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Surenchère. C’est le mot. On a beau savoir que la période électorale est propice aux promesses inconsidérées, on a beau savoir qu’on attrape pas plus les mouches que  les électeurs avec du vinaigre… on peut déplorer que les entrepreneurs soient la cible un peu facile des candidats de tous bords.

François Hollande propose de frapper de 75% d’impôts  les riches (à partir du 2ème million)  dont beaucoup d’entrepreneurs ayant réussi. Que fait  Nicolas Sarkozy ? Il surenchérit avec la promesse de traquer les exilés fiscaux, dont beaucoup d’entrepreneurs ayant réussi. L’autoroute à démagogies et bien ouverte.

Le mouvement d’entrepreneurs Ethic dénonce « ce tir aux pigeons« . « Ce sont, directement ou non, les entrepreneurs qui créent des richesses. Ne faudrait-t-il pas plutôt les remercier, et se battre pour les garder ? » réagit Christian Liagre Vice Président d’ETHIC et PDG de Créatifs.

Le monde de l’entreprise commence à faire entendre sa voix. Laurence Parisot pour le Medef critique la proposition de Nicolas Sarkozy d’un impôt minimum pour les grands groupes. Maurice Lévy pour l’Afep (Association française des entreprises privées, le gratin des grandes entreprises) rappelle qu’augmenter les impôts « nous ferait crever un plafond avec un impact négatif sur la croissance« .

Les exilés fiscaux français en Belgique volontiers montrés du doigt en ce moment sont estimés entre 2 à 5000. S’ils  se réfugient outre Quiévrain, ce n’est pas avec une très grosse fortune mais un patrimoine relativement « modeste » (deux à trois millions d’euros selon certaines sources).

Ce qui inquiète le plus les patrons -exilés fiscaux ou pas- c’est bien l’instabilité fiscale chronique qui règne en France ! A quelle sauce fiscale et sociale vont-ils encore être mangés ?

 

La conversion toute  récente (et donc excessivement zélée) de nos politiciens en faveur du « Made in France » ou du « Produire en France » sonne comme un retour de balancier. Bien sûr nos candidats à la présidentielle en font trop : discours électoraux plein de  trémolos, ruée dans les usines, soins palliatifs et discours compassionnels pour des entreprises menacées de fermeture (Lejaby récemment). Nos politiques redécouvrent que sans industrie dynamique, pas de croissance économique.  Il était temps !

Au début des années 2000, Alcatel s’engage dans la voix de l’entreprise sans usine de production (« fabless company »). Serge Tchuruk le PDG en juin 2001 annonce qu’Alcatel se donne 18 mois pour devenir un groupe sans usine.

Ce représentant de l’élite technomanagériale ouvrait  ainsi la voie à une décennie de désindustrialisation accélérée, une désindustrialisation aujourd’hui honnie par tous, de Melenchon à Le Pen en passant par Bayrou ou Hollande.

Le signal donné à l’époque par ce dirigeant de grand groupe fut désastreux : il laissait à penser que la production  en France n’était plus une activité noble ni même stratégique. Résultat : le modèle du « fabless » a été une mode managériale très répandue. Et depuis 10 ans la France s’est désindustrialisée massivement. « Le fabless a conduit au jobless » déplore Pierre Gattaz patron de Radiall et du Groupement des fédérations industrielles (GFI).

La dégringolade aura été très rapide. Avec 600.000 emplois industriels perdus en dix ans, le chef de l’Etat a beau jeu de déplorer que « la France se vide de son sang industriel« . On peut reprocher beaucoup de revirements au chef de l’Etat mais sa foi en l’industrie, son refus d’une « France sans usines » sont chez lui une constante.  Il a beau jeu de rappeler que la France avec deux champions nationaux, Renault et PSA, est devenu importateur net de voitures ! L’inauguration par Renault de sa nouvelle usine de Tanger ne manque pas de déchainer les critiques.

Remonter la pente sera beaucoup plus lent. Mais au moins la prise de conscience même tardive existe.Et des initatives en faveur de la reconquête ont été prises.  Les Etats généraux de l’industrie, l’argent de l’emprunt national en faveur de nouvelles filières industrielles, des opérations de communication comme la Semaine de l’industrie redonnent de l’importance au rôle moteur de l’industrie pour l’entrainement du reste de l’économie.

It’s half time America.

 

Aux Etats-Unis aussi l’heure est à la reconquête d’une fierté industrielle perdue. Chrysler a même fait appel à l’icône Clint Eastwood, 81 ans, pour revaloriser les voitures  » made in Détroit ».

Le dinosaure d’Hollywood, dans un spot de pub projeté à la mi temps du Superbowl, y lance un crépusculaire appel au patriotisme économique (et à la réelection d’Obama selon certains observateurs !).

