Pratiquez vous les questions impertinentes ?

Jean-Louis Muller, publié le

La méthode des « questions impertinentes » consiste à s’engager ou à engager une équipe sur des voies inexplorées. Il s’agit en fait de briser les routines et le conformisme ambiants. Lorsque cette démarche est effectuée collectivement, il est utile de choisir un « poseur de questions » qui note les réponses en censurant la censure. Dans un premier temps, la quantité d’idées prime sur leur qualité.

Voici des exemples de questions « impertinentes » :

« Qu’est ce que l’on peut faire de mieux qu’aujourd’hui? »

Cette question est une entrée en matière. Elle inscrit la réflexion dans une allure d’amélioration de l’existant. Elle convient bien, pour débuter avec des ingénieurs et techniciens habités par des logiques rationnelles. Elle limite les peurs et les résistances au changement en s’inscrivant dans une démarche de petits pas vers des progrès continus.

« Et si on faisait autrement, alors que nous n’avions pas osé le faire jusqu’à aujourd’hui? »

Cette question induit une rupture avec les pratiques passées. Elle est d’autant plus pertinente lorsqu’un incident surgit, un processus est défaillant, un client est mécontent. L’appétence à trouver une solution en rupture avec le passé naît du besoin de corriger une situation insatisfaisante. Prendre une telle direction, c’est intervenir sur un désordre que l’on ressent et y apporter un ordre que l’on ressent comme meilleur. La recherche de nouvelles solutions, certes, met en œuvre des réflexions et des actions mais elle est fondamentalement émotionnelle.

« Qu’est ce qui nous en empêche? »

Après avoir listé les toutes les solutions trouvées, possibles et « impossibles », il convient de les reprendre une à une et de repérer ce qui empêche de les mettre en œuvre. Empêchements d’ordre financiers, liés aux carences de compétences, au manque de temps, aux possibles contestations, à la rupture avec la culture et les valeurs actuelles…

« Et si on le faisait quand même, que se passerait-il ? »

Les empêchements étant le plus souvent des représentations mentales, des fantasmes et des inhibitions il convient d’envisager les conséquences de chaque solution. Il s’agit aussi d’anticiper les risques et les effets pervers de chaque solution. On peut à cet effet poser une question subsidiaire : « Sommes-nous prêts à assumer les impacts de cette solution ? »

« On aura réussi si ? »

Cette question permet de circonscrire les critères de réussite de telle ou telle solution. Pour être pertinents, ces critères doivent être mesurables, observables par d’autres et datés. Il est utile de rajouter des critères subjectifs et affectifs tels que : « nous serons enthousiastes » ou « nous nous sentirons soulagés ».

« Plus jamais çà! »

Enfin, et ce n’est plus une question mais une affirmation, le « plus jamais ça ! » est une occasion de se dire et de partager les points douloureux de la situation actuelle. Ce serait en effet dommage de trouver des solutions qui n’éradiquent pas les démons actuels : accord de façade, passivité, critiques intempestives…

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A propos de l’auteur


Jean-Louis Muller

Expert auprès de Cegos, leader européen du conseil et de la formation au management , Jean-Louis Muller intervient sur les offres internationales « Leadership » , « Change » et « Time » ainsi que du développement de la multimodalité. Il accompagne des équipes dirigeantes lors des transformations de leurs entreprises ou de leurs organisations publiques. Il contribue à la diffusion des démarches sytémiques auprès des managers et chefs de projets.

En parallèle, il est chargé de cours à l’université Paris 9 Dauphine où il conçoit et anime deux modules du Master Management Global.

Auteur de nombreux ouvrages, il dirige également depuis sa création en 1998, la collection « guides pratiques Cegos » chez ESF éditeur.

Il a coordonné le « guide du management et du leadership » paru récemment chez RETZ.

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