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A la façon dont on résume parfois ce qui compte pour ouvrir un commerce (« l’emplacement, l’emplacement, l’emplacement ! »), on pourrait de la même façon à en croire certains, lister les qualités premières d’une bonne voiture : le moteur, le moteur, le moteur ! Oui mais, pas que. Même si globalement les critères de jugement lors d’un premier essai se portent d’abord sur les qualités purement mécaniques du véhicule.

En l’occurrence la nouvelle Ford Focus n’en manque pas, que son constructeur devenu numéro un des ventes aux Etats Unis devant General Motors, après avoir un temps frôlé la faillite, présente comme une vitrine de son savoir-faire technologique.

Le bloc 1,6 litre TDCI de 115 chevaux (présent également sous le capot de la Peugeot 308) est remarquable de vivacité et de souplesse. À l’aise aussi bien en ville que sur trajets routiers, ce quatre cylindres turbo à injection directe est en outre fort bien servi par la boîte manuelle à six rapports très précise et parfaitement étagée. Ajoutez un châssis excellent qui garantit une tenue de route à toutes épreuves (presque aussi bonne que celle, justement, de la 308), un freinage puissant et une direction assistée électrique très directe qui ajoute au plaisir du pilotage. Rien à redire côté confort, ni pour les sièges qui offrent une bonne tenue, ni pour les suspensions dont la relative fermeté est dans la moyenne de ce que proposent les concurrentes leaders du segment (Peugeot 308, Citroën C4, Volkswagen Golf, Renault Megane).
Après, tout est affaire de goût. Et en l’occurence je dois dire que je suis plutôt déçu par les partis pris esthétiques du constructeur américain. Là ou sa Mondeo affiche une élégance discrète, sa Focus 3 est moins convaincante, avec par exemple un dessin de feu arrière improbable et une ligne globale assez passe-partout, que ce soit en versions break, quatre ou cinq portes.
À l’intérieur la planche de bord, tout en lignes brisées, et la console centrale au look vaisseau spatial façon manga, ne séduisent pas plus. L’écran du GPS-système audio est riquiqui, la profusion de boutons de commandes malaisée à maîtriser. Ford a conservé le bon vieux levier central de frein de parking proéminant, renonçant au système désormais électrique.
Le constructeur propose en revanche une pléthore d’équipements optionnels high tech rares sur ce segment de véhicules : aide au maintien de file (avec braquage automatique du volant en cas de défaillance du conducteur), détecteur de franchissement involontaire de ligne, système de détection de collision avec freinage automatique (en ville à moins de 30 km/h), reconnaissance des panneaux de vitesse, détection de la baisse de vigilance du conducteur, détection des angles morts. Sans oublier le système de stationnement automatique qui permet de faire des créneaux sans toucher le volant …mais relève surtout du gadget.
Bref au final l’enthousiasme demeure en retrait même si à l’évidence la nouvelle Focus est une très bonne voiture, capable de remplir avec latent sa mission routière, à défaut de faire rêver.

FORD FOCUS3 1.6 TDCI 115 ch
Tarifs : à partir de 22 150 euros
Note globale : 15/20

- Agrément de conduite : 18/20 (moteur, puissance, couple, commandes de boîte, ergonomie, direction, maniabilité…
- Sécurité : 20/20 (freinage, tenue de route)
- Équipements de sécurité : 19/20 (ABS, esp, etc… airbags, phares, régulateur/limiteur de vitessse…
- Confort : 16/20 (sièges, suspension…
- Equipements de confort : 13/20 (GPS, bluetooth, radar de stationnement, caméra de recul)
- Volume : 14/20 (espace habitacle, volume de chargement du coffre)
- Esthétique : 4/20
- Budget : 16/20 consommation, bonus-malus, prix d’achat, options…