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Du Sommet social du 18 janvier, le chef de l’Etat a sorti de nouvelles mesures d’urgence en faveur de l’emploi et de la formation.

Suppression des charges à l’embauche de jeunes pendant 6 mois dans les toutes petites entreprises, mesures pour encourager l’activité partielle, enveloppe pour la formation des chômeurs très éloignés de l’emploi, renforcement des effectifs de Pôle Emploi…On voit en effet que c’est l’urgence qui commande.

Le chef de l’Etat annoncera encore d’ici quelques jours  une reforme « radicale » de la formation professionnelle, la création d’un organisme dédié au financement de l’industrie, des mesures pour relancer l’offre de logements, et bien sur le dispositif de TVA sociale pour alléger les charges sociales des employeurs et salariés…

Répondre à l’urgence donc. Mais l’important est sans doute ailleurs.

« Il nous faut en France sortir de la société de consommation et passer à une culture d’investissement« , observe Olivier Duha, président de Croissance Plus (400 membres) qui commence un travail de lobby et vient de lancer un journal de campagne bimensuel (premier thème : l’innovation) pour faire valoir ses idées avant un Manifeste recensant ses propositions en mars. « Cela fait plus de 35 ans que l’on vit à crédit et qu’on finance  notre croissance artificiellemen,t par de la dette et des déficits« , déplore ce chef d’entreprise patron de Webhelp (centres de relations clients).

Et si les cadres sacrifiaient quelques jours de RTT…

« Cà évolue depuis la crise. Maintenant on n’a plus le choix : la France a été dégradée« , veut croire son confrère Stanislas de Bentzmann, vice président qui a créé Devoteam et pousse un cri du coeur : « Mes cadres sont passés avec les 35 heures de 4 semaines et demie à 8 semaines et demie de congés annuels. Ce sont mes locomotives dans l’entreprise, or leur temps de présence s’y est réduit ». Pour le patron de Devoteam cette chute du temps de travail de l’encadrement intermédiaire est « source de stress et donc de moins bon travail ».

Et de suggérer que de même qu’on pourrait sacrifier  5 jours de RTT pour réduire la dette, chaque cadre pourrait sacrifier 5 jours de RTT. Comme lui beaucoup de patrons aimeraient « qu’on revienne au moins aux 39 heures pour les cadres, qu’ils aient moins de jours de RTT ».

« Remettre les Français au travail c’est une vertu et une question de survie. Les 35 heures ont eu un effet pervers : elles ont rendu aux yeux de beaucoup le travail comme un mal nécessaire« , observe Olivier Duha.

De fait en 2012, le travail ne serait que la troisème priorité des Français après… la famille et les loisirs ! A suivre à ce sujet le débat et la grande enquête de Radio France ( Quel Travail Voulons nous (Editions Les Arênes) publiée le 23 janvier.

On le sent,  en discutant avec les patrons de terrain, c’est au delà de mesures d’urgence tout l’écosystème qui est à revoir pour le rendre plus favorable à l’entrepreneuriat.

D’ailleurs les entrepreneurs de Croissance Plus ne cachent pas leur admiration  pour David Cameron et sa politique d’austérité très rigoureuse menée depuis 2010 au Royaume Uni (pays qui n’a pas attendu pour augmenter son taux de TVA de 2,5 points de pourcentage). David Cameron est loué pour son choix clair et fort de rendre attractif son pays pour les entreprises, son choix clair d’une politique de l’offre avec des mesures fortes. Quel contraste avec la politique de ce côté ci de la Manche : « En France on a 449 niches fiscales,  un tiers sont inutiles mais on se contente de les raboter toutes de 10% ! « .

Des postes non pourvus par méconnaissance de l’école et de l’entreprise

Anecdote du patron d’Ervor, une PME industrielle exportatrice (compresseurs) Laurent Vronski : « J’ai des problèmes de recrutement sur des postes de soudure et de montage. Je viens juste de réaliser qu’il y avait à moins d’un km de mon usine un lycée technique qui forme à ces postes. Mais ce lycée non plus ignorait mon existence et que je pouvais proposer des débouchés aux élèves !« .

 

L’industrie ne fait plus rêver les élites

Autre anecdote affligeante, le peu de goût de nos élites pour l’industrie  : « Les ingénieurs de la promotion Sup Aéro 2009-2010 ont tous été happés par les banques« , confie Stanislas de Bentmann, gros recruteur (son groupe créé en 1995 emploie 4800 salariés)   Nous devons absolument redonner aux ingénieurs le goût de produire. Nous ne pouvons pas être juste une société de services. Regardez les pays dits « émergents » : comme par hasard ce sont de grandes puissances industrielles ».

 Manque de culture partenariale. 

