Bernard Tapie de nouveau dans les affaires… Sans guillemets cette fois les affaires. Je vous livre quelques pensées à la volée. Vos réactions m’intéressent. Après un jugement d’un tribunal arbitral qui lui est faborable, l’ex businessman, ex ministre de la Ville, ex taulard, ex chanteur et aujourd’hui senior (65 ans selon sa date de naissance officielle), annonce dans une interview à l’hebdo Marianne qu’il va aider des PME en difficulté : avec une partie des indemnités plus que coquettes (285 millions d’euros)qu’il va recevoir, il compte monter un fonds de 40 millions d’euros pour aider "les entreprises à la peine".
Cà nous rajeunit de 25 ans et là je crois que çà sent vraiment la crise. Flash-back : Bernard Tapie en 1983 s’est fait connaître du grand public en rachetant pour 1 franc (eh oui l’euro n’existait pas)à la barre du tribunal des entreprises en faillite, grâce entre autres aux conseils d’un avocat d’affaires réputé…Jean-Louis Borloo, qui a viré vert depuis. Image de sauveteur pour les uns et de fossoyeur pour les autres. 1983 c’est aussi la crise en France, et le tournant de la rigueur que doit assumer la gauche au pouvoir si elle veut y durer. Pour le président Mitterrand, il s’agit de réhabiliter l’entreprise aux yeux des Français. Tapie en deviendra le symbole médiatique et grand public (peut-être les anciens se souviennent-ils de sa participation à l’émission dominicale culte et de gym deVéronique et Davina ?). Tapie aura même son show télé live et interactif (bon l’interactivité se limite au standard svp, les sms n’existaient pas…) pour ‘winners’ : il descend les marches du plateau TV très stars et paillettes sur l’air du Blues du businessman. Puis c’est l’entrée en politique, ministre de la Ville et des banlieues sous Bérégovoy (1992), une canditature comme tête de liste aux européennes pour flinguer celle de Rocard (Mitterrand n’aimait pas Rocard, vous vous rappelez ?) et le début des "affaires" : le Phocea (son yacht), le déménagement de ses oeuvres d’art de son hôtel particulier avant l’arrivée des huissiers, le match de foot truqué OM-VA, les conditions de la vente à d’Adidas à Tapie ("L’Affaire de ma vie" déclarait-il en une de L’Expansion). Jusqu’à l’incarcération quelques mois.
Tapie, haï détesté, moqué, snobé…c’est aussi le seul homme politique à l’époque capable de d’affronter à armes égales Jean-Marie Le Pen et de le mettre KO direct sur un plateau de TV : une grande gueule contre une autre qui savait parler grand public (comme le leader du FN) et non pas la langue de bois enarchique du politicien habituel de droite ou de gauche.
Incontestablement, Tapie fait "has been" dans le paysage économique et financier. Mais qu’on me permette un souvenir personnel : je me souviens d’un reportage que je réalisais il y a deux ans en banlieue sur les entrepreneurs partis de zéro : en 2006 Tapie, 60 ans bien sonnés faisait encore rêver des mômes de 20 ans habitant Bobigny. Je demandais à Mohamed Dia et d’autres jeunes entrepreneurs s’ils avaient des exemples de patrons modèles pour eux et le nom de Tapie revenait. lls l’avaient connu via sa marionnette aux Guignols ou son duo avec Doc Gyneco…
Parce que Tapie c’est çà aussi au départ : un môme de banlieue sans grand diplôme, juste un CAP de grande gueule qui rêve d’ascension sociale et de réussite (matérielle) rapide et pour qui monter un business est peut-être tout ce qui reste pour y parvenir…









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Bernard tapie a une vitalité extraordinaire et une capacité à rebondir que peu de gens possédent.
Oui il fût parfois un » entourloupeur » de grand chemin… mais quel parcours !!
Moi perso je l’aime bien.
François. ( j’ai 22 ans )