Récemment dans la catégorie Produits dérivés

Ils sont plus de 20 000 à occuper les trottoirs de Paris. Tous les 300 mètres, ils se dressent fièrement en rang d’Oignon. Depuis leur arrivée dans la capitale le 15 juillet 2007, ils ont arpenté des milliers de kilomètres et effectué près de 80 millions de trajets. Je veux bien sûr parler … des Vélib’s !

Fière du succès de ses vélos en libre service, la mairie de Paris a décidé de développer une gamme d’accessoires. Poncho, sac de course, protège panier,  protège pluie, antivol, serre-pantalon, sac, gant ou brassard,… ces gadgets ont été conçus, selon Vélib’, pour « améliorer la sécurité et le confort des usagers mais également pour renforcer « l’esprit communautaire Vélib’ »». Dans tous les cas, la marque se paye un bon coup de pub grâce à un nom connu de tous.

Ce serait en écoutant les nombreuses demandes exprimées sur le blog «  Vélib’ et moi » que l’idée aurait germé. En développant ces produits, la ville de Paris sera la première municipalité à lancer sa propre marque. Les entreprises Armaco (conception d’opérations promotionnelles sous licences) et Add-One (spécialisée dans la création et le développement des accessoires de cycle et de fitness) ont obtenu le marché auprès de l’agent de licence de la marque municipale, France Télévisions Distribution.

Ce n’est pas la première fois que Vélib’ innove. Peu après son lancement et face à l’engouement des parisiens pour le deux-roues, elle avait élargi son offre à 30 communes de proche couronne, lancé en avril son application iPhone gratuite et organisé la « Vélibienne » en septembre dernier.

Le développement de l’offre de deux–roues est salué de tous, même si les critiques sont fréquentes. Manque de vélos dans les stations, dégradations du matériel, facture indécente, nombreux sont les utilisateurs déçus. Il serait intéressant de savoir combien d’abonnés, sur les 170 000 annuels, ne se réengagent pas ? Personnellement, j’en fais partie. Je me demande alors si, avant de lancer une nouvelle gamme d’accessoires, il n’aurait pas été utile de s’assurer de la qualité de son produit phare et de tenter de fidéliser tous ses clients…

McDonald’s n’a pas la frite

Le menu " Happy Meal" et son fameux jouet ( photo Dessillons)

 

  

Ces derniers temps, McDonald’s fait l’objet de toutes les attentions … et on ne peut pas dire que ce soit à son avantage. 

La dernière en date a jeté un pavé dans son hamburger. A San Francisco, le conseil municipal a demandé à l’enseigne de supprimer le jouet de son  célèbre « Happy Meal » ( lancé en 1979 aux Etats-Unis). Offert pour tout achat d’un menu, il était en général la principale motivation des marmots à qui il était destiné. Motifs : lutter contre l’obésité et les coûts médicaux engendrés. Autre solution diététique proposée par les autorités pour protéger les enfants de la mal bouffe, baisser les niveaux de sucres, graisses et calories contenus dans le menu et accompagner sa formule de légumes et de fruits. La décision devrait prendre effet fin décembre 2011. 

Autre critique quelques semaines plus tôt. A la fin de l’été, une photographe New-Yorkaise proposait un Happy Meal Art Project. L’idée : laisser dépérir le fameux menu pour enfant à l’air libre dans son salon et voir ce qui en ressortait. Résultat : rien. Hamburger et frites avaient à peine changé d’aspects. Une interrogation se posait alors : que contiennent réellement ces produits pour pouvoir autant se conserver ? Le travail de Sally Davies a fait un tel buzz sur internet que McDonald’s a du contre-attaquer sur son site à travers un communiqué assez peu éloquent. « Il est difficile de donner une explication détaillée à ces affirmations sans connaître les conditions exactes dans lesquelles le menu a été conservé pendant six mois », s’était défendue le société américaine. Pour l’enseigne, c’était l’absence d’humidité qui avait permis la conservation des produits. Une explication quelque peu …surprenante. 

