Ce sont entre autres Arrêt sur images et Les Echos qui s’en sont fait l’écho, la marque américaine de blousons Weatherproof Garment Company, s’est offert une campagne de publicité un peu particulière : une grande photo, placardée sur la façade d’un immeuble au carrefour de Times Square à New York, avec un visiteur souriant, à l’allure sportive, qui arpente la Grande Muraille – "Leader in Style", dixit le slogan. Et c’est littéralement le cas, puisque ce mannequin (d’un jour) n’est autre que… Barack Obama. Une initiative prise un peu vite par l’annonceur, ce que la Maison Blanche n’a nullement apprécié. En clair, Weatherproof a reconnu un de ses blousons porté par le Président, sur une photo d’actualité de l’agence AP, prise en novembre dernier lors de sa visite en Asie. Un joli portrait. Elle a pris l’initiative d’en racheter les droits, pour en faire une publicité… inhabituelle. Du coup, la Maison Blanche a demandé au fabricant de retirer l’affiche. Ce qu’il fera… mais pas avant le 22 janvier, signalent des quotidiens US, comme le NY Daily News. L’affaire n’est pas très simple. Certes, le cabinet du Président peut plaider le droit à l’image, et peut s’opposer à la captation et la diffusion de celle-ci – qui plus est à des fins commerciales. Sans compter l’atteinte à la fonction de Président. Mais aux Etats-Unis, le Premier amendement de la Constitution place la liberté d’expression comme première des libertés… ce qui est valable aussi dans le domaine publicitaire. Un texte dont les limites sont plutôt floues concernant le droit des personnalités politiques à contrôler l’utilisation de leur image à des fins commerciales, d’après les experts américains en droit à l’image. Barack Obama avait déjà été confronté à d’autres cas d’utilisations illicites de son image. Notamment lorsqu’il a figuré, bien à son insu, dans une publicité pour le "Blockberry Storm 9 500", une verson chinoise on ne peut plus contrefaite du fameux Blackberry de RIM, dont il s’était montré fidèle utilisateur lors de sa campagne électorale, comme j’en parlais dans ce billet. D’autres Chefs d’Etats se sont retrouvés porte-marques malgré eux. En France, l’argument du droit à l’image (article 9 du code Civil – voilà pour les détails), invoqué par Nicolas Sarkozy, n’a pas été retenu par le tribunal de Paris dans l’"affaire" des poupées vaudoues, en octobre 2008. Le tribunal invoquant la liberté d’expression et le "droit à l’humour". En revanche, il avait remporté une victoire, avec Carla Bruni, contre la compagnie aérienne Ryanair, en février 2008 : celle-ci avait carrément utilisé des photos du couple présidentiel pour illustrer une campagne d’affichage publicitaire – assez savoureuse d’ailleurs. Mais comme tout individu, il a pu s’opposer à la diffusion, sans son autorisation expresse, de son image, dont par un annonceur.







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