process.
Au regard du soin apporté par les dirigeants à promouvoir ces campus , il appert que l’un des enjeux RH est d’attirer et de retenir les meilleurs talents.
Cela vous tente t-il ?

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7 commentaires

Jean-Yves

J’ai un ami proche qui bosse au CERN à Genève, alors les équipes multi-culturelles, il connait bien, et du coup il m’en parle depuis des années.

C’est une richesse je trouve. Cela permet de traiter les dossiers sous plusieurs angles de vue et puis chacun veut être un bon « ambassadeur « de son pays, donc cela peut contribuer à un certain dynamisme.

En ce qui concerne l’externalisation et la numérisation du travail, c’est effectivement une tendance qui a le vent en poupe. Les assistantes virtuelles, le télétravail. Je ne sais pas s’il n’y a que des avantages à cela. Un mail restera toujours + source de confusion qu’une visite dans le bureau, comme on le faisait « avant ».

Enfin sur un troisième point que vous traitez (l’avenir c’est les pays émergents), je comprend bien le raisonnement des entreprises leaders de marché.
Je m’interroge juste : Que se passera t-il lorsque tous les pays seront aussi industrialisés et que leur croissance sera de 0.X%, comme chez nous ?
L’avenir, ce sera Mars ?


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    Avatar de jlmuller

    jlmuller

    Ces groupes mondiaux dont le chiffre d’affaires dépasse le budget de nombreux états adoptent des stratégies constructivistes. Ils sont proactifs et préfèrent décider de leur sort futur que de courrir après les événements. Les prévisions sur l’avenir ne sont que des extrapolations malthusiennes des évolutions présentes . Une guerre au moyen orient ou une catastrophe écologique en Asie peuvent les remettre en question. Ceci étant dit,ces groupes leaders font preuve de résilience. En cas de catastrophe leurs dirigeants se reposent la question : « maintenant que nous savons cela, que voulons nous ? »
    Merci Jean Yves pour votre contribution au débat .
    Cordialement


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JC

Bonjour,
votre article me conforte vraiment dans le fait de travailler dans des petites sociétés, à taille humaine.
L’idée de n’être qu’un pion est beaucoup moins prépondérante, voir absente…


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BOSSUT

Merci jean-Luc pour cet éclairage.
Pour avoir un complément vous pouvez aussi lire : « Les 10 composantes du leader global » http://bossutonleadership.typepad.com/dirigeants/2009/12/les-10-composantes-du-leader-global.html
Cordialement


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    Avatar de jlmuller

    jlmuller

    Merci. Je vais aussi poster votre article sur mon site Facebook


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Catherine de Loeper

Bonjonr,
Quand on connaît, d’une part, les ambiances de travail d’où, la plupart du temps, la coopération est absente, le fait que les entreprises sont « en réseau » et qu’il y est difficile et paradoxal d’être ^à la fois autonome tout en suivant le process, et enfin, pour finir, quand on sait quels peuvent être les malentendus inhérents à la communication interpersonnelle et et ceci d’autant plus qu’on ne partage pas le même monde (du fait de langues et de cultures différentes, même si tout le monde parle anglais), on se prend à rêver que ce que vous décrivez, Monsieur Muller, devienne en effet effectif.
Cordialement,


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Avatar de jlmuller

jlmuller

Les contextes de référence de mon billet sont les campus ou les universités d’entreprises destinés aux jeunes entrants. Au delà de l’anglais, la mondialisation des esprits et des attitudes chez les jeunes diplomés s’installe à une vitesse fulgurente.J’en suis moi même étonné.Par un effet dialectique, d’autres jeunes adoptent des pratiques communautaires.


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A propos de l’auteur


Jean-Louis Muller

Expert auprès de Cegos, leader européen du conseil et de la formation au management , Jean-Louis Muller intervient sur les offres internationales « Leadership » , « Change » et « Time » ainsi que du développement de la multimodalité. Il accompagne des équipes dirigeantes lors des transformations de leurs entreprises ou de leurs organisations publiques. Il contribue à la diffusion des démarches sytémiques auprès des managers et chefs de projets.

En parallèle, il est chargé de cours à l’université Paris 9 Dauphine où il conçoit et anime deux modules du Master Management Global.

Auteur de nombreux ouvrages, il dirige également depuis sa création en 1998, la collection « guides pratiques Cegos » chez ESF éditeur.

Il a coordonné le « guide du management et du leadership » paru récemment chez RETZ.

A propos de l'auteur

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