C’est la faiblesse bien connue de la France et la grande force du partenaire (et principal concurrent) allemand : les PME innovantes se font très peu mettre le pied à l’étrier par les grandes  entreprises en France. Leur propriété intellectuelle est souvent pillée. « On se fait carrément spolier oui ! », s’indigne même Laurent Vronski. Et les grands groupes français n’aident pas beaucoup non plus les PME dans leurs premiers pas à l’export en dépit de quelques initiatives de portage.

Dans le débat politique en vue de la présidentielle, il serait bon que l’on entende un peu plus la petite musique des patrons de terrain. Ce sont les PME qui innovent et créent de l’emploi. C’est l’écosystème pour favoriser le nombre de leurs naissances et surtout leur croissance (1) qui doit être revu et vite maintenant :!

 

(1) Petit Scoop : « Grandir ! De la start-up à l’ETI comment faire  » C’est le thème du prochain Spring Campus de Croissance Plus qui se tiendra cette année à Evian du 22 au 24 mars 2012.

 

« Les grandes entreprises usent de toutes les méthodes pour ponctionner le maximum de marge brute réalisée par leurs fournisseurs, avec les méthodes les plus ignobles. C’est un vol permanent et quotidien pour capter la marge et la remonter vers les leaders de filière et satisfaire la cupidité des actionnaires« .

J’aime bien Jean-Claude Volot, entrepreneur chevronné qui donne aujourd’hui beaucoup de son temps et de son énergie au bien public. Médiateur c’est son rôle, mais qu’on ne compte pas sur lui pour être un homme rond jouant la politique de l’édredon. Son discours est cash, et décape. Inlassablement, il dénonce les turpitudes du système d’achat en France et les rélations féodales entre grands donneurs d’ordre et sous-traitants. Il est un peu la voix des faibles qui ne peuvent se faire entendre.

Nommé voici 18 mois Médiateur des relations entreprises et de la sous traitance industrielle, Jean-Claude Volot est lucide sur le premier bilan de son activité : « Nous avons l’Everest à gravir. Nous sommes à 500 mètres d’altitude aujourd’hui ». Il n’hésite pas à donner de la voix comme récemment encore lors d’une table ronde à Lyon, dont une fédération professionnelle (Allizé Plasturgies) m’envoie la video.

A l’heure de la récession annoncée au premier trimestre 2012, les PME s’inquiètent de devoir payer la facture et de redevenir les banquiers de leurs clients. Dans une Lettre ouverte, Croissance Plus par exemple s’inquiète de l’allongement des délais de paiement constatés par 73% de ses membres.

Les mauvaises habitudes reprennent le dessus : les grandes entreprises se font tirer l’oreille pour payer quand elles ne menacent pas implicitement de rompre le contrat si le petit fournissseur ou prestataire se fait trop insistant. Les mêmes ont signé une charte de bonnes pratiques Donneurs d’ordre sous traitants…mais les réflexes ont la vie dure et le bon vieux rapport de force en vigueur depuis des temps immémoriaux redevient la norme. Porter l’affaire devant la justice : « Sachez que quand un conflit arrive devant les juges, 700 à 1000 n’iront jamais en justice et les préjudices seront subis par le sous traitant ». La loi du plus fort donc…

Selon le Médiateur, le problème est loin d’être conjoncturel. Il est structurel et tient à la structure économique de la France : « Elle reste basée sur l’Ancien régime, avec notamment Colbert. Nous avons 34 grandes entreprises industrielles parmi les 40 sociétés du Cac 40. Notre pays est trop sous traitant car ces sociétés ont organisé le pays pour satisfaire leurs besoins de production, de capacité ou de spécialité : ces besoins sont transférés à des entreprises supposées partenaires mais qui ne l’ont jamais été ».

Jean-Claude Volot utilise une image forte, inspirée des films de science fiction pour décrire cette captation de la marge : il compare les grandes entreprises du Cac 40 à des vaisseaux mères des envahisseurs ! « Voyez ces nombreux films où une gigantesque soucoupe volante vient se poser sur un territoire avec des Aliens qui ponctionnent tout. Mon souhait même si ce que je dis fais mal c’est qu’ils partent vite pour qu’on puisse faire émerger les industries du futur« .

C’est la grande thèse du médiateur : une fois les grandes entreprises parties, elles laisseront le champ un peu plus libre pour faire éclore les vraies industries du futur. « La France est trop sous-traitante et doit muter » Nos grandes entreprises sont les plus apatrides du monde (…) Ils touchent les subventions mais ne renvoient pas l’ascenseur. Ces gens là foutent le camp et font le malheur des sous-traitants de l’industrie d’aujourd’hui. Ces grandes entreprises mères partent : sur le court-terme c’est un malheur. Sur le long terme c’est une chance. Une grande mutation industrielle se prépare« .

