Un mauvais buzz pour Zara et un air de déja vu

l-entreprise-et-les-medias, publié le , mis à jour à

Ne parlons pas de loi des séries, mais tout de même : Zara vient de commettre la même boulette que ses camarades Mango ou Kiabi. Pas de bijoux style « esclave » cette fois, ni de costume de zoulou maladroitement présenté dans un catalogue, mais un tee-shirt pour enfant frappé d’une étoile jaune qui ressemble un peu trop à celle imposée aux Juifs dans les heures les plus sombres de l’Histoire. La marque a voulu avant tout représenter une étoile de shérif. Double problème : non seulement le motif à rayures peut rappeler, de son côté, le pyjama des déportés, donnant au vêtement une lugubre cohérence, mais en plus les policiers du far-west ne portaient pas de marinière, ce que nombre d’internautes se sont empressés de rappeler…

Car l’affaire a fait grand bruit sur les réseaux sociaux, avec cascade de messages outrés. L’enseigne a réagi rapidement, y compris sur Twitter, en présentant ses excuses et en retirant vite fait l’article de son site de vente en ligne. Excuses en bonne et due forme d’ailleurs, puisque la direction du groupe en profite pour rappeler au passage les valeurs de l’entreprise : «Nous ne voulons qu’aucun de nos produits ou designs soit perçu comme étant irrespectueux ou offensant. Zara est une entreprise dans laquelle plus de 180 nationalités, cultures, origines et religions différentes, travaillent ensemble afin de représenter le monde moderne. (…) Le respect et la dignité sont des principes qui définissent et guident les valeurs véhiculées par notre entreprise». En matière de gestion de crise, l’essentiel a été fait en temps et en heure. C’est dans le domaine de la prévention de la crise qu’il reste beaucoup de chemin à parcourir.

On peut se demander comment une telle maladresse a pu être commise, notamment au regard des erreurs du passé, du même tonneau, commises comme on l’a vu par d’autres acteurs du marché du textile. C’est donc en terme de crédibilité que l’image de l’entreprise est écornée, puisque l’incident appelle un certain nombre de questions. Par exemple : comment est contrôlée la marchandise ? Le design des articles est-il supervisé ? D’une manière générale, l’enseigne surveille-t-elle assez les conditions de conception et de fabrication de ses vêtements ? En clair, le fonctionnement même de l’entreprise peut-être remis en question à travers un incident comme celui-là.

Rappelons-le ici, le grand public est d’autant moins magnanime que les erreurs ont un air de déjà vu. En outre, dans une époque où tout se conserve, tout s’archive et rien ne s’efface sur internet, ce même grand public prendra soin de rappeler à l’entreprise ses erreurs du passé. Pour Zara, ça n’a pas raté : l’embarrassante histoire de motifs douteux sur des sacs, rappelant des croix gammées, a rapidement été exhumée. Et commentée sur le thème : « ça fait un peu beaucoup ».

AILLEURS SUR LE WEB

Contenu proposé par Taboola

Commentez cet article

Votre commentaire sera publié directement et modéré a posteriori. En publiant vous acceptez la charte des commentaires

3 commentaires

Avatar de isis

isis

Lorsque Kiabi a sorti ses affreuses hardes, j’ai cru lire ici et là qu’il ne fallait pas voir le mal partout. Je réitère donc ces propos. N’a-t-on jamais vu de déguisement d’enfants qui souhaitent se prendre, le temps d’un carnaval, pour le shérif? N’a-t-on jamais vu de shérif tout court? Il porte, en signe distinctif, une étoile jaune. L’Etat fédéral des Etat-Unis n’a pas jugé nécessaire de changer leur tenue après la seconde guerre mondiale.

Le pull rayé? Trois fois rien, Montebourg en faisant fièrement la promotion il y a peu. Il s’agit ni plus ni moins d’une marinière. Y aurait-il un peuple dans le peuple comme le clamait, en Italie , le petit Zemmour? Les personnes de religion juive ne seraient-ils pas fiers d’être français, en pointant du doigt cette marinière dont l’inspiration est d’origine bretonne? Il ne me semble pas avoir vu cousu, sur l’étoile de Sheriff, le mot Juif. Il ne s’agit donc que d’un simple vêtement d’enfant. Circulez!


Répondre

Avatar de Elzsa être humain

Elzsa être humain

Le problème de ces personnes et de ces entreprises, c’est « l’entre-soi ». Nous avons des créatifs qui viennent des mêmes milieux, des mêmes écoles, fréquentent les mêmes personnes… et oublient que les consommateurs sont beaucoup plus « variés » que ça.
Rien n’excuse de ne pas savoir faire preuve d’empathie. Il y a des erreurs qui sont inexcusables, un déguisement de « zoulou », un bracelet « esclave » ou un déguisement d’inspiration « camp de concentration » ne sont pas que de simples accessoires ou je cite « vêtement d’enfant ». C’est un manque de reconnaissance de l’autre dans ses souffrances et son histoire subis.


Répondre

    Avatar de Levrai345

    Levrai345

    Les gens voient la mal partout, quelle hypocrisie !


    Répondre

A propos du blog

Jean-Michel Boissière

Jean-Michel Boissière Comprendre le fonctionnement des médias représente un atout stratégique. Une entreprise ne communique pas malgré mais avec les journalistes. A travers de multiples conseils et illustrations puisés dans l’actualité, ce blog sur les relations entreprises-médias pourra vous éclairer sur la manière de rendre votre communication plus efficace et dynamique.

Voir leurs profils

Derniers commentaires
Archives

Retour vers le haut de page