Ce n’est pas la grande Dépression de 1929 mais la crise économique mondiale que nous traversons produit son lot de drames humains. Les suicides professionnels se multiplient. Les entrepreneurs aussi sont fragiles et craquent. La France entière s’est émue à Noël du suicide de Joël Gamelin PDG fondateur des chantiers qui portaient son nom à la Rochelle. Semble-t-il, le selfmade man s’en voulait de ne pas trouver 200.000 euros de prêts pour pouvoir payer les salaires…
Surmontant sa peine, sa fille aînée, Fanny 23 ans, lançait un appel à la solidarité des Français via le réseau social Facebook pour recueillir des dons et payer les salaire sdes quelques 120 personnes qui travaillent dans l’entreprise familiale en redressement judiciaire depuis le 5 décembre. Déjà, l’association montée pour recueillir les dons a recueilli 100.000 euros.
Ce lundi 19 janvier c’est un autre chef d’entreprise en difficulté qui s’est donné la mort, quelques mois après la liquidation judciare de sa petite société de ravalement.
Je me souviens il y a quelques années de Bernard Loiseau, un des plus grand chef restaurateurs français (La Côte d’or à Saulieu). Une interview qu’il m’avait accordé dans le cadre d’une enquête sur la gestion du temps. Eternel sourire, courtoisie de tous les instants, attention à l’autre, ponctualité : un rendez-vous fixé à 18 heures dans le lobby d’un grand hotel, je le vois débarquer d’un taxi devant le hall d’entrée à 17h59’30 ». …Comme beaucoup d’entrepreneurs il laissait ses problèmes personnels de côté pour privilégier l’entreprise, les clients, les partenaires… Un professionnalisme exemplaire. Trop de pression ? Perfectionnisme excessif ? Un jour de 2003, il se suicide sans explication…
En ce moment, le suicide professionnel dans les milieux économiques est à la hausse, depuis Steven Good, patron à Chicago d’une importante société de vente aux enchères de biens immobiliers jusqu’à Adolf Merckle, ex-94ème fortune mondiale (classement annuel de Forbes). Le milliardaire allemand s’est je té sous un train, n’ayant pu supporter les difficultés économiques qui ont conduit son empire au bord de la faillite.
Et que dire de milliers (2200 en 2007 selon la police) de travailleurs japonais qui se sont tués au travail (le ‘karoshi’) ? Et des cas de suicide de salariés sur le lieu de travail en France dans quelques grandes entreprises il ya 18 mois ?
L’Organisation Mondiale de la Santé s’en inquiète et vient de lancer une consultation d’experts sur les conséquences pour la santé de la crise économique et financière actuelle. L’OMS redoute que cette dernière ne fasse partir à la hausse l’anxiété, les maladies mentales, la consommation de tabac, d’alcool et autres substances nocives modifiant le comportement… Les risques psychosociaux ne sont pas un sujet fumeux à la mode en période économique faste : ils sont une triste réalité que les périodes de crise accentuent dramatiquement. Plus que jamais, l’entreprise doit les prévenir.
PS : Bénédicte Haubold, grande experte du sujet, a créé Artelie conseils, un cabinet spécialisé dans la prévention et la gestion des situations humaines difficiles et des risques psychosociaux en entreprise. Elle publie un ouvrage pratique sur le sujet chez Eyrolles.









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