Résultats tagués business de crise

La « Businessperson of the Year »  selon Fortune ? Pas le patron de Mac Do qui a réussi à augmenter ses profits malgré une hausse de ses coûts ni le patron de Facebook qui a encore doublé son chiffre d’affaires en un an. Ni le patron de Groupon ou celui de Linkedin dont les business sont très à la mode.

Non le magazine a choisi Howard Schultz fondateur et toujours CEO de Starbucks. Parce que depuis la reprise en main de son groupe (il avait délaissé l’opérationnel en 2000 avant d’y revenir en 2008)  celui ci cartonne bien sur, mais pas seulement. Aux Etats-Unis, certains le verraient bien carrément président du pays !

Parce qu’Howard Schultz  est en passe de réaliser ce que ni les Démocrates ni les Républicains ne font : créer des jobs et remettre l’Amérique au travail.  Depuis le mois d’août la situation est bloquée au Congrès pour le vote du plan emploi d’Obama (447 milliards de dollars). Il y a pourtant urgence : la « job machine » américaine ne fonctionne plus comme avant et les Etats-Unis flirtent désormais tristement avec un taux de chômage à l’européenne (10% environ).

Pestant contre les politiciens de Washington, Howard Schultz a lancé au début du mois un fonds « Let’s Create Jobs For Usas ». Un appel aux dons (en ligne ou dans les 11.000 cafés de la chaine) est lancé :  pour chaque dollar recueilli par la Fondation Starbucks, le partenaire Opportunity Finance Network (OFN, un organisme de prêts  à but non lucratif qui vient en aide aux communautés défavorisées) versera 6 dollars.

Les PME auront ainsi accès à des crédits à des taux très favorables que les banques ne leur accordent pas. Car s’il ya  bien une conviction aprtagée des deux côtés de l’Atlantique c’esst que l’emploi ne repartira qu’avec les PME !

La Fondation Starbucks a elle même donné 5 millions de dollars pour amorcer la pompe. L’appel aux dons a débuté le premier novembre. L’effet levier du dispositif permet pour chaque don de 5 dollars d’en prêter 35 dollars à des petites entreprises.

Evidemment l’initative est formidablement marketée. Toute personne qui donne  5 dollars et plus pourra ainsi recevoir et arborer fièrement un bracelet metallique bleu blanc rouge avec la mention « Indivisible » entièrement fait à la main et « Made in the USA » !

Un récent article du Monde racontant l’initiative émet des réserves sur celle-ci : « L’initiative ne constitue qu’une part infime de l’énorme effort que nécessiterait une relance de l’emploi aux Etats-Unis » . Habitude bien française du commentaire négatif qui voit systématiquement le verre à moitié vide !

Ce n’est peut-être qu’une goutte d ‘eau pour éteindre un incendie  mais la démarche relève de la « stratégie du colibri ». Voici l’ histoire, en forme de parabole :  un colibri prend dans son bec une goutte d’eau et essaie d’éteindre un gigantesque feu de forêt. Ce à quoi un autre oiseau-mouche lui fait remarquer :« Cà ne sert à rien, une miniscule goutte çà ne suffira pas« .  Et le colibri de répondre : « Peut-être, mais… je fais ma part ! »

Howard Schultz ne dit pas autre chose : « Le programme Create Jobs for the USA ne suffira pas à lui tout seul pour résoudre le problème. Mais il peut inspirer des initiatives… »

En France, ce qui manque, ce ne sont pas les esprits chagrins, ce sont les colibris…Aux Etats-Unis, on « fait sa part », et on attend sans doute moins de l’Etat. Vieille rengaine toujours d’actualité : aide toi…

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Froid de novembre, les menaces d’un gel du crédit se font sentir. Les banques perdent des actifs (la crise des dettes des Etats souverains) et doivent en plus renforcer leurs fonds propres… Les entrepreneurs plus que jamais doivent compter d’abord sur eux-mêmes.

On l’a dit et redit à l’occasion du G20 des Jeunes entrepreneurs de Nice puis du B20, l’avenir économique sera plus rose si on multiplie les entrepreneurs et les nouvelles entreprises et si l’on créé un écosystème plus favorable à leur éclosion et leur épanouissement.

Pour se mettre du baume au coeur en ce mois frisquet,  on peut se rappeler que cette semaine (du 14 au 20 novembre) dans le monde entier (123 pays) on peut participer à la Global Entrepreneurship Week.

On y célébre l’entrepreneuriat, la création d’emplois et l’amélioration du bien être des populations. En France, ce sont par exemple les initiatives menées par les Journées de L’Entrepreneur, dont l’intérêt est aussi capital pour l’avenir de l’économie que les journées du patrimoine pour le souvenir de la splendeur passée de nos chers et vieux  monuments !

