Crise : quand les médias vont vite en besogne

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Pour la presse française, l’affaire est entendue. Les Virgin Megastore n’existent plus. Leurs salariés sont licenciés, le vaisseau amiral des Champs-Elysées est à vendre. Il est même presque déjà vendu… Dans les faits, il n’est pas encore question de liquidation judiciaire, mais qu’importe. Au lendemain du dépôt de bilan de l’enseigne, les médias n’envisagent pas vraiment qu’un repreneur se manifeste. Ils prononcent déjà l’oraison funèbre. Le Figaro retrace les belles histoires qui ont rythmé la vie trépidante du magasin des Champs, des émeutes autour de la venue de Mylène Farmer ou de Depeche Mode, de Michael Jackson faisant son shopping incognito ou de la vente flash mémorable d’un concert surprise des Rolling Stones.

Dans le même temps, Direct Matin imagine déjà Volkswagen ou Apple prendre la place du moribond. On esquisse sans hésiter l’avenir de l’industrie du disque sans Virgin, des Champs-Elysées sans Virgin, des habitudes des consommateurs sans Virgin… Dans ces conditions, l’espoir exprimé par la direction de trouver un repreneur n’est guère audible !

C’est une constante lorsqu’une crise grave survient : une fois l’émotion passée, les médias s’intéressent à l’après, au lendemain. Il n’est plus seulement question de rendre compte de l’actualité, mais de tracer les contours de l’avenir. Quand une entreprise est frappée par une crise potentiellement létale, elle doit s’attendre à être médiatiquement enterrée avant d’avoir rendu son dernier souffle.

Et quand une crise grave fait des victimes – en l’occurrence les salariés de l’enseigne – l’onde de choc peut rapidement atteindre d’autres entreprises. Car il faut trouver des coupables. Dans le dossier Virgin, deux sociétés sont vite montrées du doigt. Pendant que Butler Capital, l’actionnaire principal qui a racheté l’enseigne en 2008, est étrillé par les syndicats pour sa gestion et son attitude, le vendeur en ligne Amazon est accusé de concurrence déloyale par la ministre de la Culture.

L’exemple de Virgin montre à quel point la frénésie médiatique peut se manifester lorsque la crise explose. Et uniquement à ce moment là. Il est impossible de savoir comment exactement, jusqu’à quel point, mais c’est un phénomène inévitable, à prendre en compte et à anticiper dès que les difficultés sont sérieuses. Car la débâcle de Virgin Megastore ne date pas du dernier réveillon. En juin 2012 déjà, la menace d’un plan social planait clairement. Trois magasins avaient fermé, une dizaine d’autres étaient en sursis. La direction se donnait alors deux ans pour restructurer l’enseigne.

 

 

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1 commentaire

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Timothy Blanchard

Très intéressant ! Votre site Web est en passe de devenir l’un de mes sites préférés.


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Jean-Michel Boissière

Jean-Michel Boissière Comprendre le fonctionnement des médias représente un atout stratégique. Une entreprise ne communique pas malgré mais avec les journalistes. A travers de multiples conseils et illustrations puisés dans l’actualité, ce blog sur les relations entreprises-médias pourra vous éclairer sur la manière de rendre votre communication plus efficace et dynamique.

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