Lorsqu’un géant du hard-discount décide de vendre des marques, le moins que l’on puisse dire c’est que ça fait des vagues. Voici quelques mois, en pleine crise, le modèle du hard-discount était plébiscité des français. On voyait même pointer des enseignes qui revendaient des produits « du jour » ou périmés, à prix ultra cassé.
Il faut croire que la grande marée du hard-discount est en train de perdre de la force, puisque désormais, des hard-discounters comme Leader Price, introduisent des marques dans leurs rayons afin de contrer l’offensive des distributeurs classiques. En effet, les Leclerc, Carrefour, Système U, se sont mis (eux aussi) à proposer du « discount » via leurs marques distributeurs, Repère, Discount, ou 1er Prix. Conséquence, les clients reviennent dans la grande distribution, et les hard-discounters perdent des parts de marchés. De plus en plus urbains, ces derniers sont donc obligés de s’adapter. Une (r)évolution pour des magasins qui se félicitaient de proposer à leurs clients des produits « 100% Leader Price ».
Ainsi, ce sont 250 produits qui viennent gonfler l’offre (4000 références) de l’enseigne discount du groupe Casino. Coca-Cola, Nutella, Pampers, Evian, Président ou Danone. Si ces produits seront d’abord disponibles dans 160 magasins, l’offre sera étendue à la mi-octobre à l’ensemble du réseau (600 enseignes).
Plus globalement, cette offensive intervient dans un « plan de relance » de la marque qui s’accompagne d’un nouveau packaging, plus moderne, mais aussi d’un réaménagement des points de vente. Moins de « carrelage blanc », plus de couleurs, un éclairage nouveau, et des produits frais dès l’entrée du magasin. Des codes marketing qui tendent vers la référence du secteur urbain, le Daily’Monop. Si la guerre des prix a longtemps fait la loi dans le secteur de la distribution, c’est celle de l’image qui est désormais engagée.
Résultats tagués Coca-Cola
Source : Bionade
Un produit dérivé d’une marque-phare peut-il ringardiser celle-ci ? C’est peut-être pousser la logique jusqu’au bout, mais Coca-Cola a peut-être querlques soucis à se faire outre-Rhin.
Là, "LA boisson branchée du moment, c’est le Bionade, un soda bio, qui s’avère être "LE succès agro-alimentaire de ces dix dernières années" – rien de moins, comme l’explique Lionel-Dominique Guérin dans ce billet, sur Eco89.
Il ne s’agit nullement d’un simple succédané du Coca-Cola originel conçu par la multinationale américaine – dont la recette, de toute manière, est l’un des secrets de fabrication les mieux gardés au monde. Non, il s’agit d’une boisson recélant des saveurs telles que "sureau, litchi, orange-gingembre, plantes aromatiques, coing…", énumère avec gourmandise l’auteur. A l’en croire, l’entreprise allemande, qui a 15 ans d’existence, a vendu 200 millions de bouteilles pour la seule année 2007, contre… 3 millions en 2003.
Simple phénomène de mode lié au bio ? Volonté de consommer un produit dont on connaît la composition (ce qui, pour mémoire, n’est pas le cas pour le Coca original) ? Esprit frondeur des consommateurs, qui préfèrent opter pour une marque allemande, et ont ainsi l’impression de consommer plus "éthique" ?…
Un sacré pied de nez à Coca-Cola, en tous cas. En termes d’image notamment. Il est vrai que le Bionade est loin d’être le premier dérivé du Coca Cola. La différence est que, jusqu’à présent, chaque dérivé du Coca avait une consonnance culturelle locale, qui se voulait une alternative au Coca, porte-drapeau revendiqué de la culture US. Que ce soit le Mecca-Cola lancé par homme d’affaires franco-tunisien Tawfik Mathouthi, le Corsica-Cola (Corse, bien sûr)…
Là, avec le Bionade, plus qu’un Coca made in Germany, l’enjeu est de promouvoir une limonade bio, aussi présentée comme ses consommateurs comme moins sucrée et plus savoureuse, sans produits chimiques, sels, elducorants et autres composants étranges ne figurant pas forcément sur l’étiquette…
Mieux, il s’agit d’un Coca équitable, l’entreprise familiale Bionade se déclarant munie d’une "charte de pureté". L’entreprise étend même son réseau de distribution – à tel point qu’elle commencerait à être plus facile à se procurer que le Coca dans les hypermarchés… un comble, et est aussi distribuée dans les McDo.
