Résultats tagués Greenwashing

 

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Plus que jamais, la simplicité est dans l’air du temps. A tel point que ce sera (petite avant-première ;) un des sujets forts dans le prochain numéro du mag L’Entreprise. Dans un papier bien troussé publié ce lundi 25 janvier, La Tribune montrait que l’argumentaire marketing autour des produits "sans" est de mise. "Sans paraben", "sans colorants", "sans matière grasse", "sans conservateurs",  "sans pesticides", "sans OGM", "sans phosphates", "sans travail des enfants", "sans sucres ajoutés", sans … (si vous avez d’autres suggestions, n’hésitez pas :p ).

Le phénomène est patent dans les secteurs de l’agroalimentaire (à relier au succès des produits bio notamment), et de l’hygiène-beauté. Un phénomène qui "a émergé aux ertats-Unis au début des années 2000 sous l’influence de groupes de pression, avant d’atteindre la France 2 ans plus tard", précise dans le même papier Babette Leforestier, de TNS Sofres Intelligence (et auteure – passionnée et passionnante, à chaque interview que j’ai eue avec elle – du fameux Marketing Book, étude annuelle sur les tendances de conso).

On le sait, l’ère est aux produits épurés, les plus simples possible. Je sais, c’est éculé, mais cela va de pair avec notre époque où l’on est à la recherche de produits authentiques, sûrs, traçables, etc, et où l’on aspire à plus de transparence.

Reste, pour les industriels, à se positionner dans cette vogue des produits "sans" (ou en tous cas avec "moins"). Certes, cela leur coûte plus cher : ils doivent revoir leurs formules, trouver des substituts aux composants (souvent plus chers) aux composants habituels, réinvestir en R&D… Mais cela leur permet de tenir un nouveau discours, voire de le "verdir" un peu. Bref, à pratiquer un peu de greenwashing, mine de rien :)

Dans l’agrolimentaire, il suffit de voir le succès des laitages "sans lactose" ou bio, avec l’exemple des yaourts Vrai (une petite marque perçue comme une alternative aux multinationales telles que Danone), comme j’en parlais dans ce billet.

En cosméto, les produits "sans paraben" ou "sans sels d’alumininim" (composants qui pourraient être potentiellement cancérigène) montrent que la marque a l’intention de changer, et qu’elle prend en compte les nouvelles préoccupations du consommateur. Cela lui permet de s’afficher comme soucieuse de l’environnement, du principe de précaution… Pratique, par exemple si la marque ne veut pas sauter le pas du bio (qui lui reviendrait encore plus cher). Du même coup, elle peut faire accepter au consommateur un prix supérieur !

Ce qui est intéressant est que cette tendance touche même des produits d’entrée de gamme, comme la crème historique Nivea crème (le fameux pot bleu), présentée comme "sans paraben – Sans conservateur – 100 amour". Vous avez sans doute remarqué la campagne d’affichage déployée pour l’occasion. Et pour cause : autant les campagnes précédentes s’accompagnaient d’une signature comme "La beauté est un choix", autant, ici, le slogan "Depuis toujours, du soin et rien d’autre" vise à ancrer le produit dans le passé, lui créer une histoire, les codes et les couleurs propres à la marque étant respectés. Le passage au thème santé et environnement se veut comme une évidence, sans être une rupture nette.

Le risque ? Les industriels sont forcément tentés de biaiser leurs discours. Comme par exemple avec les yaourts Sveltesse "Nature de fruits sans édulcorant, ni colorant de synthèse, ni conservateur"… mais avec sucre ;) .

 

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Green business (voire greenwashing), quand tu nous tiens… 
Les Echos et le WSJ l’ont annoncé ce midi, le groupe LVMH serait bientôt allié à Bono dans la mode. Le groupe de luxe (propriétaire des Echos) s’apprêterait à prendre une participation proche de 50% au capital de Edun, une société de vêtements ‘éthiques’ lancée par le leader de U2, groupe-phare de rock des années 80.

Bernard Arnault, le patron de LVMH, a confirmé pendant l’AG du groupe ce matin qu’il y avait bien un accord avec Edun.

Depuis ces dernières années, Bono a davantage fait parler de lui dans les médias pour ses engagements humanitaires que pour avoir rempli les salles de concerts.

