Acceptez-vous les feedbacks des autres ?

Jean-Louis Muller, publié le

Je termine cette série de billets sur les feedbacks en me focalisant sur le récepteur. La manière dont vous accusez réception des feedbacks attire des compliments, des critiques ou de l’indifférence. Une dialectique s’instaure entre émetteur et récepteur.

Les accepter

Selon votre éducation, votre culture et le contexte dans lequel le signe de reconnaissance est donné, vous êtes amené à l’accepter, le refuser partiellement ou totalement, le modifier. Il existe des « filtres à signe de reconnaissances ».

Prenons l’exemple d’un signe de reconnaissance inconditionnel positif : « Ce que vous venez de faire est formidable, vous êtes vraiment quelqu’un de bien !»

Bonne réception, absence de filtre : « Merci, cela me fait plaisir », en souriant.

Filtre grossissant : « Je le savais déjà ! D’ailleurs j’ai fait aussi cela », en vous passant les mains dans les cheveux.

Filtre inquiet : ne rien répondre en se disant dans votre for intérieur : « Que me veut-il pour me dire cela ? »

Filtre dévalorisant : penser : « Ce n’est pas possible que je fasse quelque chose de bien », ou « il ne faut pas montrer sa joie »,  et répondre : « oh ! Non, c’est normal »

Filtre inversant : « Vous vous moquez de moi ? Ou quoi ? »

Prenons maintenant l’exemple d’un signe de reconnaissance inconditionnel négatif : « Vous êtes déplaisant ! »

Bonne réception, absence de filtre : « Je suis triste, qu’ai je fais qui ne vous plaît pas ? ».

Filtre grossissant : s’effondrer en larmes : « je sais bien que je suis le plus mauvais ! ».

Filtre refusant : « Moi ? Déplaire ? Ce n’est pas possible ! »

Filtre contre attaquant : « Etre traité de déplaisant par un minable ! Alors vraiment, rien à faire ! ».

Filtre inversant : « Enfin quelqu’un qui s’occupe de moi ! »

En demander

Si par hasard, votre entourage ne vous donne pas spontanément de signe de reconnaissances, rien ne vous empêche d’en demander : « J’ai mis 3 heures pour réaliser ce travail alors qu’il en fallait quatre, qu’en pensez vous ? » ou « j’ai dit cela à cette réunion, j’ai bien fait n’est ce pas ? » ou «  monsieur, vous ne me faites jamais de compliments, je souhaite être reconnu pour ma loyauté ».

Des personnes ont tendance à demander des signe de reconnaissances négatifs en s’exprimant ainsi : « Ne vous fatiguez pas avec moi, je suis incapable de comprendre l’informatique » ou « De toutes façons je suis bête, n’est ce pas ? » ou « Boff ! Ce n’est pas à mon âge que je vais changer ».

Les extorquer

Enfin, l’ingéniosité humaine étant sans limites pour obtenir des signes de reconnaissance, certains en demandent par des voies indirectes.

Des sous entendus : « Vous ne trouvez pas que notre service est atone ? » ou « Vous n’avez pas lu l’excellent chapitre du guide pratique sur les signe de reconnaissances ? »

Des postures et des gestes : arborer un mine triste un matin pour que les autres viennent vous dire : « alors ça ne va pas ce matin ? » ou « oh ! Mon pauvre !vous avez l’air bien mal en point ».

Des grands soupirs profonds : cela attire l’attention immédiatement.

 

Dire dans une réunion où personne ne s’écoute : « a propos… » Puis dire ce vous avez à dire. Les autres portent leur attention sur vous. Je l’ai testé plusieurs fois, ça marche.

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A propos de l’auteur


Jean-Louis Muller

Expert auprès de Cegos, leader européen du conseil et de la formation au management , Jean-Louis Muller intervient sur les offres internationales « Leadership » , « Change » et « Time » ainsi que du développement de la multimodalité. Il accompagne des équipes dirigeantes lors des transformations de leurs entreprises ou de leurs organisations publiques. Il contribue à la diffusion des démarches sytémiques auprès des managers et chefs de projets.

En parallèle, il est chargé de cours à l’université Paris 9 Dauphine où il conçoit et anime deux modules du Master Management Global.

Auteur de nombreux ouvrages, il dirige également depuis sa création en 1998, la collection « guides pratiques Cegos » chez ESF éditeur.

Il a coordonné le « guide du management et du leadership » paru récemment chez RETZ.

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