"Stop,", "Cà suffit ! ", "Trop c’est trop", "Ils se foutent de moi…". Les cadres à potentiel qui basculent dans la contestation sont de plus en plus légion. Pour les pages Actualité de L’Entreprise, j’interviewe un routier de la sociologie des organisations : Jean-Claude Thoenig a repéré le mouvement de fond, silencieux. Il publie avec David Courpasson "Quand les Cadres se rebellent" une description et une analyse de ce phénomène qui touche de plus en plus les entreprises depuis 20 ans. Qui sont ces nouveaux salariés qui entrent en résistance ? Il ne s’agit pas de professionnels de la contestation, d’anti-capitalistes virulents et irresponsables ou encore de marginaux et autres laissés pour compte. Non ce sont des cadres intégrés, responsables, jusqu’ici loyaux : ils ne font pas un rejet sociétal ou pathologique de l’entreprise et de ses valeurs. Simplement ils ne supportent plus les ambivalences, les contradictions voire la schizophrénie de l’entreprise quand ses pratiques de management contredisent son discours. Les cadres contestent aussi le management hémémonique quand il ignore ou viole leur sphère privée. Ils abhorrent le culte de l’infaillibilité de la hiérarchie."Les entreprises qui connaissent le plus de rébellion ont un style de management technocratique : vous savez ce management à distance, à coups de mel, où la relation humaine perd de sa substance et dont l’écoute hiérarchique est absente.
La rébellion a de bons côtés pour l’entreprise si le top management a l’humilité d’en tirer profit."Elle peut même être source de créativité !", sourit Jean-Claude Thoenig. Sinon le cadre rebelle ira faire valoir ses idées ailleurs, à la concurrence ou en créant sa boîte, en devenant entrepreneur. C’est vrai qu’il y a du rebelle dans tout entrepreneur. De doute façon, "Entreprendre c’est toujours plus ou moins casser l’ordre établi", fait souvent remarquer Jacques Barraux, qui a dirigé la rédaction de L’Entreprise à ses débuts.









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