Récemment dans la catégorie Web marketing

Une fois n’est pas coutume, j’ai décidé de me livrer ici à une petite expérience. Etant donné que c’est devenu la mode de faire du bruit à moindre frais sur la Toile (tout du moins c’est ce que l’on dit), tentons de mesurer l’évolution sur une courte période d’une campagne virale.

BIC lance donc un nouveau rasoir à destination des « jeunes ». Il ne s’agit pas d’un 4 lames, ni d’un 5, ni d’un 6 d’ailleurs, mais « juste » d’un « 3 lames à prix abordable ». Bon désolé mesdames, je sens que l’on s’égare.

Ce qui nous intéresse ici, c’est donc la viralité. La campagne s’articule autour d’un film de 90 secondes, diffusé exclusivement sur YouTube. Intitulé « WTF ! Insane human curling » (est-il nécessaire de traduire ?), le film est signé Keith Schofield, réalisateur de clips musicaux (Charlotte Gainsbourg&Beck, Lenny Kravitz, Justice, Supergrass…) et publicitaires, qui met en scène une version particulière, de la pratique d’un sport non moins particulier également, à savoir le curling. Image de prévisualisation YouTube

A la fin du clip, « l’expérience » (les publicitaires adorent parler d’expérience…) se prolonge au travers d’un jeu vidéo utilisant la webcam de l’ordinateur. A la clé, un concours et pour le gagnant, un voyage en Suède.

Bien évidemment, les réseaux sociaux ne sont pas en reste. La page Facebook, qui devrait être éditée en 4 langues, doit offrir des bons de réductions à télécharger.

Mais qu’en est-il de la viralité ? Et bien, ça semble marcher, puisque lancée le lundi 11 avril dernier, la vidéo a déjà été visionnée plus de 250 000 fois à l’heure ou j’écris ces quelques lignes. A titre indicatif, 24 heures après la mise en ligne, la vidéo affichait 42 295 vus ; 198 641, jeudi 14 à 18h.

Si le montant de la campagne reste confidentiel, BIC qui commercialise également le célèbre Tipp-Ex, gonfle le torse avec sa précédente campagne pour le « blanc »: « A hunter shoots a bear ». Visionnée plus de 16 millions de fois, « la campagne avait permis un hausse significative des ventes », indique-t-on chez la marque, sans toutefois pouvoir quantifier cette hausse, tant en terme de volume que de part de marché. Comme souvent, il semble bien difficile de mesurer l’impact du online sur le offline

Stop au web marketing intrusif… Dans le cadre de son vaste chantier du « droit à l’oubli numérique », Nathalie Kosciusko-Morizet, réunissait la semaine dernière, les représentants d’une dizaine d’associations qui gravitent autour de la pub online. Objectif pour ces acteurs de l’économie numérique : signer une charte de « bonnes pratiques » afin d’assurer une meilleure protection des internautes face aux publicités ciblées.

Préambule de la Charte sur la publicité ciblée et la protection des internautes

En effet, les campagnes de marketing direct sur internet, devenues omniprésentes, sont souvent jugées très « intrusives » par les internautes, qui, il est vrai, sont aujourd’hui plus inondés de pop-up sur l’écran que de prospectus dans la boîte aux lettres. Aujourd’hui, le ciblage comportemental est un levier important pour ces marques qui, concurrence coriace oblige, doivent se démarquer et fidéliser l’internaute.

A son insu, l’internaute laisse des traces. Et désormais, il devra pouvoir le savoir. En signant la charte, les associations s’engagent à indiquer le moyen de collecte des données. Et elles devront également « informer les internautes sur les critères de conservation des données de navigation, applicables par défaut, en l’absence d’intervention de leur part ». Mais ce sera à l’internaute de faire la démarche. Les cookies, ces petits mouchards qui permettent de stocker des informations sur les préférences d’un utilisateur (site, panier d’achat…), devront voir leur durée de vie se limiter à 60 jours. Toutefois, les professionnels se réservent le droit d’appliquer des durées « proportionnées à la durée de cycle d’achat de produits ou services promus ». Enfin, les associations professionnelles recommandent que les opérateurs publicitaires généralisent les techniques de « capping », un dispositif qui vise à plafonner le nombre de publicité, sans toutefois préciser le nombre maximal.

Une charte sans aucune valeur contraignante, mais qui pourrait s’inspirer de ce qui se passe outre-Atlantique. Aux Etats-Unis  les internautes auront bientôt la possibilité de déposer des plaintes auprès de la Direct Marketing Association.

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