Et la chaîne de restaurants n’avait pas encore tout vu. Quelques jours plus tard, une association de médecins tentait aussi ( et une nouvelle fois) d’avertir le grand public sur les risques du fast-food sur la santé. Un spot de pub, diffusé le vendredi 16 septembre sur la télé américaine à une heure de grande écoute, montrait une femme pleurant son mari allongé devant elle à la morgue, un hamburger à la main et le symbole McDonald’s à ses pieds avec comme slogan « I was loving it » (en référence au message habituel de la marque de fast-food, « I’m loving it »). 

http://www.dailymotion.com/video/xeu8z0 

Ce message ouvertement anti-McDonald’s prônait de manger végétarien pour éviter taux de cholestérol élevé, pression artérielle forte et crise cardiaque. Le porte parole de la société, Bridget Coffing, avait jugée la publicité « scandaleuse et injuste ». 

Mais McDonald’s, géant du fast-food et du marketing,  ne s’est pas laissé faire. Pour contrer ces messages négatifs, la firme a innové. Elle a notamment étendu aux Etats-Unis la vente du Mc Rib, un sandwich «  mythique ». A Hong Kong, c’est un « mac wedding » qu’elle proposera en janvier prochain.  Le concept est simple : pour 250 dollars, un jeune couple marié peut organiser la noce dans un McDo et y convier jusqu’à 100 personnes pour se goinfrer de hamburgers, le tout accompagné de champagne. Inconvénients, l’alcool sera interdit et le restaurant restera ouvert au public. 

Ronald McDonald’s n’a donc pas de soucis à se faire. Après plus d’un demi siècle d’existence, l’entreprise continue de dominer le marché de la restauration rapide. La France, malgré sa tradition culinaire, n’a pas résisté à la tentation. Il semblerait que notre pays soit le deuxième pays le plus rentable après les Etats-Unis pour la firme jaune et rouge ( aujourd’hui jaune et verte, greenwashing oblige !).

Comment vendre autrement, sans passer par la grande distribution et en gardant une bonne image ? C’est la question que se posent actuellement les grandes marques. Le Figaro du lundi 2 août a fait un focus sur les nouvelles tendances marketing des géants de l’agroalimentaire.

Développer des alternatives aux hypermarchés, tel est le défi qu’ils se sont lancés. Même s’ils y réalisent la quasi totalité de leurs chiffres, les industriels veulent pouvoir être libres.  En effet, en grande surface, ils doivent jouer des coudes pour avoir de la place dans les rayons et sont confrontés à la concurrence des marques de distributeurs ou à la baisse des prix. Une pression qui les pousse à aller voir ailleurs !

 Certains, comme Nestlé avec Nespresso mais aussi Häagen-Dazs ou Maille, ont réussi le pari d’ouvrir leur propre pas- de – porte, vitrine de la marque auprès des consommateurs. Mais l’investissement est important et rentable après plusieurs années. Il reste donc un rêve pour une grande majorité.

 Des points de vente alternatifs ont alors vu le jour pour permettre une rentabilité rapide. Cinémas, parcs d’attraction, distributeurs automatiques, boulangerie mais aussi stations service ou clubs de sport sont devenus des lieux incontournables. Même s’ils nécessitent plus d’implication de la part des commerciaux qui doivent souvent passer par des intermédiaires.

 Internet est aussi devenu une vitrine pour beaucoup. Le plus, la possibilité pour les consommateurs de personnaliser leur produit. A l’image des bouteilles d’Evian customisées ou des M&M’s à messages que l’on ne trouve que sur la Toile.


