Bien sûr il faut aller chercher les voix. Mais le discours anti immigration du Ministre de l’Intérieur ne peut guère rassurer tous ceux qui militent pour diffuser l’esprit d’entreprise à tous les niveaux de la société.
Désolé M.Claude Guéant mais les étrangers installés en France apportent de la richesse : demandez à l’Insee, ils créent proportionnellement plus d’entreprises, donc de valeur, que les Français dits de » souche ». Normal me direz vous, il ne trouvent pas toujours facilement un travail et doivent souvent créer leur propre emploi ? Oui pour bien des étrangers la création d’entreprise est un outil d’intégration.
Souvent les immigrés acceptent aussi des emplois que les nationaux ne goûtent guère. « On n’a pas besoin de maçons, de serveurs de restaurants« , affirme le ministre de l’Intérieur. Et bien si ! 500.000 emplois (selon le Medef) 150.000(selon la Cfdt) 250.000 (selon Pole emploi!) n’ont pas trouvé preneur en 2010. On a vu en 2009 et 2010 des restaurateurs militer pour que leurs employés sans papiers soient régularisés : eux acceptaient des jobs difficiles. Du jamais vu !
Après la sortie de Claude Guéant, la Cgpme a dû communiquer sur la nécessité mainternir voire renforcer l’immigration légale du travail : « Il faut que nos entreprises soient capables d’honorer leurs carnets de commandes et ne perdent pas de contrats » a déclaré Geneviève Roy, vice présidente. Le patronat mais aussi les économistes sont d’accord : l’immigration de travail, comme salarié ou créateur d’entreprise, correspond à un besoin de l’économie française. Vouloir la limiter est politiquement incohérent avec la politique suivie depuis 2008, quand le gouvernement a défini par arrêté ministériel-signé de Christine Lagarde- les métiers par région ouverts aux étrangers.
Les entrepreneurs immigrés ou issus de l’immigration ont des profils aussi divers que les Français : petit commerçant, entrepreneur PME PMI, créateur de start-up, entrepreneur des deux rives… J’évoquerai deux entrepreneurs de talent, Yazid Sabeg (président de l’importante C&S, 6000 emplois) actuel commissaire à la diversité et à l’égalité des chances, aux origines algériennes. Et Diaa Elyaacoubi, ingénieur télécom d’origine marocaine qui a déjà créé plusieurs entreprises high-tech en France (e-brands, Streamcore) et créé plusieurs centaines d’emplois à ce titre. Une ardente militante de l’esprit d’entreprise. Elle a même créé un think-tank et lobby pour en défendre la cause : il regroupe 400 entrepreneurs.
La dernière loi sur l’immigration avec son cortège de mesures restrictives (création de zones d’attentes spéciales, pénalisation des mariages gris, augmentation de la durée maximale de rétention, création de l’interdiction de retour…) iront droit au coeur d’une majorité de Français (et d’électeurs) qui -à en croire les sondages- sont 57% à juger que « l’intégration ne marche pas » (enquête Harris interactive avril 2011) et 75% à penser que les étrangers « ne font pas suffisamment d’efforts pour vivre harmonieusement en France ». Des hommes d’Etat dignes de ce nom s’honoreraient pourtant en cherchant à convaincre plutôt que de brosser grossièrement dans le sens du poil leur clientèle électorale..









Bien envoyé !!