Résultats tagués Advertainment

J’ai déjà parlé dans cet article de l’advertainment, ce nouveau format publicitaire : les éditeurs de jeux  vidéos commencent à proposer aux annonceurs de placer de la publicité dans le jeu.

Ce néologisme américain (advertisment -publicité et entertainment – divertissement) consiste à offrir gratuitement aux annonceurs un film, un clip (ou autre produit artistique), ou une apparition dans le jeu, susceptible d’insérer la marque dans l’univers du jeu.

Dernièrement, pour la Wii, console à succès de Nintendo,  les agences DDB et DDB Entertainment ont annoncé le développement d’un véritable jeu vidéo, baptisé "Chaos à la maison", pour promouvoir… une gamme de mastics de la marque Rubson du groupe Henkel.

 

 

La tendance s’est confirmée début juin, du dernier salon E3 à Los Angeles.

L’éditeur Ubisoft espère ainsi capitaliser sur Les lapins crétins, un jeu vidéo à succès depuis son lancement en 2006, pour en faire une marque en soi.  Il a ainsi noué en avril un accord avec Copyright Promotions Licensing Group (CPL) pour gérer leurs droits dérivés. Bref, les mugs, jouets, T-shirts et cahiers scolaires devraient débarquer dans les travées de hypermarchés lors de lap rochaine rentrée scolaire. Ce qui permettra d’affirmer la "marque" Lapins crétins.

La seconde étape, pour Ubisoft, sera d’attirer les annonceurs. Déjà Ubisoft avait créé une brèche avec une première opération : avec l’annonceur Renault et Publicis, il avait diffusé sur Internet huit clips montrant les lapins en train de réaliser des tests improbables sur le nouveau Scénic. Résultat, "plus de 3 millions d" vidéos ont été vues sur la Toile en un mois, selon Publicis", précisait Les Echos du 2 juin dernier. Et il espère renouveller ce type d’opération.

Alosr que jusqu’à présent, dans les jeux vidéos, les éditeurs se permettaient juste de mettre quelques pubs, discrètement, de temps en temps, là, la logique amorcée est différente. Une fois qu’un jeu vidéo est installé, et constitue une marque à part entière (avec se sproduits dérivés, etc), l’éditeur espère capitaliser sur ce jeu-marque pour attirer les annonceurs.

Un phénomène que l’on risque de voir s’affirmer dans les prochains jeux vidéos – blockbusters attendus, comme "Tintin", dont le projet de film réalisé par Steven Spielberg connaîtra une déclinaison jeu vidéo.

Le jeu vidéo en réseau World o  Warcraft (7 millions de joueurs) avait aussi lancé une opé d’advertainement, via un quizz, avec l’agence Modedemploi

Et bien sûr, le lancement en septembre dernier par Luc Besson avec le pubeux Christophe Lambert de Advertainment Blue, première agence française d’advertainment, marquait aussicette tendance au rapprochement entre cinéma – jeu vidéo – publicité.

Un nouveau format publicitaire incontournable, ou risqué pour les marques ? A voir…

Les plus aventurières pourront aussi s’essayer à l’advertgaming, qui consiste à se faire dévelpper un jeu vidéo en ligne sur mesure, au nom de la marque. Ce que proposent quelques start-ups, comme Ad-Invaders.

màj le 18/06 : repéré chez mon confrère Sébastien Jullian, cet exemple de Diesel, qui a inséré des publicités pour son nouveau parfum dans une cinquantaine de jeux vidéo en ligne, tels que Need for Speed Undercover, NBA Live 09 ou Pro Evolution Soccer 2009.

 L’idée est à première vue originale, le format publicitaire (presque) inédit. A priori, cela devrait permettre à l’annonceur de toucher son public-cible, les 18-25 ans. L’agence CRM Compagny vient de lancer une campagne  d’advertainement avec Adven Studio pour la marque Dove (groupe Unilever), diffusée exclusivement sur Internet.

L’agence de marketing interactive a carrément fait appel à la chanteuse Yelle, populaire chez les ados pour son électro-pop acidulée et souvent impertinente.  Elle a conçu et réalisé un clip vidéo avec Yelle, dédié au gel douche "Dove Go Fresh". Pourquoi pas. Mais Yelle est allée jusqu’à  composer un titre publicitaire sur mesure, dédié à ce produit, "Go fresh", et surtout, à y mettre en scène les valeurs que la marque est censée incarner. Regardez le clip, je vous laisse juges :

 

 

 

 
Le blogueur Mry, dans son billet, tire au bazooka sur ce clip publicitaire. Je ne suis pas loin de partager son avis.
 
- Le clip publicitaire : le genre parodique / second degré est à manier avec précaution. Le clip se voulait une parodie des soap opéras US pour adops des années 80 ? Raté. On a surtout l’impression de voir un clip un peu ringard, qui nous rappelle des séries à succès délicieusement vieillottes (comme Beverly Hills). Et rempli de clichés irréalistes.
- La bande d’ados biens sous tout rapports. Trop lisses, trop clean, cela rappelle les pubs Hollywood chewing gums de naguère.
- Faire appel à une chanteuse en vogue chez les ados. Pourquoi pas, mais Yelle a été largement sous-exploitée. Et sa propre image risque d’en pâtir. Elle n’a pas imprimé sa patte personnelle sur cette pub, et devient donc, dans ce clip, un simple porte-marque.
Elle avait déjà participé à une opération publicitiare sur la Toile avec Reebok, pour un concours participatif sur Dailymotion (que je décryptais dans ce rapport sur le marketing en 2018).
 
Certes, elle n’est pas la première chanteuse  à participer à une campagne de pub. On se souvient de la campagne de pub de lancement d’un des premiers iPods, où le groupe U2 était très présent .
Dans un autre genre, en 2001, Microsoft avait pastiché le clip Weapon of choice du groupe Fat Boy Slim en clip publicitaire, sous le titre Mindows of choice – le clip fut uniquement utilisé en interne.
 
Mais cela reste un genre publicitaire naissant. Il est (encore) rare que l’on voie un clip promo pour une marque, où l’artiste  réalise un titre sur commande pour un annonceur.  Récemment, dans une logique un peu différente (voire inverse), Wilkinson a fait appel à une chanteuse quasi-inconnue, Simone, pour la promo de son dernier rasoir féminin. Au détail près que la jeune artiste, connue sous le nom de « Simone, elle est bonne », est en train d’émerger sur Internet.Subversive, dans «Ma garden party», la jeune artiste tente de renverser les codes publicitaires traditionnels. Contrairement à Yelle, là, elle profite de la notoriété de la marque pour émerger. 
Tout le paradoxe du clip publicitaire,  nouveau format publicitaire, entre pub et clip musical.
 
 
 

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