Les crises sont consubstantielles à la vie

Jean-Louis Muller, publié le

 Prenons un peu de recul en explorant le concept de crise dans ses acceptations culturelles, historiques, philosophiques et sociétales. Le concept de crise est un mot « valise » ou « fourre tout ». C’est-à-dire qu’il est employé dans des sens et des contextes différents. Dans les dictionnaires usuels, la crise se rapporte en premier lieu à la santé. C’est le moment d’une maladie caractérisée par un changement subit et généralement décisif, en bien ou en mal. C’est un accident atteignant une personne en bonne santé apparente, ou une aggravation brusque d’un état  chronique. Cela peut être  aussi une attaque, une atteinte ou une poussée. Notons que certaines crises sont prévisibles, mais que le malade n’en perçoit pas ou ne veut pas percevoir ses signes avant coureurs. De nombreux fumeurs, buveurs connaissent les risques encourus mais perpétuent leur addiction.

La crise est aussi une manifestation émotive, soudaine, violente et spectaculaire. Il s’agit alors d’une crise de nerf, de colère, de rage, de pleurs, de dégout ou de mélancolie.

En politique, la crise est une période pendant laquelle un gouvernement démissionnaire n’est pas remplacé par un nouveau. Elle prend des allures de putsch, de rebellions, de menaces de guerre et de crises humanitaires. On parle de crise diplomatique ou internationale soulignant une tension ou un conflit. Depuis l’avènement de la conscience des effets de l’humanité sur le climat et les ressources naturelles, la crise est écologique et démographique.

Et dans la sphère économique, la crise est un marasme, une impasse, une récession, une dépression. Les crises depuis le début du 20ème siècle sont financières, immobilières, agricoles, industrielles, voire même de croissance. Elles sont précédées d’une « bulle » internet ou boursière.

Aujourd’hui, la dernière crise, dont les effets visibles émergèrent en 2008 est taxée de systémique, transformatrice et globale.

N’oublions pas les crises de confiance, les crises religieuses, les crises de civilisation, les crises sociétales et les crises de l’adolescence, de la quarantaine ou de la cinquantaine.

La sphère managériale dont vous faites partie n’est ni plus, ni moins concernée par les crises que dans les autres contextes de vie. Les managers qui pensent que les crises sont anormales ne peuvent pas les affronter.

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1 commentaire

Emmanuel Portanéry

La crise comme preuve de passage entre un état et un autre , comme l ‘ adolescence par exemple .
Les alchimistes parlaient de « l ‘œuvre au noir , l’ œuvre au rouge , l ‘ œuvre au blanc » , avec l ‘ idée que la matière se transforme quand la température monte ; ce qui occasionne l ‘ apparition de nouvelles propriétés inconnues jusqu’ alors : le métal peut devenir plus flexible et peut se travailler sans rompre ; ne dis t on pas que les meilleures lames des sabres Japonais anciens ont été trempées milles fois……
Ainsi va sans doute la vie de l ‘ entreprise aussi : une crise peut être salutaire , et permettre au système de se transformer, de se renouveler en profondeur ; dans de nombreux cas cela peut se révéler bénéfique ? à condition toutefois d’ évaluer le bénéfice à plus long terme que les 3 mois qui suivent la crise ?
Dans certains cas , les éthologues pensent que les crises renouvellent la Vie. C ‘ est bien sur un point de vue.
Bien Cordialement

Emmanuel


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A propos de l’auteur


Jean-Louis Muller

Expert auprès de Cegos, leader européen du conseil et de la formation au management , Jean-Louis Muller intervient sur les offres internationales « Leadership » , « Change » et « Time » ainsi que du développement de la multimodalité. Il accompagne des équipes dirigeantes lors des transformations de leurs entreprises ou de leurs organisations publiques. Il contribue à la diffusion des démarches sytémiques auprès des managers et chefs de projets.

En parallèle, il est chargé de cours à l’université Paris 9 Dauphine où il conçoit et anime deux modules du Master Management Global.

Auteur de nombreux ouvrages, il dirige également depuis sa création en 1998, la collection « guides pratiques Cegos » chez ESF éditeur.

Il a coordonné le « guide du management et du leadership » paru récemment chez RETZ.

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