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L’annonce a fait l’effet d’une petite bombe la semaine dernière : le gros groupe de BTP Eiffage n’a plus le droit d’utiliser le nom Eiffel pour sa filiale de construction métallique. Pourquoi ? Tout simplement parce que les descendants de l’illustre constructeur de ladite Tour ont obtenu, par voie de justice du 7 janvier, l’interdiction d’utiliser ce patronyme.

Cela clôture un petit imbroglio juridique, avec pour origine Eiffage, qui avait attaqué en justce l’éleveur de chevaux Philippe Couperie-Eiffel (un descendant du constructeur)… pour lui interdire d’utiliser des marques incluant son nom, et en l’assignant pour "déchéance de marque" (sic). En se basant sur des archives, le tribunal a finalement tranché en la faveur du descendant. Et de ce fait, exauce (enfin) la volonté de Gustave Eiffel, qui avait demandé en 1883 que son nom "disparaisse de la désignation de la société".

Eiffage était propriétaire de la filiale de construction mécanique Eiffel depuis qu’il avait acquis, en 1992,  la Société auxiliaire d’entreprises électriques et de travaux publics (SAE), dont ses filiales, telle Eiffel. Il avait donc mécaniquement – et fort opportunément – "récupéré" le nom Eiffel pour en faire, de facto, une marque.

Certes, il est possible que Eiffage fasse appel. Il n’empêche, si la décision de justice est définitive, le groupe se verrait privé d’une dénomination qui lui était essentielle pour asseoir son image de marque, alors qu’il se présentait comme un continuateur des grands travaux de Gustave Eiffel. Une image so frenchy bien pratique pour se vendre à l’étranger. Face à cela, les héritiers de Gustave Eiffel s’étaient constitués en association, en 1995, pour protéger l’utilisation de leur patronyme.

Preuve qu’un nom, parfois détourné (comme ici) peut se muer en marque. Un autre cas fait beaucoup de bruit outre-Atlantique : comme le révélait le Wall Street Journal  le 5 janvier, Google, qui vient de lancer son premier téléphone mobile, le Nexus One, s’est vu attaquer… pour viol de droits d’auteur, par les ayant-droits de l’écrivain américain Philip K. Dick.

Car si le mot "nexus" n’est en lui-même pas déposé, beaucoup d’utilisateurs et de fans de Philip K. Dick, avaient déjà établi un lien entre le téléphone lancé par Google et l’un des plus célèbres romans de l’écrivain, "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques?", adapté au cinéma par Ridley Scott sous le titre "Blade Runner". Dans ce récit de science-fiction,  les androïdes sont de marque "Nexus", et le personnage principal, un policier, est chargé d’éliminer un groupe d’androïdes de la toute dernière génération, la série "Nexus 6".

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Du coup, les ayant-droits ont réagi – aussi par pêché de gourmandise, sans doute :) Pourtant, l’affaire est complexe : plusieurs juristes interrogés par le WSJ estiment que, le mot "nexus" faisant partie du vocabulaire courant, les ayant-droits de Philip K Dick devront prouver qu’un nombre significatifs d’acheteurs du "Nexus One" feront d’eux-mêmes le lien avec le livre.

Un précédent existe dans les produits tech : les sociétés Verizon et Motorola avaient sorti un téléphone baptisé "Droïd", en référence au film "Star Wars", pour lequel elle avaient demandé et obtenu l’autorisation de la société de production du réalisateur George Lucas.

Preuve, en tous cas, qu’une société devra user de beaucoup de précautions si elle veut transformer un nom propre en marque. Et un entrepreneur dont la société va porter – ou porte déjà – son nom a tout intérêt à déposer son nom comme marque.

 

 

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                                         Source : Techcrunch

C’est Techcrunch US qui l’annonce cette semaine, iStockPhoto, la ‘place de marché’ en ligne où les photographes amateurs peuvent tenter de revendre leurs photos, se lance sur un nouveau créneau : celui de la création et de la vente en ligne de… logos personnalisés, tant pour les entreprises que les particuliers, comme le relaie son forum officiel.

L’annonce est intéressante : le propriétaire de la place de marché, l’agence photo Getty Images (qui l’avait racheté pour quelques 50 millions de dollars en 2006, misant alors sur la vogue du ‘journalisme participatif’, comme j’en parlais dans ce billet), a en effet annoncé qu’il allait bientôt faciliter le stockage et la vente en ligne de logos via sa marketplace (place de marché) en ligne.

Les clients de iStockPhoto pourront donc acheter des logos personnalisés sur cette plateforme d’échanges.

Question : par qui seront-ils conçus ? Comme le business model d’iStockPhoto repose sur le crowdsourcing (une sorte de sous-traitance de tâches à des internautes disséminés, tendance dont les marketeux commencent à s’emparer), la création de ces logos, qui relève habituellement de créatifs et de designers, sera ici assurée par… la "vaste communauté de designers affiliés" à iStockPhotos, "les encourageant ainsi à utiliser iStock comme un ‘supermarché’ pour proposer leurs centaines de logos différents qu’ils auraient créés au cours de leur carrières, sans parvenir à les exploiter", à en croire le communiqué de presse publié cette semaine.

Du coup, Getty Images élargit les domaines couverts par sa marketplace : de la photo, la vidéo, l’audio et les illustrations, elle s’étend aux logos. Il y aura donc yun système de logos approuvés par Getty Images, de facto ‘éditeur’ en ligne, avec pour paiement la somme royale de… 5 $ par logo approuvé, voire 10 $ si Getty recueille 10 000 propositions (sic) au 1er janvier 2010.

Voilà pour le pitch. Cela dit, cela impliquerait que les entreprises virent leurs illustrateurs et designers pour trouver sur iStock le logo idéal, conçu par des designers bien souvent amateurs et anonymes.

Etonnant, non ? Le concept me laisse plutôt perplexe. Et je serai curieuse de voir les futures conditions générales d’utilisation, et surtout comment seront gérés les droits de propriété intellectuelle relatifs à ces créations…

Le forum donne quelques premiers indicateurs : le créateur possède le copyright, mais cède les droits commerciaux pour utiliser la police de caractères du logo (sic), qui, en elle-même, ne sera pas comprise dans le dossier que le client acquiérera…

Et encore : les logos ne devront pas avoir été proposés ailleurs, relever de la création exclusive, les royalties s’élèveront à 50% pour le concepteur… N’est-ce pas une manière de tirer à vue sur l’industrie du design graphique ?

Je pense qu’iStockPhoto ouvre encore plus largement une brèche déjà entamée depuis quelques temps, où nombre de créations (photos notamment) sont sous-payées.

En matière d’illustrations, il y avait déjà eu ce précédent du logo de Twitter (le fameux oiseau bleu),  révélé par Wired, pour lequel le designer Simon Oxley aurait touché… 2 à 6 $, les fondateurs de Twitter l’ayant acheté sur iStockPhoto pour un prix de 10 et 15 dollars – les graphistes qui vendent leurs œuvres sur  la place de marché touchant donc de 20 et 40% de montant de la vente d’une de leurs créations.

Créateurs sous-payés, lecture très flexible de leurs droits de propriétés intellectuelle,  puisqu’ils ne peuvent qu’à peine revendiquer leurs droits sur leur oeuvre… C’est là le revers de la médaille du crowdsourcing, un temps vanté comme une (trop brillante) facette de partage de créativité via Internet, censé caractériser le Web 2.0.

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