 
 
footbouteille.gif

Coupe du monde par ci, Mondial par là. Quand on disait qu’on allait « manger » de la Coupe du monde à toutes les sauces, le moindre que l’on puisse dire c’est que l’on est servi.  En témoignent les nombreux communiqués de presse que l’on reçoit chaque jour à la rédaction. Ce matin, des portes clés « Coupe du monde », des clés USB « Coupe du monde ». Hier, une bouteille de vin « Coupe du monde », et des lunettes…? « Coupe du monde », bien sur ! Justement, c’est un jeune opticien, Julien Cabassa, qui a lancé le concept de ces dernières. « A l’origine, je voulais les acheter toutes faites et les revendre. Mais je n’ai trouvé personne qui fabrique ce genre de modèle. J’ai donc décidé de les faire moi-même ».
Avec ses trois employés, le jeune entrepreneur colle donc à la main sur les verres de ses montures, des stickers (réalisés par Pano-boutique) aux couleurs des drapeaux de l’Afrique du Sud, de l’Espagne, du Brésil ou de la France… Et ça marche ! Déjà 300 paires  vendues. De 25 € (modèles enfants) à 49 € (modèle collector !), il commercialise ses "Lunettes Coupe du monde" dans sa boutique d’Amiens (60), mais aussi sur Internet, où Julien Cabassa affirme avoir déposé près de 200 noms de domaines (mon-opticien.fr, acheter-lunettes.com…), soit un investissement d’environ 2000€ par an.

Avec le bouche-à-oreille (et les bon résultats de la France ! ) l’entrepreneur espère voir footlunettes.gifaugmenter ses ventes. Mais, quid de la législation ? Julien Cabassa avoue ne pas s’être renseigné sur la question. « Le terme « Coupe du monde » me paraît très générique, je ne suis pas certain que la protection soit justifiable. Je fais des lunettes avec des drapeaux, c’est tout…»

Il n’y a donc pas que les grandes marques qui tentent de surfer sur la vague Mondial. Il faut dire que le gâteau est appétissant. Un récent rapport commandé par le moteur de shopping Kelkoo.fr, estime que la Coupe du monde pourrait "stimuler les ventes de détail" et rapporter aux commerçants près de 874 millions d’euros en cas qualification française en 8èmes de finale. Un montant qui pourrait grimper jusqu’à 1,6 milliards si les Bleus atteignent la finale. Les commerçants aussi commencent à croiser les doigts.     
 

Laguiole vs. Laguiole

illus01.jpg

Quand on évoque « Laguiole », tout le monde pense généralement à la célèbre marque de couteaux aux manches en corne, bois ou ivoire, ornés d’une abeille. Mais on oublie parfois que ce nom est aussi celui de la commune de l’Aveyron qui les fabriquent depuis toujours.
 
Lundi 31 mai, branle-bas de combat dans ce paisible village de 1200 âmes. Le maire, Vincent Alazard, a décidé de saisir le tribunal de grande instance de Paris pour retrouver l’usage exclusif du nom «  Laguiole ». Dans sa ligne de mire, l’entrepreneur Gilbert Szajner, ses sociétés et une dizaine de ses licenciés. En effet, depuis 1993, l’homme d’affaire est devenu le détenteur légal de ce nom en déposant la marque « Laguiole » auprès de l’Institut nationale de la propriété industrielle ( IINPI). Nom que l’industriel décline depuis 17 ans sous les formes les plus diverses, tant pour des couteaux importés d’Asie que des produits dérivés. Une façon de surfer sur le succès de la marque d’origine ( qui n’a jamais été déposée et se trouve donc dans le domaine public) et de créer un monopole.  
 
L’origine de la récente plainte remonte à 2009 lorsque la ville a voulu créer un nouveau logo et qu’elle n’a pas pu faire aboutir sa demande. Gilbert Szajner avait bloqué les démarches en revendiquant ses propres droits. Mais ce n’était pas la première fois que la commune saisissait l’homme en justice. En 1997, le TGI de Paris lui avait même donné raison, en condamnant l’industriel pour contrefaçon. Rebondissement en 1999 lorsque la cour d’appel avait infirmé cette décision considérant que le terme « Laguiole » était devenu "générique"et désignait un couteau de forme particulière.
 
Aujourd’hui, la commune ne peut donc pas exploiter son propre nom et la croisade de Monsieur le Maire n’a pas fini de faire parler. Déterminé, il compte défendre la qualité des produits " Made in France" qui y sont fabriqués.

L’auteur


Derniers commentaires

Archives

S'abonner au flux de ce blog

[De quoi s'agit-il?]