S’octroyer sept pouvoirs sur sa vie

Jean-Louis Muller, publié le

Le pouvoir dans son sens « je peux » est un potentiel de développement personnel. Chacun peut s’épanouir, mais aussi se limiter. La confiance accordée par les autres résulte pour une part de la confiance en soi. Par exemple, celui ou celle qui pense : « ils vont me trouver ridicule si j’expose mon idée » attire les critiques, renforçant ainsi sa conviction.

Quels sont les pouvoirs à conquérir sur soi ?

Le pouvoir d’exister :

C’est le fondement des six autres. Il consiste à s’octroyer dans l’entreprise un territoire légitime où une part des règles du jeu dépend de soi. La carence de ce pouvoir conduit à la transparence exacerbée et n’être rien. S’y agripper à outrance mène à la rigidité.


Le pouvoir de prendre des initiatives :

Il s’agit ici d’explorer son environnement et d’agir en se donnant des permissions : être curieux, être intuitif, fouiner, et donc saisir des opportunités. Ce pouvoir rend acteur. C’est avec lui que l’on pilote sa trajectoire professionnelle.


Le pouvoir de se différencier :

Ce pouvoir est une ouverture sur des besoins vitaux : devenir autonome et se percevoir comme un être unique. Faire partie d’une entreprise n’oblige pas à en être son prolongement. C’est lui qui permet de s’affirmer, et de s’opposer quand il le faut. Il sert à réguler les critiques, les réclamations, les conflits, les demandes d’arbitrage et de négociations. En résumé, il sert à vivre tranquillement les contradictions et dysfonctions inhérentes à l’activité professionnelle.


Le pouvoir de décider :

Ce pouvoir affirme encore plus l’autonomie personnelle tout en testant les limites de la réalité et les réactions de l’entourage. Il permet de tirer les enseignements des expériences vécues. Et donc d’assumer les effets des choix et des actes. Il confère de la puissance car il produit un impact sur les autres.


Le pouvoir d’être stratège :

La stratégie est tout d’abord le résultat d’une anticipation de l’action. C’est une activité intellectuelle. Elle requiert des capacités prévisionnelles. Elle donne une vision du résultat attendu à long terme. Chaque action quotidienne devient ainsi l’objet d’une estimation. Dois-je m’engager ? Dois-je différer ? Annuler ? Infléchir ? Dans quel sens ? Le comportement stratégique n’est pas spontané, naïf et entier. Il est réfléchi, calculé, étudié.


Le pouvoir d’intégrer ses expériences et celles des autres :

La rencontre des influences et des stratégies est assurée par ce pouvoir. L’entreprise est un lieu où coopèrent des différences : métiers, intérêts, trajectoires sociales, cultures hétérogènes, diversité démographique et sexuelle. Ces différences sont à la fois des contraintes et des opportunités d’enrichissement mutuel. C’est le pouvoir qui conduit à accepter de vivre des situations où les échanges entre les partenaires sont régis par la confrontation de leurs pouvoirs respectifs. Le désordre est ici un indicateur de mouvement et de vie.


Le pouvoir de se recycler :

Comme son nom l’indique, ce pouvoir permet de se recycler. Grâce à lui, sont franchies avec sérénité les différentes phases de la vie. Il est le garant de l’évolution par des reconstructions successives. Chaque virage de la vie : promotion, mutation, mariage, départ des enfants, deuil, retraite… doit s’accompagner d’un réexamen des six pouvoirs précédents. C’est aussi l’occasion de revisiter ses valeurs, en particulier remplacer celles contraignantes par des plus souples.

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6 commentaires

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Niki Mask

Oui, c’est génial (et bien écrit), se dit-on en écarquillant les yeux, Mais comment fait-on pour conquérir ces pouvoirs qui dont on est, par définition privé, en raison des habitudes, faiblesses, ornières et contraintes dans lesquelles on s’est installé … par la force des choses. Suffit-il de vouloir ?


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jlmuller

Bonjour
Votre question apparemment simple, renvoie à une dialectique plus complexe. « Vouloir, c’est pouvoir » est de mon point de vue un excès de langage amplifié par des gourous promettant monts et merveilles. Croire que les individus peuvent se libérer complètement des contraintes historiques, physiques, sociales, culturelles et économiques est une illusion. Ceci étant posé, certains accomplissent des projets qualifiés d’impossibles pour les autres. Ils osent s’affranchir de contraintes communément admises.
L’autre pole de cette dialectique est : « qui ne tente rien, n’obtiens rien ». Celles et ceux qui attendent des autres la reconnaissance et la satisfaction de leurs besoins s’installent dans des postures victimaires.
J’attends avec impatience votre contribution sur cette dialectique qui interpelait en son temps les stoïciens.