Apparaitra -à en croire Jean-Claude Volot- une nouvelle structure économique de la France qui sera beaucoup plus proche de celle de l’Allemagne avec son fameux Mittelstand. « A 10 ou 20 ans la situation n’est pas dramatique : dans les mutations technologiques actuelles vont apparaitre de nouvelles industries comme celles déjà inventoriées par le Commissariat général à l’Investissement lors du »Grand emprunt« . De nouvelles PME et ETI vont naitre et propsérer dans des éécosystèmes intelligents » pour reprendre l’expression chère à René Ricol : le commissaire général à l’investissement, chargé de veiller aux 35 milliards de l’emprunt national sous l’autorité du Premier ministre est « un copain » de Jean-Claude Volot.

D’ici là le journaliste économique n’aura pas fini de chroniquer la disparition de PME sacrifiées sur l’autel de la crise par des grands donneurs d’ordre : « Ces gens sont destructeurs du maillage économique du pays et le mettent en danger avec un cynisme que vous ne pouvez pas imaginer« , lance dans une dernière salve Jean-Claude Volot. « Et pourtant je suis un chef d’entreprise réputé de droite ! « .

La « Businessperson of the Year »  selon Fortune ? Pas le patron de Mac Do qui a réussi à augmenter ses profits malgré une hausse de ses coûts ni le patron de Facebook qui a encore doublé son chiffre d’affaires en un an. Ni le patron de Groupon ou celui de Linkedin dont les business sont très à la mode.

Non le magazine a choisi Howard Schultz fondateur et toujours CEO de Starbucks. Parce que depuis la reprise en main de son groupe (il avait délaissé l’opérationnel en 2000 avant d’y revenir en 2008)  celui ci cartonne bien sur, mais pas seulement. Aux Etats-Unis, certains le verraient bien carrément président du pays !

Parce qu’Howard Schultz  est en passe de réaliser ce que ni les Démocrates ni les Républicains ne font : créer des jobs et remettre l’Amérique au travail.  Depuis le mois d’août la situation est bloquée au Congrès pour le vote du plan emploi d’Obama (447 milliards de dollars). Il y a pourtant urgence : la « job machine » américaine ne fonctionne plus comme avant et les Etats-Unis flirtent désormais tristement avec un taux de chômage à l’européenne (10% environ).

Pestant contre les politiciens de Washington, Howard Schultz a lancé au début du mois un fonds « Let’s Create Jobs For Usas ». Un appel aux dons (en ligne ou dans les 11.000 cafés de la chaine) est lancé :  pour chaque dollar recueilli par la Fondation Starbucks, le partenaire Opportunity Finance Network (OFN, un organisme de prêts  à but non lucratif qui vient en aide aux communautés défavorisées) versera 6 dollars.

Les PME auront ainsi accès à des crédits à des taux très favorables que les banques ne leur accordent pas. Car s’il ya  bien une conviction aprtagée des deux côtés de l’Atlantique c’esst que l’emploi ne repartira qu’avec les PME !

La Fondation Starbucks a elle même donné 5 millions de dollars pour amorcer la pompe. L’appel aux dons a débuté le premier novembre. L’effet levier du dispositif permet pour chaque don de 5 dollars d’en prêter 35 dollars à des petites entreprises.

Evidemment l’initative est formidablement marketée. Toute personne qui donne  5 dollars et plus pourra ainsi recevoir et arborer fièrement un bracelet metallique bleu blanc rouge avec la mention « Indivisible » entièrement fait à la main et « Made in the USA » !

Un récent article du Monde racontant l’initiative émet des réserves sur celle-ci : « L’initiative ne constitue qu’une part infime de l’énorme effort que nécessiterait une relance de l’emploi aux Etats-Unis » . Habitude bien française du commentaire négatif qui voit systématiquement le verre à moitié vide !

Ce n’est peut-être qu’une goutte d ‘eau pour éteindre un incendie  mais la démarche relève de la « stratégie du colibri ». Voici l’ histoire, en forme de parabole :  un colibri prend dans son bec une goutte d’eau et essaie d’éteindre un gigantesque feu de forêt. Ce à quoi un autre oiseau-mouche lui fait remarquer :« Cà ne sert à rien, une miniscule goutte çà ne suffira pas« .  Et le colibri de répondre : « Peut-être, mais… je fais ma part ! »

Howard Schultz ne dit pas autre chose : « Le programme Create Jobs for the USA ne suffira pas à lui tout seul pour résoudre le problème. Mais il peut inspirer des initiatives… »

En France, ce qui manque, ce ne sont pas les esprits chagrins, ce sont les colibris…Aux Etats-Unis, on « fait sa part », et on attend sans doute moins de l’Etat. Vieille rengaine toujours d’actualité : aide toi…

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Esprits business, parce qu'entreprendre relève d'abord d'un état d'esprit.

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