Récemment dans la catégorie Street Marketing

Dès jeudi, de drôles d’hommes sandwich arpenteront la plus belle avenue du monde. Pour lancer sa nouvelle boutique parisienne, la marque Abercrombie&Fitch (A&F) ne déroge pas à la règle. Le buzz, ce sont les hommes. Et plus précisément, des mannequins, imberbes et musclés. Un marketing sexy en quelques sortes.

Il faut dire que cela fait quelques temps qu’A&F lorgne sur le marché français…et qu’en face, le polo ou le T-shirt A&F est devenu un objet presque aussi incontournable que le fameux I love NY dans la valise retour des touristes.

Pour occuper cet imposant hôtel particulier sur les Champs Elysées, A&F a déboursé plus de 2 millions d’euros, auquel s’ajoute un loyer annuel de 3,3 millions d’euros à régler au propriétaire des lieux : l’Immobilière Dassault.

Mais que se cache-t-il derrière l’immense flagship de 9000m² qui orne encore le bâtiment ? Et bien, un décor exclusif, composé de grandes peintures murales dessinées par deux artistes new yorkais, Fréderic Lère et Mark Beard. Ce sont eux qui ont déjà réalisé la déco des boutiques de Tokyo, Los Angeles, Londres, Milan et New York bien sur. Les deux artistes ont travaillé des mois dans leur atelier newyorkais avant d’envoyer les créations à Paris, et de venir « monter » eux-mêmes le travail.

Quelques jours avant l’ouverture, le décor est donc planté. Ambiance sombre, musique techno, parfum diffusé à longueur de journée, et les 101 « boys », torse nu, formés sur le tas aux rudiments de la relation client made in A&F. L’originalité poussée à l’extrême, comme en témoigne l’entrée de la boutique qui se fait par l’arrière de l’hôtel particulier, côté jardin. Très décalé, mais bon Abercrombie&Fitch est un habitué du genre.

Credit: DR

Ces fantaisistes du Fantasia

En sortant du métro ce matin, voilà que je me trouve confronté à une ribambelle de ballons gonflés à l’hélium. C’est suffisamment rare, inhabituel, drôle, que je m’arrête. Ce qui en soit est assez rare aussi pour une opération de street marketing, tant le badot lambda (que je suis !) est harcelé par les offres en tous genres. Mais bon, j’en reviens à mes ballons. Accrochés aux essuie-glaces des voitures et aux guidons d’une flotte de Vélib’ en attente, ces ballons multicolores annoncent la couleur : « Mettez un peu de Fantasia dans votre vie ». Euh, très bien, mais c’est quoi Fantasia ?

Mercredi 2 février, Rue Taitbout (Paris IXe) / S.P

Et bien c’est un yaourt ! Avec deux compartiments laissant le consom’acteur maître du dosage. Lancé à l’automne dernier après avoir été testé à Sens, Fantasia est le dernier né de Danone « à destination des jeunes adultes ». Désormais relativement commun dans les linéaires (notamment entré dans les mœurs du snaking), l’idée du pot bi-compartiment de ce yaourt n’en est pas moins une petite révolution. Il marque une cassure dans la tendance « alicamentaire » de Danone, portée par Danacol (2004) et Essensis (2007). Censé « nourrir la peau de l’intérieur », ce dernier avait d’ailleurs été retiré des rayons en 2009, faute d’avoir su répondre à sa promesse marketing.

Retour donc au yaourt « plaisir » avec ce Fantasia, qui s’appuie sur les réseaux sociaux pour « doper » son image « djeuns ». Plus de 20 000 fans sur la page Facebook, des concours photos et vidéos, et plus récemment un road show national à travers six villes de France.

Danone attaque donc les jeunes actifs, un marché compliqué, où la fête au sens large est forcément un vecteur de concentration. Mais après avoir mis un peu de folie et de fantaisie dans leurs vies, il faudra (aussi) que ces jeunes passent un jour à la caisse des supermarchés… Et c’est une autre histoire.

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