Les managers seraient ils des souffre- douleur ?

Jean-Louis Muller, publié le

Il fut un temps, honni par les uns, regretté par les autres, où les chefs étaient respectés par les subordonnés. Aujourd’hui, dans les entreprises en réseaux, mouvantes et complexes, les relations hiérarchiques se sont assouplies. Le respect change de nature et parfois, se mue en irrespect. Les relations au sein des entreprises sont influencées par les mœurs sociales. Les injures, insinuations et invectives sont mises en exergue dans les univers politiques, sportifs et artistiques et débordent dans les organisations.

Les pressions des clients et des concurrents, l’état d’urgence permanent,  la tendance à demander à faire plus avec moins, la peur de l’avenir, l’éloignement des dirigeants, débouchent parfois sur des accès de violence. Le manager, « responsable sous la main », devient la surface de projection de l’agressivité des collaborateurs. Les attaques abondent : « Vous êtes incapable d’obtenir des moyens supplémentaires !», « vous êtes un agent du libéralisme ! », « Vos réunions sont inutiles ! », « vous êtes indigne d’être manager ! »…et bien d’autres encore. Ces invectives sont accompagnées de cris et de gestes intempestifs. Le tutoiement remplaçant le vouvoiement.

Le manager qui pense que ces phénomènes sont adressés à sa personne se sent vite fragilisé. Il est alors tentant de répondre du « tac au tac », sur le même ton. Cette réaction nourrit une escalade symétrique : agression, contre agression, contre agression de la contre agression…jusqu’à la rupture ou le procès. Le manager est alors  comme l’autre, agressif et irresponsable.

La  représentation institutionnelle est l’une des fonctions du manager. Le titulaire de ce rôle doit en être digne et lui faire honneur à tout moment.

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1 commentaire

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psgroi

OUI pour le constat, les managers sont des souffre-douleurs. en tous cas, ils sont de plus en plus nombreux à le ressentir et à le dire, en particulier dans les salles de formation, lieux d’expression privilégiée d’un mal être certes pas nouveau mais qui s’intensifie.
Cet état de fait s’aggrave d’une circonstance pénalisante. Non seulement le moderne manager ne peut plus répliquer à l’ancienne et envoyer paître les récriminants. Mais en plus, il doit se protéger de tous côtés pour ne pas risquer de tomber sous le coup d’un manquement à sa Respoinsabilité Sociale et se voir sacrifier sur l’autel du harcèlement…
Sous les coups de butoirs de l’urgence qui lui font perdre le peu de lucidité qui lui reste la pression monte. Non seulement il souffre en silence mais en plus il se vit comme condamné à l’impuissance!
De là à déprimer…


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A propos de l’auteur


Jean-Louis Muller

Expert auprès de Cegos, leader européen du conseil et de la formation au management , Jean-Louis Muller intervient sur les offres internationales « Leadership » , « Change » et « Time » ainsi que du développement de la multimodalité. Il accompagne des équipes dirigeantes lors des transformations de leurs entreprises ou de leurs organisations publiques. Il contribue à la diffusion des démarches sytémiques auprès des managers et chefs de projets.

En parallèle, il est chargé de cours à l’université Paris 9 Dauphine où il conçoit et anime deux modules du Master Management Global.

Auteur de nombreux ouvrages, il dirige également depuis sa création en 1998, la collection « guides pratiques Cegos » chez ESF éditeur.

Il a coordonné le « guide du management et du leadership » paru récemment chez RETZ.

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