L’export, salut pour 80 petites entreprises qui prospectent en Egypte

"L’artisan a tout à fait sa place sa place à l’export : il est le plus performant pour réaliser des marchés de niche de l’idée à la pré-série". Sous des dehors bonhommes, Jean-Christian Bloy déploie une énergie sans faille. Conseiller à la Chambre des métiers de l’Ain, il  tient un stand à Med-Allia, un forum qui se tient cette semaine au Caire pour faire se rencontrer 300 PME (dont 80 françaises, 120 égyptiennes, mais aussi des marocaines, des  syriennes, libyennes ou libanaises…).

Et des petites entreprises de sa région, Jean-Christian Bloy en  a convaincu une  vingtaine presque toutes des primo exportatrices de venir rencontrer leurs consoeurs du pourtour méditerranéen.  Bon l’Egypte n’est pas encore la terre promise de la libre entreprise ("L’économie est encore tenue par beaucoup de compagnies "soviet style",  me confie le correspondant du Figaro au Caire, en place depuis 12 ans), mais le pays s’ouvre au business. 

Pour les petites entreprises françaises qui spontanément ne pensent pas à l’export, ce dernier devient une nécessité. Je discute avec Christophe Clinet, créateur de Clair Baie, petite affaire qu’il a montée de ses mains, qui conçoit et fabrique de vérandas :

"La vraie crise pour nous elle arrive. On va se prendre un boomerang…En 2009 j’ai passé 6 mois à maintenir l’équilibre, mais depuis le second semestre je fais le dos rond et je baisse mes marges, comme le fait la concurrence depuis longtemps. J’avais des projets de 2 ou 3 agences en France, tout a été gelé ou abandonné. J’ai tenu jusqu’ici parce que j’ai une bonne trésorerie et que les banquiers me suivent (ils se sont battus pour financer mon dernier achat de camion). Mais j’ai un volume de devis non concrétisés qui augmentent : les banques prêtent encore trop cher à mes clients potentiels. Voilà 20 ans que je défends une image de qualité de mes produits et je vais la dégrader en baissant mes marges…Mais tirer la qualité vers le bas je ne sais pas faire".  

Pour Christophe Clinet, l’export devient une solution qu’il ne peut plus ne pas envisager. "J’ai fait un stage export à la Chambre des métiers et j’ai été parachuté ici ! J’étais pas chaud mais tous comptes faits, de rendez-vous en rendez vous, je vais peut-être trouver des partenaires ! J’ai une piste via Ubifrance Turquie dont je viens de discuter avec le représentant de passage au Caire dans le cadre du Forum Med Allia". S’il conserve un peu d’optimisme, ce chef d’entreprise artisanale (10 salariés) le doit à sa prospection de  marchés export… 

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