PSG : Quand la fête tourne à la crise

l-entreprise-et-les-medias, publié le , mis à jour à

Les crises peuvent survenir brutalement et bousculer l’activité d’une entreprise. Elles peuvent aussi venir gâcher un moment de fête, de grâce médiatique. Le PSG vient d’en faire la triste expérience. Le club, installé sous les projecteurs des médias pour un instant de gloire – son titre de Champion de France, attendu depuis 19 ans – a dû passer brusquement de la communication de fête à la communication de crise. Non sans douleur.

Les violences sur la place du Trocadéro, initiées par des supporters « ultras », ont gâché les festivités. Les images dignes d’émeutes, avec saccages, bousculades, forces de l’ordre débordées, ont envahi les médias, salissant encore un peu la réputation d’un club malade depuis bien longtemps du comportement d’une frange de ses supporters.

Ce mardi matin, au lendemain des violences, la presse fait écho de la réaction du club, publiée sur son site officiel. En quelques lignes, le PSG condamne le comportement des casseurs et promet de continuer son projet de bâtir un grand club digne de la capitale.

Problème : ce communiqué donne l’impression de tomber tardivement. Il a été publié sur le site lundi à 23h45, quelques heures après les violences. Cela peut paraître peu, mais c’est trop : les images ont eu le temps de tourner en boucle dans les médias et d’être imprimées dans les journaux du matin. La polémique sur toutes ses formes, elle, a enflé immédiatement. Parmi les nombreux acteurs montrés du doigt, il y a le club lui-même. Le PSG est mis en cause dans divers témoignages et commentaires, accusé notamment d’avoir sous-estimé le risque prévisible de dérapage de certains « supporters », et d’avoir tenu à organiser les festivités dans un lieu certes prestigieux, mais difficile à sécuriser.

La première réaction du club tombe alors que la crise est déjà nouée, que la polémique a enflé, que l’entreprise est accusée. La parution de « regrets », en quelques lignes, sans montée au créneau de porte-parole ou de responsable, peut paraître tardive et insuffisante. Le club va devoir rapidement se justifier, communiquer dans la foulée sur la manière dont les festivités ont été conçues, anticipées, préparées et sécurisées. En situation de crise, une entreprise est mise en cause avec d’autant plus de virulence et d’autant moins d’indulgence que le problème est récurrent. Le PSG ne peut l’ignorer : il est attendu au tournant.

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3 commentaires

Parisii

Que le PSG aie mal calculé le risque potentiel, soit. Mais est-ce vraiment son rôle? Je ne suis pas sûr que les dirigeants soient parfaitement au courant des implications d’une fête au Trocadéro. Après tout, il y a bien plus de monde au Trocadéro pour le 14 juillet, alors pourquoi pas?

La faute revient essentiellement, et comme toujours, a certains imbéciles qui veulent gâcher la fête. Ils n’ont rien de supporters, même pas « ultras ». Pouvons-nous prévoir à l’avance de la quantité d’imbéciles? Est-ce que franchement, 800 policiers ne semblaient pas suffisants?


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    l-entreprise-et-les-medias

    La question se pose sur le fond en effet, et la réponse à apporter pourra éventuellement découler d’une enquête. Mais même en admettant que le PSG n’est pas responsable, il doit s’en expliquer. Car de toute façon, vous l’avez sans doute remarqué dans les déclarations des uns et des autres, le club est mis en cause à travers les médias, par les autres entités montrées du doigt dans cette affaire (responsables de la police, responsables politiques…) La communication de crise s’impose et doit être menée à bien même (et peut-être même surtout) si on ne s’estime pas responsable. Et dans ce cas, c’est aux porte-paroles, voire aux dirigeants eux-mêmes de monter au créneau pour se défendre et apporter des réponses aux questions et aux accusations. Dans toute crise, le silence ou le commentaire laconique ne sont pas conseillés. Car ils laissent la crise s’installer, s’amplifier au risque d’écorner encore davantage l’image de l’entreprise. C’est d’autant plus le cas lorsque la crise est prévisible. Le problème des ultras du PSG n’étant pas nouveau, on reprochera toujours au club de ne pas avoir anticipé cette crise, et de ne pas avoir préparé sa communication en amont. JMB


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Calixte Voisin

Simply true!


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Jean-Michel Boissière

Jean-Michel Boissière Comprendre le fonctionnement des médias représente un atout stratégique. Une entreprise ne communique pas malgré mais avec les journalistes. A travers de multiples conseils et illustrations puisés dans l’actualité, ce blog sur les relations entreprises-médias pourra vous éclairer sur la manière de rendre votre communication plus efficace et dynamique.

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