Sur le fond, depuis quelques années, le phénomène des stars green envahit Hollywood. En toute bonne foi bien sûr, mais aussi pour faire la différence dans leur personal branding, les people – Julia Roberts, Cameron Diaz, Leonardo di Caprio, Brangelina… mettent en avant leurs initiatives pour sauver la planète. Au risque d’être fliqués par les ecorazzis, ces paparazzis de l’environnement, en vogue aux US, dont je parlais l’année dernière dans ce billet.

Bono est aussi devenu un très bon businessman. Car Edun est une affaire qui marche : depuis son lancement en 2005, elle s’est spécialisée dans les vêtements de coton bio produits dans des pays émergents comme l’Inde et le Pérou. Elle soutient les entrepreneurs locaux qui veulent développer leurs affaires. L’objectif est de ‘rentabiliser’ les ressources et les talents locaux, tout en prenant en compte les lois locales dans le domaine du travail.

Chaque jean Edun comporte d’ailleurs la mention "Nous montrons partout dans le monde qui sont ceux qui ont fabriqué nos vêtements". Conformément à la définition du commerce équitable, l’éthique est respectée est vérifiée à chaque étape de la chaîne de production : ainsi, dans la chaîne de confection, les ouvriers doivent percevoir un salaire juste et l’entreprise ne recrutera pas d’enfants.

Du coup, LVMH fait coup double : elle s’associe à l’initiative d’une star de musique. Et "verdit" son image, en s’associant à une petite entreprise, une marque déjà connue par les afficionados du textile éthique.

Un genre d’initiative qui est dans l’air du temps : rien de tel pour une grande marque que de prendre une participation au capital d’une PME connue sur un créneau précis. Et acquérir ainsi une coloration alter-éco, éthique et écolo auprès du consommateur. On se souvient de Coca-Cola qui s’invitait chez Innocent pour 33 millions d’euros… la prise de participation de la multtinationale Coca Cola dans Innocent, petite entreprise devenue la star des smoothies, et qui se faisait fort de mettre en avant ses principes éthiques (bilan carbone, suivi des filières, commerce équitable…), comme j’en parlais .

Reste à savoir si la greffe prendra. Et si, pour Innocent comme pour Edun, le consommateur croira à cette nouvelle virginité.

 

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Il fallait s’y attendre. Plusieurs annonceurs ont été régulièrement épinglés pour excès de greenwashing, notamment dans le secteur aotomobile, avec certaines de leurs campagnes (je vous renvoie à ce billet de Sébastien Pommier sur l’opé de Land Rover, ainsi qu’à ce diaporama de campagnes ‘trop’ green par Joséfa Lopez, sur L’Entreprise.com), y compris par les associations écolos.

Du coup, les professionnels de la publicité ont décidé de tout mettre en oeuvre pour éviter les recours aux arguments écologistes exagérés. Au second semestre 2008, en la matière, l’ARPP (ex-Bureau de Vérification de la Publicité), dotée d’un "jury de déontologie", a été sollicitée par des agences et annonceurs pour apporter 937 conseils en la matière.

L’Association des agences conseils en communication (AACC), qui rassemble les professionnels de la publicité, annonce même la création d’un indicateur, qui permettra de mesurer l’impact écologique des campagnes publicitaires, apprenait-on au détour d’un article dans le supplément management de La Tribune de lundi dernier. La question étant : selon quels critères cet indicateur sera réalisé ? Et surtout, avec qui ? Le risque étant que cette démarche relève de l’autorégulation (démarche que tentent aussi d’adopter les annonceurs dans le domaine de la publicité alimentaire, comme je l’évoquais ).

Par ailleurs, l’AACC annonce qu’elle participera cette année à la rédaction d’un guide contre le ‘greenwashing’ réalisé par l’ADEME.  A suivre…

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Lu dans la dernière édition de la newsletter We Love New de Dufresne Corrigan Scarlett, la designer polonaise Katarzina Okinczyc a lancé avec le photographe Remigiusz Truchanowicz 60 BAG, un sac qui se dégrade… en 60 jours. Cerise sur le gâteau, ce sac green ne nécessite pas de processus coûteux de recyclage : on peut en faire du compost, et il se désintégre dans un incinérateur.

