Pitié pour Jean-Claude, patron de PME rentable menacé de cessation de paiement

ChristineLagarde le 21 octobre : "En 3 semaines nous avons réussi à mettre en place un dispositif pour réapprovisionner en financements l'économie réelle, en particulier les PME et les entreprises de taille intermédiaire"

Mon post du jour est un ‘choses-vues’. C’est l’histoire de Jean-Claude et c’est une banale histoire de crise de trésorerie. J’en ai eu vent hier à la CCI de Paris où la locataire de Bercy, l’inénarrable Christine Lagarde, signait avec les représentants des banques (Philippe Dupont PDG des Banques Populaires et le n°2 de la société Générale)  une convention où les dites banques s’engagent à bien reverser aux PME les 22 milliards d’euros que l’Etat (c’est nous, enfin nos impôts et nos économies) a trouvé dans les excédents d’épargne populaire.

Jean-Claude était là parmi d’autres chefs d’entreprise. Jean-Claude a l’esprit business et se bat jusqu’au bout pour changer les choses qu’il peut. Jean-Claude dirige une affaire de plomberie tuyauterie et sanitaires en Seine-Saint-Denis. Avec 4 millionsd ‘euros de chiffre d’affaires, en progression constante de 30% depuis 3 ans, sa PME emploie 30 personnes et est rentable : 40 à 50 000 euros de bénéfice par an. Pourtant Jean-Claude est aux abois : les cernes grises sous les paupières trahissent un patron fatigué, qui dort peu mal et ce depuis des mois.  Ses clients -dans la construction – tardent à payer. Certains sont pourtant de "bonnes signatures". Mais eux aussi tirent sur la ficelle du crédit interentreprise. "J’ai 500 000 euros de chiffre d ‘affaires dehors dont 300 000 euros en retard depuis plus de 6 mois"; Et les créances vieillissent mal. Jean-Claude a pourtant fait son boulot de patron gestionnaire : "Depuis début 2008,   je secoue un peu mes clients pour payer en temps et en heures mais si j’insiste trop ils ne me feront plus travailler". Jean-Claude pour recupérer une créance de 25 000 euros accepte de n’être payé que 19 000 euros. Et il y consacre des jorunées. Toujours çà de rentré.  Mais ce n’est pas assez.

Jean-Claude vient de voir sa cote basculer dans le rouge du côté de la Sfac, la société française d’assurance crédit. "Elle m’a coupé tous mes encours". Et la Banque de France menace de déclasser la côte de Jean-Claude pour un chèque impayé d’un montant de 10 000 euros. A sa banque Jean-Claude a reçu une autre mauvaise nouvelle : son découvert autorisé de 40 000 euros il est prié de le ramener à zéro d’ici au 14 décembre ! Bien sur, Jean-Claude s’est porté caution personnelle de son entreprise pour un montant de 250 000 euros, bien supérieur donc au découvert qui ne sera bientôt plus autorisé par sa banque. Cà y est ?  Vous sentez l’engrenage infernal dans lequel est enfermé Jean-Claude ?  

Après la photo, la ministre et les banquiers sont partis depuis longtemps et Jean-Claude est resté là dans la grande salle de la CCIP, un peu sonné : entre ce qu’il vit et ce que la ministre et les banques annoncent ("PME nous volons à votre secours") il mesure le décalage ! "La ministre annonce un parrain PME par région, pour nous aider mais c’est trop peu : en Ile de France, on est combien à avoir mes problèmes ? Le parrain PME il va pas bosser 400 heures par mois tout de même ?".  Heureusement pour Jean-Claude, le ‘parrain PME’ est resté, pour écouter et aiguiller.  "Retournez voir Oseo, ils viennent de recevoir des subsides. Ils vous suivront peut-être cette fois. Laissez moi votre carte, je vais voir ce que je peux faire…". La secrétaire générale de la Cgpme de Seine-Saint-Denis est restée elle aussi. Une femme de terrain : "Je peux vous obtenir des délais de paiement pour le paiement au fisc de la TVA et des charges sociales auprès de l’Urssaf, on va essayer. Et puis il y a le TPG…".

Des Jean-Claude qui travaillent dur pour sauver leur boîte, une vraie boite de ‘l’économie réelle’, il y en a des dizaines de milliers en ce moment. Ils devront compter d’abord sur leurs propres ressources pour s’en sortir et sur l’aide de leurs pairs. Bien avant l’Etat et les banques. Que ces derniers, sauvés avec l’argent du contribuable et qui viennent de jurer qu’ils allaient aider les PME à traverser la crise actuelle ne leur fassent pas payer le prix de leurs propres turpitudes !  Au magazine L’Entreprise, nous surveillerons la réalité des engagements chiffrés pris par les banques. 

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1 commentaire

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  • Bonjour,
    Une histoire bien réelle dans « l’économie réelle ». Bienvenue dans le monde du bonimenteur de l’Elysée. J’en parle sur le blog, ce qui permettra à mes visiteurs de comprendre comment Nicolas Sarkozy se moque du peuple.

    Salutations,

    A2N

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