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La menace d’une catastrophe nucléaire suite au séisme et au tsunami qui ont frappé l’archipel donne lieu à des réactions contrastées : en forçant le trait, d’un côté le self-control yankee et le flegme british. De l’autre, un art du repli précipité des Européens du Vieux continent.  On caricature, mais force est de constater que malgré la gravité des événements et des menaces,  nos amis et concurrents  américains et anglais (dans le business) préfèrent la jouer « Wait and See« .

Pays Bas, Allemagne, Autriche ,et d’autres pays recommandent à leurs ressortissants de se poser la question de savoir si leur présence à Tokyo est indispensable. De grosses entreprises allemandes comme Daimler, Bosch, BMW évacuent des familles entières d’expatriés.

De son côté la France déconseille fortement les voyages au Japon dans ses « Conseils aux voyageurs ». Peut-être un réflexe de prudence excessif, ultime avatar du sacrosaint principe de précaution.

Alors que la Vieille Europe invite ses concitoyens à l’exode, que font nos amis anglosaxons face à cette crise ? John Roos l’ambassadeur américain à Tokyo,  invite tout simplement ses compatriotes  travaillant sur place  à « suivre les consignes locales données par la défense civile japonaise« . Les Britanniques aussi sont très calmes. Selon l’ambassadeur de l’Union européenne, « pour eux il n’y a pas de danger« .Le pragmatisme l’emporte sur la panique.

Et les Japonais ? A en croire les informations d’Euronews, ils continuent d’aller au bureau à Tokyo. A vélo si les transports ne marchent plus… C’est beau le patriotisme économique !

Espérons qu’au moment où le business reprendra « as usual », les consommateurs nippons ne tiendront pas rigueur aux filiales européennes d’avoir déguerpi précipitamment après la catastrophe naturelle…

 
"Le Printemps des magiciens" de Pierre Gattaz

 

"Je suis étonné des réactions. Des salariés trouvent que mon bouquin leur donne la pêche ! ". "Le printemps des magiciens" est en effet un bouquin d’entrepreneur très énergisant, très combatif.  A lire, entrepreneur ou salarié, pour retrouver la pêche en début d’année.

L’ouvrage est écrit par Pierre Gattaz, un industriel, patron deRadiall, une de ces trop rares entreprises de taille intermédiaire (2000 salariés). Pierre Gattaz, 50 ans, fils d’Yvon Gattaz (ancien patron des patrons quand le Medef s’appelait encore le CNPF) témoigne de sa foi dans l’industrie pour résoudre les maux de notre civilisation et plaide pour la reconstruction de filières d’excellence nationale.

Pierre Gattaz a un peu la nostalgie des grandes aventures pensées sur 30 ans de l’ère De Gaulle Pompidou : l’aventure aéronautique, l’aventure nucléaire, l’aventure ferroviaire… 

Son ouvrage remet aussi les pendules à l’heure : "C’est l’économie qui tire le social pas l’inverse". C’est les commandes et le cash qui doivent être la priorité de toute entreprise car là réside sa survie et son avenir. Pierre Gattaz n’en nie pas pour autant les hommes : un des ses concurrents américains emploie principalement des Chinois et ne possède plus aucune usine en Europe. "Nous à Radiall avons fait le choix délibéré de l’équilibre entre le profil, les hommes et les clients, ce qui ne nous empêche pas de rechercher uen marge d’exploitation à deux chiffres".

Pierre Gattaz ne cache pas les difficultés, notamment les maux franco-français qui empêchent à l’industrie française d’être aussi puissante que sa voisine allemande (couplet traditionnel mais bref sur le trop d’impôt, trop de pages dans le Code du travail, trop de charge, pas assez d’esprit de coopération pour chasser les marchés en meute…) .

Mais ces quelques pages ne sont qu’un très léger lamento dans un hymne assez revigorant : et comme Pierre Gattaz est d’abord un entrepreneur à l’esprit pratique qui va de l’avant,  il suggère un plan d’action pour que l’industrie retrouve ses lettres de noblesse. D’abord lui redessiner un avenir, ensuite la remettre à flot  en rendant le pays attractif (fiscalement, cocialement…)  enfin la faire aimer en diffusant une culture économique et un certain esprit business aux Français en l’enseignant…dès l’école primaire !

 
 
Salon Med-Allia.jpg

"Les grandes entreprises allemandes aident davantage les petites dans leurs premiers pas à l’export. Là sur les 40 grosses entreprises françaises qui accompagnent Mme Idrac en Egypte, il y en a bien une qui pourrait me faire bosser. Mais non ! Nous les petits on se sent isolés". Ghilaisne Guidet, énergique dirigeante de Soudage Innovation est venue prospecter dans le cadre du Forum Med-Allia qui se tient au Caire du 6 au 9 décembre. Après le discours policé de Anne-Marie Idrac, secrétaire d’Etat au commerce extérieur, elle ne mâche pas ses mots. 

Entre deux rendez-vous de speed-dating business (30 minutes avec un partenaire potentiel égyptien, tunisien marocain…), nous discutons des difficultés des PME françaises, la sienne en particulier, à exporter. 

Cette chef d’entreprise a créé avec son mari son affaire (moins de 10 personnes) de soudage de goujons, à Montbrison (Loire) il y a 23 ans. Dès la création elle a fait de l’export : à l’époque c’était facile, ses gros clients en France recommandaient l’entreprise quand ils s’implantaient à l’étranger, en Espagne, en Chine ou en Arabie Saoudite.  Depuis 2 ans, Ghilaine Godet prospecte par elle-même les marchés export. "On a essayé de bosser avec un réseau de revendeurs mais çà ne fonctionnait pas bien : le client a besoin d’assistance technique, on vend une technique avant un produit".