A New-York,  la Bourse pour la troisième fois organise dans le cadre de la GEW un concours de start-up, Movers&changers. Concours qui offre 25.000 dollars en amorçage (le précieux « seed » capital).

Ce sont des chefs d’entreprises expérimentés qui notent les jeunes candidats start-upers.

Et cette année ce sont deux étudiants de l’université de Pennsylvanie qui ont séduit leurs pairs : leur site skillhub.com appartient à cette nouvelle économie de la connaissance. L’idée est de  proposer un service mondial de partage de compétences en ligne.

Le conseils des aînés aux jeunes apprentis entrepreneurs ? Il est à la fois éternel et d’une brûlante actualité : compter d’abord sur ses propres ressources, et ne pas trop compter sur les banques !

« Plus je mange de viande rouge chez Hippo, plus j’épargne pour mieux vieux jours ». C’est en carricaturant à l’extrême la promesse de Futureo.fr, une superbe idée de business pour « achat après achat préparer sa retraite » comme l’annonce le claim de cette  jeune start-up labellisée entreprise innovante par Oseo.

utureo c’est d’abord une carte bancaire de paiement (une Mastercard) classique lancée le 8 novembre. Pour l’internaute qui l’acquiert sur le site de Futureo, il en coûtera 45 euros soit guère plus qu’une carte ordinaire achetée dans les grands réseaux bancaires traditionnels. Le « plus » par contre vaut son pesant de cacahuètes : cagnotter pour ses vieux jours. Explication :

« Pour tout achat réglé avec la carte Futureo Mastercard, Futureo et les commerçants vous reversent un pourcentage de votre dépense sous forme d’économies retraite (jusqu’à 20,5% suivant le commerçant).  Ces économies retraite s’accumulent sur votre compte Futureo et sont ensuite placées sur Futureo Vie, un contrat d’assurance vie spécialement conçu », explique Marc Baillet, le fondateur de Futureo.

Marc Baillet a bien senti les évolutions de consommation, voire les bouleversements nés de la crise.  Pour 70% des 25-64 ans, le financement des vieux jours une préoccupation majeure, souvent la seconde derrière le chômage.

« Futureo est né de la crise. Nous avons travaillé deux ans et demie sur le projet, créé la société en 2009 et lancé le service en novembre ».

L’idée est simple à comprendre pour le consommateur. Par contre, monter l’entreprise requiert un sacré talent de négociateur pour convaincre tous les partenaires de se lancer dans l’aventure ! Pour la carte de paiement, Marc Baillet a voulu éviter les banques de marché qui proposent surtout des modèles de cartes offrant un credit revolving. « C’est un problème, nous Futureo on voulait une carte de paiement au comptant, on ne veut pas contribuer à l’endettement des Français« . Finalement c’est avec un partenaire du Crédit Mutuel que Futureo a conçu sa carte.

Pour le contrat d’assurance-vie c’est l’assureur Générali qui gère. Reste à convaincre les commerçants. Les e-commerçants, ce fut assez facile. Pour les grandes enseignes de commerce physique c’est toujours plus long.  « Les premiers à signer ce fut le groupe Flo avec toutes ses enseignes de restauration : Hippopotamus, Brasseries Flo…300 restaurants en tout ». La chapine de jouet Toy’s'r’Us a également été séduite. « Ils enrichissent leur programme de fidélisation avec un plus très différenciant et augmentent leur taux de revisite. Pour le consommateur, c’est indolore ».

Petit à petit sur 30 ans, le consommateur-épargnant peut espérer se constituer un complémznt retraite de 20 à 30.000 euros en consommant plus !  Futureo espère conquérir 600.000 membres en 5 ans, soit 1% du nombre de porteurs de cartes de paiement.

Ah les passations de pouvoir… A chaque remaniement ou changement de gouvernement, on y a droit : discours rétrospectif du partant sur le bilan de l’action menée et discours prospectif du nouvel arrivant, plein de promesses.

Anne-Marie Idrac a fait du bon boulot, discrètement depuis 4 ans au Secrétariat d’Etat au commerce extérieur. En passant la main hier à Pierre Lellouche, elle a néanmoins exprimé un regret : « Ne pas avoir assez fait passer dans l’opinion l’importance pour l’économie française de cette ouverture à l’international« .

Que MmeIdrac se rassure. Le salut par l’export, les PME sont depuis la crise de plus en plus nombreuses à l’envisager.

