Le retour du disque vinyle : la musique (re)matérialisée, le culte de l’objet collector et vintage

Ça a été une redécouverte. Le son légèrement irrégulier, en même temps profond, avec parfois des grésillements. Et mettre la musique, qui s’apparente à un petit cérémonial : sortir l’objet de sa pochette, en le faisant glisser délicatement, le poser sur la platine, appuyer sur ‘Play’, puis déposer progressivement le bras sur sa surface, pour que le diamant du lecteur l’effleure juste… Ensuite,  »musica ».

Peut-être un petit snobisme de mélomanes, de nostalgiques d’une autre période, une envie de retour à la musique matérielle, qui se concrétise par un objet que l’on manipule : il s’agit donc bien du disque vinyle, donné pour mort dans les années 80, lors de l’arrivée en force du CD (‘compact disc’, disaient alors les pubs), mais qui effectue un joli retour en force depuis quelques années.

Pour ma part, trentenaire mélomane, aux  goûts musicaux qui se confirment avec les années, je viens de me faire offrir une platine vinyle. Mon père était trop content de pouvoir la choisir de manière avertie. Eh oui :) Le matos : une platine vinyle design basée sur le DIY, où je devrai monter et régler le bras, pour qu’il effleure juste ce qu’il faut le disque.

La "faute" aux DJs, dans un premier temps, qui ont ressorti de classiques vinyles 33 tours et 45 tours pour effectuer de savants mixages.. Chacun ayant sa propre collection de vinyles, qu’ils ont donc remis au goût du jour… Y compris les trentenaires nostalgiques de cet objet représentatif de générations précédentes de mélomanes. Ou, de façon plus basique, bon nombre ont racheté une platine après avoir hérité de la collection de vinyles de leurs parents ;)

Déjà, il y a le plaisir littéralement sensuel au simple fait de mettre un vinyle (je vous renvoie au 1er § :) sur une platine microsillon, en effleurant le disque, et en pouvant apprécier les photos et textes grand format de la pochette (ça change des livrets lilliputiens des CD). Un véritable plaisir retrouvé, à l’ère du dématérialisé,  où la musique en format mp3, abstraite, au son trop parfait, se déshumanise.

Surtout, cela permet à nos générations de (re)découvrir des musiques qui ont marqué notre enfance ou notre adolescence (et nos premières soirées…). Sur une brocante près de chez moi, je me suis acheté des vinyles d’occasion qu’il ne me serait pas venu à l’idée d’acheter en CD, ou même de télécharger : Georges Michaël, Tina Turner, les Who, un petit inédit de Mike Jagger en solo (et tout jeune)…
Chez mes parents, j’ai eu le plaisir de découvrir ce magnifique double live de David Bowie en 1974 (époque dope donc, comme on le voit sur les photos intérieures…).

En tous cas, le business redevient prometteur. Il représenterait actuellement 10% de la musique vendue au niveau mondial.  Et les professionnels de la musique l’ont bien compris. A l’heure où la vente d’albums en CD ou en téléchargement légal dégringolent, paradoxalement, celle de vinyles importés ou d’occasion se porte bien.

Quelques boutiques spécialisées ouvrent leurs portes, et encore dernièrement, à une brocante, un particulier m’expliquait avoir liquidé sans problème tous ses vinyles le matin même. Sa clientèle : des 20-30 ans.

Majors musicales et groupes repensent même le vinyle comme un bel objet collector... susceptible d’être vendu plus cher ;) quitte à y ajouter des plus-produits pour satisfaire le fan de base devenu adulte. Du coup, les éditeurs commencent à sortir un nouvel album *aussi* en format vinyle. Ils n’y sont pas forcément perdants : un vinyle neuf se vend actuellement 20 à 30 €, un poil plus cher qu’un CD donc… et bien plus qu’un vinyle dans les 80′s.
Surtout lorsqu’ils jouent sur le côté série limitée. Les majors sont inventives en la matière : je me suis vue offrir le dernier album de PJ Harvey en vinyle. Comme vous le voyez, outre le vinyle, on me propose à l’intérieur un poster, et… un code m’offrant la possibilité de télécharger le même album en format mp3, légalement. Bien vu, non ?
 

octobre_2009_007_m.jpgEn tou cas, côté business musical, cela pose de nouvelle squestions : est-ce que tout groupe se doit de sortir son album aussi sous format vinyle ? Auquel as, les coûts de compression et d’édition ne seront-ils pas (beaucoup) plus élevés que pour une simple publication en CD et format mp3 ?

D’ailleus, côté matériel pro, ma chef (épouse d’un rocker des 70′s ;) me souffle qu’il n’es tpas certain que beaucoup de presseurs soient encore disponibles sur le marché. Est-ce qu’un constructeur comme MPO en vend encore ?

Côté high-tech, le business est tout aussi prometteur. On a vu débarquer il y a 3-4 ans des lecteurs vinyles ‘mixtes’, avec une sortie USB permettant de numériser ses disques en format mp3, ou encore un dock pour iPod. Pour les plus malins, des logiciels informatiques permettent (si tant est qu’ils ont une chaîne hifi dotée d’une sortie mp3 ou idoine pour un câble) de numériser leurs vinyles avec un logiciel ad hoc.

Les platines 2009, dans leur design, sont ainsi présentées "façon vintage, futuriste, pop art, ou accompagnée d’une fonction de numérisation des disques pour les convertir en fichiers MP3", souligne Didier Sanz dans ce très bon papier du Figaro.
Les marques présentes sur ce marché en plein revival ? "Même des fabricants qui n’ont jamais fait de vinyle, comme Denon, Marantz ou encore Goldmund, spécialiste du numérique chic, s’y mettent", d’après le Fig’.

Alors, nouvelle tendance de conso de fond ? A voir. Rendez-vous après Noël…

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  • Marantz a réalisé des platines vinyles en 68/70. Célébres par leur bras « tangenciel »
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