 Comme nombre de petites sociétés, Ghislaine Godet n’a pas les moyens de se payer un cadre export. Soudage Innovation réalise environ 900.000 euros de chiffre d’affaires. Alors elle mène des actions ponctuelles comme participer à un salon à moindre coût. Sa présence à Med-Allia lui revient à 700 euros, déplacement compris.  Une bonne affaire : généralement c’est trois fois plus cher, sans compter les hôtels et les frais annexes.  Ubifrance, l’organisme pour le développement à l’international des entreprises prend à sa charge une grande partie de la note. Néanmoins Ghilaisne Godet n’attend pas trop de ce Forum. "Si je peux ramener quelques contacts de ce voyage en Egypte c’est déjà bien".

Voilà Ghislaine Godet qui interrompt notre conversation : elle sort sa plaquette commerciale, ses boulons (soudés grâce au savoir faire de sa boite !) et fait connaissance avec son nouveau visiteur égyptien. Pendant trois jours elle aura enchaîné ainsi les rendez vous de premier contact. 

L’export est un travail de longue haleine. Depuis 2 ans déjà, elle a ciblé le marché algérien. "Je sais que c’est long avec mes petits moyens mais j’ai eu pas mal de contacts en Algérie cette année 2009. Il faut être patient. Je me déplace régulièrement, je fais beaucoup de relance mailing derrière, je me créé un réseau. Je suis référencée. On m’ a vu sur tel salon, notre produit est chez tel client ". La chef d’entreprise sait que toutes ses actions vont finir par payer. Elle préfère sa politique de petites actions courtes et ponctuelles. "Il y a des aides mais elles sont trop grosses et pas gratuites. J’avais fait un gros dossier Coface, nous aurions pu prétendre à une avance remboursable et puis nous avons abandonné".

Avec ses seuls moyens la dirigeante de petite entreprise de soudage de Montbrison parvient déjà à réaliser 10% de son chiffre d’affaires à l’export.

 

Le premier programme pour transformer des taulards en entrepeneurs

"Nous étions des meurtriers, nous étions des leaders de gangs, nous étions des dealers de drogue. Nous sommes des cadres dirigeants et des entrepreneurs. Nous avons décroché des MBAs…Nous sommes des prisonniers entrepreneurs". C’est la promesse marketing duPrison entrepreneurship program, créé par Catherine Rorh, ex-investisseur à Wall Street. C’est en visitant une prison du Texas qu’elle réalise qu’il y a plus de oints commun qu’on imagine entre des détenus et des businessmen. "Ils savent comment s’y prendre pour faire que les choses soient faites et même le moins sophistiqué des dealers de drogues comprend les notions  de risque, compétition, profit ou propriété de réseaux de distribution". L’idée de Catherine Rorh : pourquoi ne pas exploiter ces qualités des détenus pour gérer un business légitime ?  Depuis 5 ans, son intiative a donné des résultats et changé la vie de plusieurs prisonniers de la prison de Bryan (Texas) :  les détenus volontaires qui suivent le Prison Entrepreneurship Program créent plus d ‘entreprises, trouvent plus facilement un job et…retournent moins souvent en taule !

Capitaux risqueurs en exercice, étudiants d’Harvard ou de Stanford…bref l’élite du business légale intervient auprès de la lie enfermée derrière les barreaux pour les aider à changer de vie. En espérant que  Bernard Madoff  (qui a 150 ans de prison devant lui à accomplir) ne viendra pas professer quelques uns de ses cours de gestion…

 
Miniature de l'image pour LedToLite : cette PME de la Creuse est la première à bénéficier d'une intervention du Fonds stratégique d'investissement
Led to lite, une PME de la Creuse (20 personnes) est la première petite entreprise dans laquelle investit le Fonds Stratégique d'Investissement

"Chez Pinault Printemps Redoute, la baseline est Entreprendre est notre grande aventure. Alors faites nous plein de petits Pinault". C’était le voeu de Patricia Barbizet aux entrepreneurs de Croissance Plus qui tenaient leur premier Spring Campus à Avoriaz il y a quelques jours (voir post du 27 mars) .  Recrutée par François Pinault au moment où celui-ci introduisait son groupe en Bourse (il y a  20 ans), cette femme d’affaires est considérée  comme une des 5 femmes les plus influentes du business en Europe. Son influence s’accroit encore depuis qu’elle pilote le comité d’orientation stratégique du fameux Fonds stratégique d’investissement (FSI) créé par Nicolas Sarkozy fin 2008.  

Le FSI, très bien doté (20 milliards d’euros s’il vous plaît) fonctionne avec une petite équipe de 20 personnes, autour de Gilles Michel (Citroën). Le FSI ne fait pas que soutenir les géants cabossés par la crise (Daher, Heuliez, Valeo, Farinia…).

Son 4ème investissement porte en fait  sur un montant de 4,2 millions d’euros, à injecter dans une PME de la Creuse, LedToLite, destiné à l’éclairage architectural et décoratif. La PME limousine (20 personnes) créée en 1992 pourra ainsi poursuivre son développement et conserver son avance technologique. Si même l’establishment d’en haut commence à prendre fait et cause pour les entreprises de croissance et les entreprises moyennes (ce Mittelstand allemand dont le tissu économique français manque cruellement), il ne faut désespérer de rien… 

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Esprits business, parce qu'entreprendre relève d'abord d'un état d'esprit.

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