J’interviewais récemment Riou Glass (800 personnes, 120 millions de chiffre d’affaires), un fabricant de vitrage de sécurité qui n’avait guère prospecté plus loin que la Belgique et l’Espagne. Il prospecte un marché prometteur (en centaine de milliards de dollars) mais extrêmemnt risqué : l’Irak.  Son PDG fondateur était à Bagdad fin octobre avec la délégation française de grosses boîtes conduite par Anne-Marie Idrac pour prendre contact. Et le marché est très demandeur : « Leurs besoins sont immenses » note Sébastien Joly directeur marketing. Il faut reconstruire des buildings avec des vitrages de haute sécurité. Or leur tissus de PME locales a été détruit par les guerres« . Riou Glass a déjà reçu des demandes de quotations et de prix…

Autre interview passionnante celle d’un ancien militaire, ancien officier de police judiciaire, Jean-Michel Delouard. Depuis sa reconversion dans le civil, il a créé une société de logiciels de gestion à Lannion, 3D Ouest. Entre autres spécialité, les logiciels de gestion de cimetières pour les petites communes.  Ce passionné de géopolitique vient de décrocher un contrat avec une ville chinoise, Gullin 800.000 habitants, au sud de la Chine. « Je veux montrer que même une PME sans grande envergure peut faire des affaires en Chine et à l’international. C’est indispensable d’aller chercher les marchés là où ils sont dans les pays en croissance. Plutôt que d’attendre une hypothétique reprise en France ou en Europe« .

Encore plus audacieux ? Il y a aussi des start-up qui visent carrément le marché international dès le départ. Prenez Metabolic Explorer, dite aussi Metex.  Cette société de Clermont-Ferrand développe des composés biochimiques alternatifs aux composants issus de la pétrochimie. Son produit phare, le PDO, un composant issu de la chimie verte qu’on retrouve dans les textiles la moquette ou les peintures. Metabolic Explorer, créée en 1999 par un docteur en biotechnologie, est cotée en bourse (Euronext) depuis 2007 et valorisée 147 millions d’euros. De société de recherche elle est sur le point de passer à l’aventure industrielle.

Elle a signé en novembre un contrat avec l’agence de développement de Malaisie pour y implanter une usine de PDO de grande capacité, 50.000 tonnes à terme.  La société auvergnate a choisi la Malaisie pour être à proximité des principaux clients de la région : Inde, Chine, Japon et ambitionne d’être l’acteur majeur en Asie. Le pari, se transformer en société industrielle rentable, est audacieux : la société de recherche auvergnate dispose de 44 millions de trésorerie mais n’a pas encore engrangé de chiffre d’affaires !

Le week-end prochain se tient à l’espace Champerret (à Paris 17ème) la deuxième édition de Nouveau départ, le salon du divorce, de la séparation et du veuvage. La première édition avait attiré 4000 personnes. J’interviewe Brigitte Gaumet,  créatrice et commissaire du salon,  dans le cadre d’un papier que je prépare pour L’Entreprise, le magazine mensuel. Le marché existe, et le salon répond à un vrai besoin : « En 2008, il y a eu 130.000 divorces en France et 23.000 dépacsés. Le marché est énorme« . Les besoins sont immenses : se reconstruire, personnellement, professionnellement, socialement…

Un nouveau métier apparait, importé des Etats-Unis, « Divorce Planner » : un peu sur le principe des enterrements de vie de célibataires, organiser une party pour fêter son divorce.

Géraldine Rio, forte d’une expérience longue et douloureuse du divorce (6 ans de procédure) se lance sur le créneau.  Cette ancienne banquière s’est installé en Bretagne comme « Conseiller manager en séparation« . Elle a monté son entreprise individuelle, Cap’Orizon (1).

« Au début l’idée était de faire une Fête du divorce. Deux femmes s’étaient déjà lancées sur le créneau en 2006 sans grand succès à l’époque. Puis en mûrissant l’idée,  j’ai réalisé que cette fête du divorce n’était qu’une option -tout le monde n’en a pas envie- et la cerise sur le gâteau. Mon métier consiste en fait à coacher les personnes, hommes ou femmes, démunis dans leur démarche, avant, pendant et après la séparation« .

Géraldine Rio les accompagne chez l’avocat (« Sans jouer les juristes »), leur prodigue les conseils pour protéger leurs ressources financières au cas où le conjoint pèterait les plombs et viderait le compte en banque. Elle joue aussi les psy de nuit : le week-end du 1 er novembre, elle a du consoler, rassurer, épauler une cliente jusqu’à 2 heures du matin. Le tarif ? Le forfait d’accompagnement de 6 mois minimum coûte 5382 euros TTC. Les clients lui arrivent par son réseau personnel : avocats, banquiers, médecins, psy… « C’est un business porteur« , reconnaît Géraldine Rio. « Il y a  ceux qui vivent des mariages, il y aura ceux qui vivent des divorces. Mais être accompagné par un coach facilite la réussite du rebond après cette épreuve« .

(1) Contact : cap’orizon@gmail.com)

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Esprits business, parce qu'entreprendre relève d'abord d'un état d'esprit.

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