Le Bionade est maintenant distribué un peu partout en Europe – sauf en France (dommage pour nous). Mais, avec un peu de chance, cela ne saurait tarder, le site étant déjà consultable en version française. A guetter, donc…
Eté oblige, un petit billet autour de boissons rafraîchissantees (non-alcoolisées bien sûr, ce n’est pas le lieu
me semblait idéal. Ca tombe bien en ce moment, soft drinks + marketing + innovation forment souvent une association recherchée par les marques de boisson en ce moment.
C’était (justement) censé être l’innovation du moment du côté de Coca-Cola. Depuis cette semaine, il propose aux New-Yorkais un nouveau soft drink, qui répond au doux nom de V!o, nous apprend Les Echos d’aujourd’hui.
Une "expérience sensorielle rafraîchissante", promet la multinationale d’Atlanta. Forcément, il faudra mettre le prix dans cette "vibrancy drink" (littéralement "boisson de vibration" – mmm, ça promet) : comptez 2,50$ pour la fiole bouteille de 24 cl (et non 25 cl, vous remarquerez la nuance) de boisson "au goût naturel", avec pour variétés fruits exotiques, fruits des bois, pêche-mangue et agrumes…
Le tout sans aspartames ni conservateurs, et pour une boisson qui apporte "15% des apports journalisters recommandés en calcium et de vitamine C", assure le groupe Coca-Cola. Bien. L’ennui étant que chaque bouteille comporte aussi 120 calories, 1,5g de matières grasses et 27g de sucre.
Autre souci, la boisson est… complexe, entre jus de fruits et boisson lactée : c’est en fait un lait écrémé sucré, mélangé à une eau pétillante et des arômes fruités.
Pas sûr, du coup, que le consommateur accroche, malgré le joli packaging (une bouteille en aluminium très design), qui risque de donner une coloration trop artificielle à la boisson. D
‘autant que, à mon avis, le consommateur associe spontanément le groupe Coca-Cola à des boissons telles que des sodas (le Coke en l’occurence, ainsi que Sprite, Nestea…), ou des boissons "énergisantes" (comme Burn), mais nullement à des jus de fruits. Quand bien même le groupe a racheté cette année Innocent, un des leaders en smoothies, (précision du 3 août : comme me le fait remarquer Macha, Coca Cola a en fait efectué une prise de participation au capital de Innocent – environ 20%, pour 33 millions d’euros tout de même) et avait racheté en 2001 Odwalla, petite marque californienne de smoothies bio..
D’ailleurs, à en croire Les Echos, les premiers sondages sur BevNet.com, site dédié aux soft drinks, nous apprend que ses premiers sondages en ligne à propos de V!o ne sont pas très bons. Mauvais signe pour le groupe, qui doit convaincre les consommateurs US avant d’envisager un développement mondial du produit.
Une petite Googlesearch nous apprend d’ailleurs a fait d’autres tentatives de boissons fruitées. Avec par exemple le discret lancement en Belgique de Nalu, "boisson fruitée revigorante" annoncée ici.
Le problème étant que, outre la difficulté pour le consommateur à situer ce produit dans l’univers du groupe Cola Cola, le produit est complexe, comme je le disais : un "lait gazeux" qui se conserve hors du frigo, mais dont la composition n’est pas mentionnée sur le bouteille dans sa version US.
Or en Europe, plus encore en France, les consmmateurs recherchent davantage de produits aux composants simples, authentiques, et bon marché. Des études récentes, comme celle de l’Unijus (Union nationale des producteurs de jus de fruits) montrent d’ailleurs la chute de la vente des jus de fruits frais (comme les "flash pasteurisés") et des smoothies (baisse du pouvoir d’achat oblige), encore perçus il y a un an comme des produits-stars, comme j’en parlais dans cette note.
Difficile, donc, de bousculer les habitudes des consommateurs avec des boissons trop artificelles, comme l’a montré le lancement contesté de VitaminWater, boisson "énergisante" – et très sucrée (4,6 g de sucre aux 100 ml, précisait Rue89), lancée elle aussi par Coca Cola.
Mise à jour du 3 août : autre exemple de boisson lactée étrange, que me cite mon collègue Alexandre Amrhein : celle de Rivella, une boisson gazeuse à base de lait et d’extraits de thé vert. D’origine suisse, elle est visiblement surtout proposée par les restaurateurs dans l’est de la France.







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