Où l’on voit qu’adopter un système de notation des essais peu ou prou objectif réserve parfois des surprises.
Pour juger de la qualité des véhicules testés pour le magazine papier L’Entreprise ou pour ce blog, je me suis concocté un petit référentiel qui permet d’évaluer de façon claire ce que vaut la prétendante : agrément de conduite – moteur, maniabilité, boîte… freinage, tenue de route, équipement, confort, esthétique, budget…
En remplissant les cases du formulaire ad hoc je me suis aperçu – un peu à l’insu de mon plein gré comme dirait un coureur cycliste cher à mon cœur…- que le C-Max avait presque tout bon. Des notes à faire pâlir de jalousie mes chouchous de l’année 2010 (Peugeot RCZ et autres Saab 9-5…)
Et pourtant je n’avais pas été séduit d’emblée. Sans doute en raison de l’esthétique calamiteuse de l’habitacle, principalement de la planche de bord. Moche, trop chargée, inspirée du design chipouille des premières coréennes. Ajoutez des plastiques bas de gamme, des commandes (ordinateur de bord, régulateur m-limiteur de vitesse, téléphone bluetooth, GPS, radio…) tout sauf intuitives.
En revanche, force m’a été de constater que le confort, la tenue de route, la facilité de conduite étaient au rendez-vous. Extérieurement le C-Max est en outre plutôt sympa, sous tous les angles, bien moins pataud que la plupart de ses concurrents. Le coffre est suffisamment spacieux, les sièges arrière se replient facilement pour libérer un plancher complètement plat, le siège central peut même s’éclipser afin de recentrer les deux sièges latéraux qui gagnent ainsi en place.
Côté finition l’offre d’équipements est large : dès la finition de base (Trend), ordinateur de bord, phares antibrouillard avant, régulateur limiteur de vitesse, rétros extérieurs électriques et chauffants, système audio avec commandes au volant, volant cuir… En Titanium s’y ajoutent clim auto bi zone, allumage automatique des feux, capteur de pluie, système de démarrage sans clé par bouton poussoir, GPS, Bluetooth… En option un système de parking semi-automatique avec aide au stationnement, pour laisser le C-Max faire tout seul les créneaux (uniquement côté droit), facturé 600 euros (pack city easy), une caméra de recul (250 euros), toit panoramique (800 euros), hayon électrique (600 euros) La boîte auto Powershift, elle, n’est disponible qu’avec un moteur de cylindrée supérieure, le 2.0 Duratorq qui ne délivre lui aussi que 115 ch. La boîte mécanique qui équipe le bloc 1.6 commun à Ford et PSA est néanmoins très agréable et d’une grande précision. Quant au moteur, un peu juste en termes de couple, il fait preuve d’une belle nervosité dans les tours et se montre plutôt silencieux. Bilan global : plus que satisfaisant en toute objectivité.
Mais alors pourquoi diable ne suis-je pas plus emballé ? Sans doute parce que le concept même du monospace à vocation d’abord utilitaire, familiale et planplan n’est pas fait pour faire naître l’enthousiasme. Peut être aussi à cause de la couleur de carrosserie de la voiture d’essai : orange fluo, baptisé rouge arizona. Beurk !

FORD C-MAX TITANIUM TDCI FAP 115 CH
Tarifs : à partir de 26 100 euros
Note globale : 16/20
- Agrément de conduite : 15/20 (moteur, puissance, couple, commandes de boîte, ergonomie, direction, maniabilité, visibilité…
- Sécurité : 16/20 (freinage, tenue de route)
- Équipements de sécurité : 20/20 (ABS, esp, etc… airbags, phares, régulateur/limiteur de vitessse…
- Confort : 16/20 (sièges, suspension…
- Equipements de confort : 20/20 (GPS, bluetooth, radar de stationnement, caméra de recul)
- Volume : 20/20 (espace habitacle, volume de chargement du coffre)
- Esthétique : 13/20
- Budget : 13/20 consommation, bonus-malus, prix d’achat, options…

A propos du blog

Le blog auto de Philippe Flamand, rédacteur en chef du magazine L'Entreprise.

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