Le patron de Publicis enterre 2015 dans l’autodérision

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Ils font partie des rituels de fin d’année, au même titre que l’élection de Miss France ou les bêtisiers du Nouvel An. Eux, ce sont les voeux décalés et désopilants de Maurice Lévy (en intégralité ici). On l’avait déjà évoqué dans ce blog, chaque année, le patron de Publicis donne de sa personne dans une vidéo toujours drôle, où il souhaite le meilleur à ses clients et collaborateurs, tout en distillant un message subliminal sur un aspect du marché publicitaire.

La cuvée 2016 reste fidèlement ancrée dans le mode humour et autodérision, n’en déplaise aux tragiques événements qui ont entamé et clôturé 2015. N’en déplaise aussi à la crise économique qui perdure, et aux secousses qui malmènent le secteur de la pub comme les autres. Et puisque les annonceurs et agences doivent composer avec les fameux bloqueurs de pub et autres pastilles « Skip it », qui permettent aux internautes de court-circuiter les cyber-réclames, Maurice Lévy a choisi cette thématique pour habiller ses voeux 2016. Bien vu, forcément, puisque, dans le même temps, le patron de Publicis nous sert une salve de publicités s’étalant sur 3 minutes. Certes, ce sont des parodies. Mais la manipulation montre au passage que les internautes sont tout à fait disposés à ingurgiter une bonne dose d’annonces publicitaires, à partir du moment où les spots sont créatifs, attractifs, insolites, amusants.

Par ailleurs, et comme les années précédentes, les voeux 2016 restent une manière pour Maurice Levy d’entretenir son charisme, de réaffirmer son statut de grand patron (comme le rappelle le message sur le mug, posé sur son bureau, dès la première image du spot). Un rappel qui n’est pas du luxe alors que des rumeurs avaient circulé sur son possible remplacement à la tête de l’entreprise avant le terme de son mandat.

Quel que soit le proche avenir de Maurice Lévy au sein de Publicis, il restera pour longtemps celui qui aura dépoussiéré la communication du groupe, notamment à l’occasion de ses irrésistibles voeux.

Ces pastilles rigolotes, qui arrachent un rire ou un sourire chaque année aux clients de Publicis et au grand public, auront joué un rôle non négligeable dans l’image du grand patron, donc dans celle de l’entreprise. Finalement, Maurice Lévy aura entretenu sa légende en dégainant en décembre ses petits spots amusants, petits buzz qui ont vocation à devenir viraux…et au final de gros coups de pub.

L’intérêt enfin, c’est que Maurice Lévy est le premier grand patron français à user à ce point de l’humour et de l’autodérision dans un exercice de communication ritualisé. Une démarche d’autant plus remarquable qu’il reste parfaitement rigoureux et sérieux tout le reste de l’année dans sa communication et ses interventions devant les médias. Il se permet d’être fantasque (et de paraître accessible) une fois par an. Un rituel qui rappelle qu’un dérapage médiatique est tout à fait bénéfique tant qu’il est pensé, assumé et contrôlé.

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Jean-Michel Boissière

Jean-Michel Boissière Comprendre le fonctionnement des médias représente un atout stratégique. Une entreprise ne communique pas malgré mais avec les journalistes. A travers de multiples conseils et illustrations puisés dans l’actualité, ce blog sur les relations entreprises-médias pourra vous éclairer sur la manière de rendre votre communication plus efficace et dynamique.

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