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Emmanuel Portanéry

Bonjour ,

Je suis d’accord sur ces 7 pouvoirs de Vie à utiliser au mieux en entreprise ; cela me renvoie à l’idée d’oser prendre ses pouvoirs , car , comment influencer autrui sans pouvoirs ? que ce soit en management classique , en management transverse , en leadership, pouvoir et influence me semblent intimement liés .

Le pouvoir de l ‘Expertise :
qu’il soit d’ordre technique, juridique, commercial, fiscal, marketing ou autre, être reconnu comme expert vous confère une autorité stratégique ; un ouvrier qualifié, un vendeur compétent, peuvent « vendre » cette spécificité auprès de leur hiérarchie. Si vous êtes le seul à posséder votre expertise, votre pouvoir est vite reconnu.

Le pouvoir attribué par l’Extérieur :
certains postes en relation avec l’environnent : commercial, chargé de relations presse, chercheurs en relation avec le CNRS, chef de chantier collaborant avec d’autres sociétés, peuvent détenir ce pouvoir ; de même le salarié président d’un club ou d’une association.

Le pouvoir de l’Information :
connaitre une info stratégique, la divulguer ou non, informer, transmettre, être ou devenir une source de pouvoir dans l’organisation par le fait d’être un des seuls à savoir quelle décision va être prise bientôt ; pour autant , tout garder pour soi ou tout divulguer peut s’avérer dangereux.

Le pouvoir d’incarner les Règles:
si vos collaborateurs vous pensent soumis aux règles du système pieds et poings liés , vous perdez en crédibilité; avoir « son mot à dire » est une preuve d’autonomie et de crédibilité ; de même , savoir quelles sont les règles et codes non écrits de l’entreprise permet par moments de les respecter, de les interpréter, de les contourner , de les créer.

Le pouvoir de Récompenser et de Sanctionner:
le pouvoir hiérarchique par nature ; si vous avez une influence sur les salaires et les primes, vos collègues vous attribuent de fait du pouvoir; une sanction assumée, une promesse tenue renforcent celui ci; attention au chantage : menacer quelqu’un et ne pas aller jusqu’au bout fragilisera votre pouvoir.

Le pouvoir de l’Incertitude:
aux USA, certains affirment qu’un leader se remarque au nombre d’incertitudes qu’il est capable de gérer ; si vous abordez les situations mouvantes et complexes avec une belle sérénité, un « phare dans la tempête », les autres seront bien plus enclins à vous suivre que si vous abordez la nouveauté avec inquiétude.

Le pouvoir de la Confiance :
a long terme , les relations de confiance sont « payantes » ; conseils judicieux , aide appropriée, moments relationnels sincères, construisent des relations d’influence réciproques et durables; grâce à cette « vraie » collaboration, les sociétés traversent les épreuves renforcées, dans le bénéfice des personnes, des clients , de l’organisation.

Le pouvoir de Nuire:
nuire aux autres est un pouvoir très visible à l’heure des spams sur internet : 90% du total des messages envoyés chaque jour sur la toile ; tel Roubachof dans « Germinal », il arrive aussi que celui qui ne s’estime pas reconnu par ailleurs, utilise ce pouvoir pour être enfin visible au yeux de la société ; dans un système mondialisé ou la circulation des infos est permanente , nuire aux autres, c’est aussi cependant nuire à soi même.

Je suis partant pour utiliser nos pouvoirs positifs afin de créer un monde auquel nous avons envie d’appartenir.

Bien Cordialement

Emmanuel


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Avatar de jlmuller

jlmuller

Bonjour Emmanuel , co auteur du livre « Persuadez avec honnêteté » publié chez ESF.

Merci pour ces apports complémentaires. Ils enrichissent le débat et la recherche sur cette problématique.


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aide avocat divorce

Votre débat est intéressant , et merci aussi à Emmanuel qui étouffe l’information ; merci encore !


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avocat argenteuil

Bonjour, cette article est très intéressant, je vous suis depuis longtemps, bonne continuation, http://www.cjavocats.fr


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A propos de l’auteur


Jean-Louis Muller

Expert auprès de Cegos, leader européen du conseil et de la formation au management , Jean-Louis Muller intervient sur les offres internationales « Leadership » , « Change » et « Time » ainsi que du développement de la multimodalité. Il accompagne des équipes dirigeantes lors des transformations de leurs entreprises ou de leurs organisations publiques. Il contribue à la diffusion des démarches sytémiques auprès des managers et chefs de projets.

En parallèle, il est chargé de cours à l’université Paris 9 Dauphine où il conçoit et anime deux modules du Master Management Global.

Auteur de nombreux ouvrages, il dirige également depuis sa création en 1998, la collection « guides pratiques Cegos » chez ESF éditeur.

Il a coordonné le « guide du management et du leadership » paru récemment chez RETZ.

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