Portrait. Alexandre Dreyfus est le prototype du serial entrepreneur autodidacte. Mais version jeans, baskets et chemise cintrée, limite Largo Winch le milliardaire en blue jeans, toujours entre deux avions. Avec quelques confrères nous l’avons rencontré à Malte, où il a installé sa boîte, il rentrait d’Afrique du sud, un week-end prolongé.
Il a 31 ans, mais a déjà monté plusieurs entreprises. La première ce Lyonnais l’a créée à 18 ans (une web agency qu’il a revendue à Publicis dès 1997) au lieu de passer le baccalauréat ! Toujours dans les années 1990 et le début des années 2000, son grand projet était Webcity, sorte de Pariscope/Officiel des spectacles sur internet : il avait réussi à convaincre Dassault investissements et d’autres de mettre des billes dans l’affaire. "Un beau projet mais nous sommes allés au dépôt de bilan en 2002 après la crevaison de la bulle internet. Je n’ai pas eu le courage de restructrurer, nous étions trop nombreux. Et puis nous étions un peu trop en avance, je ne possédais pas l’art de structurer une entreprise pour qu’elle survive". Son concurrent Cityvox rachète Webcity.
Alexandre Dreyfus rebondit dès 2004 en se lançant dans le business florissant des jeux en ligne. Il s’installe à Malte, paradis fiscal pour les jeux en ligne, après avoir tout simplement…surfé sur les sites des Postes d’expansion économiques ! Et ouvre son site en 2006, Chlipoker.
"Avant de découvrir le secteur j’étais comme tout le monde : le jeu, les paris en ligne me paraissaient sulfureux : argent du blanchiment de la drogue, activité illicite…En fait c’est une industrie très structurée pas très différente des autres activités de commerce en ligne. Le secteur crée des milliers d’emplois, les grands opérateurs sont des entreprises cotées en bourse. Pokerstars le lader du poker en ligne engrange 1,5 milliards de dollars de revenus par an ! Simplement en France, nous n’avons pas cette culture du jeu…"
Plus pour longtemps car la France, sous la pression de l’Union européenne, doit entrouvrir en janvier 2010 à la concurrence le marché des paris sportifs et jeux en ligne. Le projet de loi est passé en Conseil des ministres fin mars. Il promet d’ être l’objet d’une violente discussion parlementaire ce printemps. "Nous avons 2 mois pour faire connaître nos métiers" confie le jeune entrepreneur qui monte ce printemps l’Afojel, le lobby des opérateurs de jeux en ligne, pour peser sur le débat. L’enjeu de l’ouverture des paris et jeux en lignes n’est pas mince : un business potentiel de 2 à 3 milliards d’euros par an. De quoi aiguiser bien des appétits. Alexandre Dreyfus compte bien en profiter.
Déjà depuis Malte, sa société Chilipaylimited (sites Chilipoker, Chiligaming…) emploie 40 personnes de 13 nationalités différentes. "J’ai réalisé 8,1 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2008 (à 75% en Europe) contre 2 millions en 2007". Une croissance champignon ! Mais la start-up reste encore une PME. Sur le marché français elle va devoir affronter les moyens de communication d’opérateurs de taille gigantesque à commencer par les dinosaures futur ex monopoles, le PMU et la Française des Jeux.
Alexandre Dreyfus est fûté et a trouvé un moyen de se faire connaître d’une large audience : un partenariat avec Free (groupe Iliad) le trublion des fournisseurs d’accès internet. "Free distribuera notre service de jeux en ligne et nous ouvrira ses 4,2 millions de foyers et 12 millions d’utilisateurs", se réjouit le jeune homme qui pour opérer ce rapprochement s’est carrément payé les services de Mathieu Pigasse, associé gérant chez Lazard, le banquier que tout le monde s’arrache. De son côté Free espère avec ce deal augmenter le revenu par abonné…









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Trés bonne évolution !
Si quelqu’un a des idées sur ce sujet je suis disponible alexroloto@gmail.com
merci