Kärcher, Skittles, Tic Tac… Quand les marques se rebiffent face aux politiques

l-entreprise-et-les-medias, publié le , mis à jour à

Il est des médiatisations dont on se passerait bien. Des publicités gratuites qui font grincer des dents. Pour une entreprise, être citée de manière impromptue lors des joutes politiques est rarement reluisant. Kärcher l’a rappelé haut et fort. Le fabricant allemand de nettoyeurs à eau sous pression en a plus qu’assez de dynamiser à son insu les petites phrases de nos politiques. Il l’a fait savoir en envoyant, le 22 septembre dernier, une lettre en bonne et due forme à 19 candidats déclarés à la présidentielle 2017. La démarche fait parfois sourire, comme dans le camp Juppé qui a révélé la missive. Elle ne fait guère sourciller Nicolas Sarkozy… qui, pas plus tard que ce mardi matin, a cité à nouveau l’infortunée entreprise allemande sur France Inter. Visiblement, l’ancien président continue d’assumer complètement d’avoir rendu Kärcher furieusement tendance dans le discours politique.

Dans sa missive, la firme allemande explicite son agacement. A l’approche de la présidentielle, elle redoute une multiplication du néologisme « Kärcher » et ses déclinaisons (kärchériser, kärchérisation etc.) dans la bouche des prétendants à l’Elysée. A juste titre. Quelques jours avant l’envoi de la lettre, Bruno Le Maire avait cité lui aussi la marque allemande dans un discours de campagne.

Pas sûr que l’entreprise de nettoyeurs sous pression soit entendue. Au moins, elle aura marqué le coup, signifié sa désapprobation et sa prise de distance avec le monde politique en général.

A cet égard, Kärcher mène le même combat que Skittles outre-Atlantique. Souvenez-vous : la marque de bonbons colorés n’avait pas digéré d’avoir été citée par le fils de Donald Trump dans une analogie douteuse entre l’accueil de migrants syriens potentiellement dangereux et un bol de Skittles potentiellement empoisonnés. « Les Skittles sont des friandises. Les réfugiés sont des êtres humains », avait répondu la marque dans une réplique plutôt bien sentie.

Et que dire des malheureux bonbons Tic-Tac, cités par Donald Trump dans ses propos sexistes et obscènes sur les femmes…… Là aussi, l’enseigne a vite pris ses distances avec son embarrassant client, notamment sur Twitter, en rappelant qu’elle « respectait toutes les femmes ».

Si les entreprises défendent leur image face aux politiques, c’est qu’elles savent très bien qu’il n’est jamais bon d’être cité en boucle pour des raisons qui n’ont rien à voir avec leurs produits ou leur activité. Que le buzz autour d’une petite phrase politique peut rapidement tourner au bad buzz. Surtout, que l’usage de leur nom peut se banaliser au point de devenir une formule tarte à la crème, un lieu commun du vocabulaire politique. Et médiatique. Certains journalistes n’hésitent plus à renforcer leur titraille à coups de « Kärcher » même quand Nicolas Sarkozy n’est pas le sujet de l’article. Le fabricant allemand va-t-il envoyer bientôt des courriers dans les rédactions françaises ?

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1 commentaire

CamBer

Aujourd’hui la notoriété dans les médias et les réseaux sociaux est telle qu’un marque privée peut complètement décrédibiliser un politicien, même à la tête d’un pays.


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Jean-Michel Boissière

Jean-Michel Boissière Comprendre le fonctionnement des médias représente un atout stratégique. Une entreprise ne communique pas malgré mais avec les journalistes. A travers de multiples conseils et illustrations puisés dans l’actualité, ce blog sur les relations entreprises-médias pourra vous éclairer sur la manière de rendre votre communication plus efficace et dynamique.

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