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Stop au web marketing intrusif… Dans le cadre de son vaste chantier du « droit à l’oubli numérique », Nathalie Kosciusko-Morizet, réunissait la semaine dernière, les représentants d’une dizaine d’associations qui gravitent autour de la pub online. Objectif pour ces acteurs de l’économie numérique : signer une charte de « bonnes pratiques » afin d’assurer une meilleure protection des internautes face aux publicités ciblées.

Préambule de la Charte sur la publicité ciblée et la protection des internautes

En effet, les campagnes de marketing direct sur internet, devenues omniprésentes, sont souvent jugées très « intrusives » par les internautes, qui, il est vrai, sont aujourd’hui plus inondés de pop-up sur l’écran que de prospectus dans la boîte aux lettres. Aujourd’hui, le ciblage comportemental est un levier important pour ces marques qui, concurrence coriace oblige, doivent se démarquer et fidéliser l’internaute.

A son insu, l’internaute laisse des traces. Et désormais, il devra pouvoir le savoir. En signant la charte, les associations s’engagent à indiquer le moyen de collecte des données. Et elles devront également « informer les internautes sur les critères de conservation des données de navigation, applicables par défaut, en l’absence d’intervention de leur part ». Mais ce sera à l’internaute de faire la démarche. Les cookies, ces petits mouchards qui permettent de stocker des informations sur les préférences d’un utilisateur (site, panier d’achat…), devront voir leur durée de vie se limiter à 60 jours. Toutefois, les professionnels se réservent le droit d’appliquer des durées « proportionnées à la durée de cycle d’achat de produits ou services promus ». Enfin, les associations professionnelles recommandent que les opérateurs publicitaires généralisent les techniques de « capping », un dispositif qui vise à plafonner le nombre de publicité, sans toutefois préciser le nombre maximal.

Une charte sans aucune valeur contraignante, mais qui pourrait s’inspirer de ce qui se passe outre-Atlantique. Aux Etats-Unis  les internautes auront bientôt la possibilité de déposer des plaintes auprès de la Direct Marketing Association.

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L’étude peut laisser perplexe. Mais elle reflète une certaine insousciance des consommateurs.

La société CoreMetrics, éditrice de solutions d’optimisation du marketing et de la vente en ligne, vient de publier une étude sur le ciblage comportemental, une technique de marketing qui consiste à cibler les internautes à partir de leur comportement sur un site, face à la pub… Voire à partir de son comportement sur Internet (sur quels sites il va picorer ou s’attarder), grâce à des petits mouchards très discrets, les cookies.

Intrusif, limite en termes de respect de la vie privée de l’internaute, le flicage "ciblage" des comportements del ‘intenraute fait encore débat, alors que Google a annoncé la semaine dernière son nouveau joujou en la matière (censé lui drainer des annonceurs), comme j’en parlais , et comme Benjamin Ferran le décryptait ici.

Du coup, je me suis penchée ave curiosité sur l’étude de CoreMetrix (forcément juge et partie sur le sujet…).  Evidemment, à l’en croire, les consommateurs adooorent le ciblage comportemental : 62% se déclarent satisfaits par cette technique. Bon.
 52 % pensent même qu’ill les aide à découvrir des produits nouveaux et intéressants, 49 % estiment qu’il attire bien leur attention sur les offres et les promotions et qu’il peut leur faire gagner du temps, et 30 % estiment qu’il peut leur faire faire des économies.

Ce qui m’a titilée est que (seuls) 24% déclarent qu’il s’agit d’une atteinte à leur vie privée.

C’est du côté des annonceurs que ces techniques suscitent le plus de craintes, dont 51% estiment  que les consommateurs ont une opinion négative du ciblage comportemental, et que cette stratégie marketing doit être renommée pour paraître moins agressive. Peut-être parce qu’ils connaissent  mieux le ciblage comportemental et son mécanisme que les consommateurs ? Seuls 24% pensent que les consommateurs sont intéressés par ce sujet.

Une forte méfiance des annonceurs donc, pour cette esquisse d’un format publicitaire qui vise à retracer les comportements des internautes – et donc leur profil de consommateur – pour mieux les identifier, non sans dangers et nouvelles questions éthiques.

L’auteur


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