Décès de Christophe de Margerie : décryptage d’un événement total

l-entreprise-et-les-medias, publié le , mis à jour à

La brutale disparition du patron de Total est un séisme de magnitude 9 pour le groupe pétrolier. Une crise aussi soudaine que complexe à gérer, y compris sur le plan médiatique. Car l’événement expose l’entreprise d’une manière inédite, totale, absolue. Le tragique accident de jet en Russie conjugue tous les éléments qui font d’un fait un événement majeur, d’un intérêt colossal pour la presse qui s’intéresse au groupe sous toutes ses facettes.

Au niveau des angles :

L’événement offre une multitude d’angles à traiter, tous aussi intéressants les uns que les autres. Que ce soit l’accident en lui-même, ses causes et circonstances, ou bien toutes les facettes de Total exposées par l’événement, les manières d’aborder le sujet sont innombrables et représentent autant d’articles possibles, sous toutes les formes (synthèses, reportages, interviews, portraits, focus…)

Au niveau des lois de proximité, dont nous avions parlé ici :

La proximité géographique est bien réelle : il s’agit du patron d’un groupe français, l’un des plus vastes et des plus connus par le grand public. Mais ce n’est peut-être pas la plus importante. La proximité chronologique joue à plein. L’événement vient de se produire, c’est de l’actualité brûlante à l’évidence. Mais en plus, il s’ancre dans le futur proche (que va-t-il se passer à la tête du groupe ? Que va nous apprendre l’enquête sur les circonstances de l’accident ?) et va en outre donner l’occasion de se replonger dans le passé. Récit de l’ascension de Christophe de Margerie, des grands moments de sa présidence, rappels des crises traversées (naufrage de l’Erika et explosion d’AZF en tête). Quant à la proximité psycho-affective, elle est générée par deux éléments. D’une part l’accident en lui-même et les circonstances tragiquement insolites du décès de Christophe de Margerie. Une collision entre un jet privé et un chasse-neige piloté par un conducteur ivre sur un aérodrome moscovite, l’histoire a de quoi rendre perplexe. D’autre part, le groupe Total ne laisse jamais indifférent. Son histoire est jalonnée de polémiques et controverses qui ont forgé une image pour le moins contrastée auprès du grand public, qui a adoré détester l’entreprise après la marée noire de l’Erika, l’annonce de divers plans sociaux ou de profits stratosphériques, l’explosion de l’usine AZF etc.

Enfin, l’événement se prête particulièrement bien au style dont raffolent les journalistes comme le grand public : le récit. Il offre l’opportunité d’user et abuser du storytelling, de raconter, relater l’accident d’abord, mais aussi et surtout les grands moments, la destinée d’un homme, sa lente et inexorable ascension au sein d’un groupe aussi puissant que controversé. Il en sera d’ailleurs de même pour son successeur: les médias ne manqueront pas de détailler son portrait et de disséquer son CV.

Tous les ingrédients sont donc réunis pour que Total soit largement et durablement installé à la une des médias, mis à nu sur son passé, son présent et son avenir. Sous toutes les coutures. Une exposition totale qu’il faudra gérer au mieux, en plus de tout le reste.

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Jean-Michel Boissière

Jean-Michel Boissière Comprendre le fonctionnement des médias représente un atout stratégique. Une entreprise ne communique pas malgré mais avec les journalistes. A travers de multiples conseils et illustrations puisés dans l’actualité, ce blog sur les relations entreprises-médias pourra vous éclairer sur la manière de rendre votre communication plus efficace et dynamique.

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