La start-up a d’ailleurs reçu un Green dot Award.

Ce sac a été réalisé à partir d’un procédé innovant, développé en Pologne, qui combine du lin, du viscose et des fibres issues de déchets industriels recyclés. Mieux, il ne nécessite pas d’utiliser des ressources naturelles et requiert un minimum d’énergie durant sa production, précise le site. Forcément, 60BAG est présenté comme "une opportunité commerciale pour les sociétés qui soutiennent le style éco-friendly".

De la même épaisseur que les traditionnels sacs plastiques, ces sacs sont disponibles dans différentes tailles et formes. Une bonne idée pour toute marque : un emballage écolo est en soi une manière de communiquer sur ses valeurs, et rattacher sa marque à des valeurs écolos sans sombrer  dans le greenwashing

Assurément, le sac recyclable a le vent en poupe, quel qu’il soit – sac en plastique recyclable, sac réutilisable en plastique épais, et bie nsûr les sacs en coton ou lin. 60BAG (qui peut être personnalisé aux couleurs d’une marque) arrive dans un contexte adéquat…

Le sac en plastique à usage unique, apparu dans les années 60, est devenu le symbole de la consommation de masse. Distribué gratuitement par les magasins, sa gratuité pèse lourd sur notre planète en terme de ressources et de pollution. Du coup, les marques commencent à se convertir à l’idée de distribuer soit uniquement des sacs payants, soit ne plus en distribuer du tout. Elles réalisent dans la foulée des économies conséquentes. Cela fait ainsi partie du business model de Leader Price depuis des années (les sachets y sont payants). D’autres marques de grande distribution s’y sont converties, comme Décathlon ou Carrefour.

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La revue de presse quotidienne est parfois l’objet de découvertes surprenantes. Cet après-midi, je mets la main sur un (des rares) exemplaire de La Tribune qui traine à la rédaction de L’Entreprise. Daté du 9 février, je le feuillette rapidement, à la recherche de l’actualité des PME. Je tombe tout d’abord sur un article qui retient mon attention, page 14, sur la société Angénieux, que l’on a d’ailleurs évoqué en conférence de rédaction un peu plus tôt, et qui a été récompensé à Hollywood, d’un oscar pour avoir fabriqué des objectifs 35 mm qui font le bonheur des chef- opérateurs outre-Atlantique.

A la page d’en face, la rubrique « Green Business », l’une des pionnières dans la presse écrite quotidienne. Un choix courageux, que je salue, mais qui aujourd’hui m’a fait bondir de ma chaise. L’objet de mon courroux concerne un publi-rédactionnel qui occupe la moitié de la page, un « publi » commandé par…Land Rover ! Quelle surprise ! Qu’est-ce qui peut bien motiver cette fameuse marque britannique à communiquer dans cette page ?

Un nouveau moteur hybride ? Un prototype de 4×4 « vert » ? Non, déception. Land Rover se revendique être « le premier constructeur automobile à s’engager volontairement dans un programme de compensation des émissions carbone ». Autrement dit, on reconnait produire des véhicules polluants, mais plutôt que d’essayer de les rendre plus propre, on décide de financer  une centrale thermique dans l’Oblast d’Arkhangelsk, une entité fédérale russe du  nord-ouest du pays , densité : 2,28 hab./km2 . Ca ne s’invente pas. On appelle cela du « greenwashing ».

Je prends pour témoin, le modèle amiral de la flotte, le Range Rover 3.6 L Diesel avec « 2 turbo compresseurs à géométrie variable », il affiche 299 g de Co2/km. Je n’ose même pas me renseigner sur la version sport. Je me suis donc livré à un petit exercice de mathématiques. Supposons que ce véhicule parcourt quotidiennement 30 kms par jour (en Russie où non c’est pareil), sur un an il aura généré plus de 32 tonnes de Co2. On a connu plus « vert »…

  
A l’heure ou la majorité des constructeurs communique sur leur réduction des émissions de gaz à effet de serre, à l’heure des moteurs hybride, des primes et bonus écologiques, se « payer » une demi-page « verte » de publi-rédactionnel dans un grand quotidien économique, est un curieux choix marketing. Vous avez-dit « green business » ? 

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