De Clint Eastwood à Sarkozy, haro sur le modèle « fabless » à l’origine du « jobless » !

La conversion toute  récente (et donc excessivement zélée) de nos politiciens en faveur du « Made in France » ou du « Produire en France » sonne comme un retour de balancier. Bien sûr nos candidats à la présidentielle en font trop : discours électoraux plein de  trémolos, ruée dans les usines, soins palliatifs et discours compassionnels pour des entreprises menacées de fermeture (Lejaby récemment). Nos politiques redécouvrent que sans industrie dynamique, pas de croissance économique.  Il était temps !

Au début des années 2000, Alcatel s’engage dans la voix de l’entreprise sans usine de production (« fabless company »). Serge Tchuruk le PDG en juin 2001 annonce qu’Alcatel se donne 18 mois pour devenir un groupe sans usine.

Ce représentant de l’élite technomanagériale ouvrait  ainsi la voie à une décennie de désindustrialisation accélérée, une désindustrialisation aujourd’hui honnie par tous, de Melenchon à Le Pen en passant par Bayrou ou Hollande.

Le signal donné à l’époque par ce dirigeant de grand groupe fut désastreux : il laissait à penser que la production  en France n’était plus une activité noble ni même stratégique. Résultat : le modèle du « fabless » a été une mode managériale très répandue. Et depuis 10 ans la France s’est désindustrialisée massivement. « Le fabless a conduit au jobless » déplore Pierre Gattaz patron de Radiall et du Groupement des fédérations industrielles (GFI).

La dégringolade aura été très rapide. Avec 600.000 emplois industriels perdus en dix ans, le chef de l’Etat a beau jeu de déplorer que « la France se vide de son sang industriel« . On peut reprocher beaucoup de revirements au chef de l’Etat mais sa foi en l’industrie, son refus d’une « France sans usines » sont chez lui une constante.  Il a beau jeu de rappeler que la France avec deux champions nationaux, Renault et PSA, est devenu importateur net de voitures ! L’inauguration par Renault de sa nouvelle usine de Tanger ne manque pas de déchainer les critiques.

Remonter la pente sera beaucoup plus lent. Mais au moins la prise de conscience même tardive existe.Et des initatives en faveur de la reconquête ont été prises.  Les Etats généraux de l’industrie, l’argent de l’emprunt national en faveur de nouvelles filières industrielles, des opérations de communication comme la Semaine de l’industrie redonnent de l’importance au rôle moteur de l’industrie pour l’entrainement du reste de l’économie.

It’s half time America.

 

Aux Etats-Unis aussi l’heure est à la reconquête d’une fierté industrielle perdue. Chrysler a même fait appel à l’icône Clint Eastwood, 81 ans, pour revaloriser les voitures  » made in Détroit ».

Le dinosaure d’Hollywood, dans un spot de pub projeté à la mi temps du Superbowl, y lance un crépusculaire appel au patriotisme économique (et à la réelection d’Obama selon certains observateurs !).

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1 commentaire

Bonjour

ce qui me fait sourire c’est qu’à chaque fois qu’une industrie veut s’installer, un collectif se crée au nom des risques associés (pollution, vue, bruit…)… Vous voulez vraiment une usine en bas de chez vous ? A côté de chez mes parents il y avait un transporteur. Quelle joie quand il a déménagé. Plus de camions partant à 6h du matin. Plus de temps perdu pendant leurs manœuvres… Et quand je vois les procès fait aux installations éoliennes terrestres en pleines campagnes j’imagine à peine le buzz s’il s’agissait d’une usine de 100 000 m2.

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